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[HOMÉLIE] Le sanctuaire de notre cœur et les marchands du Temple

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Domaine public

"Les marchands chassés du temple", de James Tissot.

Marc Dumoulin - publié le 02/03/24

Curé de la paroisse Notre-Dame de Vincennes, le père Marc Dumoulin commente l’évangile du 3e dimanche du carême : la purification du Temple (Jn 2, 13-25). L’unique et véritable sanctuaire, c’est le corps du Seigneur qui nous renvoie au sanctuaire de notre cœur : qu’en faisons-nous ?

Ce troisième dimanche de carême, l’Église nous donne à méditer le passage où Jésus chasse les marchands du Temple, un évènement aussi appelé purification du Temple. Imaginons la scène. Le Temple de Jérusalem était une construction gigantesque, équivalant à environ neuf fois la basilique Saint-Pierre de Rome. Il était organisé en parvis. Pour les juifs, c’était le lieu de la présence de Dieu parmi son peuple. Il leur était demandé de s’y rendre trois fois par an, en particulier pendant la fête de la Pâque, et d’y acquérir des animaux à offrir en sacrifice, chacun selon ses moyens : des bœufs, des brebis ou des colombes, ce qui donnait lieu à un commerce lucratif et à un grand brassage d’argent.

Que venons-nous faire dans l’Église ?

Mettons-nous un instant dans la peau des marchands du Temple. Ils exerçaient leurs activités en toute bonne foi et bonne conscience, estimant que grâce à eux, la vitalité du sanctuaire était assurée. Sûrement pensaient-ils aussi contribuer par ces activités à la bonne tenue du culte divin et à l’édification religieuse du peuple. Bref, ils considéraient qu’ils y avaient toute leur place. Pourtant, Jésus ne l’entend pas ainsi, il est en colère, il se fâche, il va même jusqu’à tresser un fouet avec des cordes pour chasser du Temple animaux, marchands et changeurs, ajoutant la parole au geste, en disant : “Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce” (Jn 2, 16).

Lorsque nous pénétrons dans le sanctuaire de notre cœur, n’y trouvons-nous pas, nous aussi, des choses qui ne vont pas ?

Ce jour-là, Jésus ne s’est pas fait que des amis. Mais cela ne nous renvoie-t-il pas à ce que nous aussi, nous faisons parfois dans notre Église, et à la charge que nous y remplissons ? Que venons-nous faire à l’Église ? Que voulons-nous faire avec elle ? Y venons-nous satisfaire un appétit liturgique, un besoin d’être avec d’autres parce qu’il nous fait bon d’être ensemble ? Venons-nous y glorifier nos initiatives, nos bonnes actions, tout ce qui flatte notre bonne conscience ? Ou bien, comme semble nous y appeler le Seigneur, cherchons-nous plutôt à nous tenir en esprit et en vérité devant le Père, à l’invitation du Fils, hors de tout intérêt et tout amour propre ?

L’unique et véritable sanctuaire

Allons plus loin. En voyant le comportement de Jésus, les juifs lui demandent un signe manifestant pourquoi il fait cela. Et Jésus transporte les juifs depuis cet immense sanctuaire qui nécessita quarante-six ans de travaux, vers un autre sanctuaire, celui que Lui, Jésus, relèvera en trois jours. Le sanctuaire de son propre corps. Le corps de Jésus comme l’unique et véritable sanctuaire, un corps qui se réveillera d’entre les morts, et qui nous renvoie à notre propre corps. Notre propre cœur. 

Lorsque nous pénétrons dans le sanctuaire de notre cœur, n’y trouvons-nous pas, nous aussi, des choses qui ne vont pas, des choses pas bien, de l’égoïsme, de l’orgueil, de l’envie, des jalousies, comme Jésus avait lui-même trouvé, au Temple de Jérusalem, la souillure du commerce et de l’affairisme ?

Une résolution du cœur 

L’Évangile précise en terminant que “Jésus ne se fiait pas à eux parce qu’il les connaissait tous, et il connaissait ce qu’il y a dans l’homme” (v. 24). Alors, nous tous, ouvrons ce cœur que Jésus connaît si bien, notre cœur ; découvrons-le au Seigneur, et demandons lui : 

Seigneur, toi qui connais mon cœur mieux que moi-même, toi qui sait ce qu’il contient de lumineux et d’ombrageux, est-ce que tu te fies à moi ? Apprends-moi à t’en ouvrir la porte afin que tu le nettoies et que tu le purifies, comme tu as purifié le Temple des marchands. Comme tu l’as fait pour le Temple à Jérusalem, viens nettoyer ce cœur si souvent tourné vers lui-même. Qu’il ne soit plus le sanctuaire de mes intérêts étriqués. Comme tu fis un fouet avec des cordes, viens me fouetter à mon tour de ta miséricorde. 
Alors, Seigneur, en me connaissant de l’intérieur et par amour, de cet amour dont, sans mesure, tu nous aimes, enfin tu me rendras fiable pour toi. Nous construirons avec toi un Temple digne de toi. Temple de chair, non plus de pierres, où toi, Seigneur, tu seras chez toi. 

Voilà une résolution encourageante pour ce temps de carême. Une résolution d’alliance, une résolution d’amour.  

Tags:
colèreHomélieJésus
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