La mise en valeur de nos anniversaires cache le regrettable refoulement de nos racines chrétiennes. La véritable fête du chrétien, plaide l’écrivain Xavier Patier, est celle de son saint patron.
Il y a deux ou trois générations, célébrer l’anniversaire de la naissance d’un adulte n’était pas une coutume installée. On ne marquait pas ce jour, sauf évidemment s’il s’agissait d’un compte rond : cinquante ans, soixante ans. Et encore. Les enfants quant à eux soufflaient des bougies pour leur anniversaire, mais ce qui comptait le plus était la fête de leur saint patron.
C’était logique. Dans notre culture chrétienne, nous avons célébré la résurrection du Christ dès les premiers temps, bien avant de célébrer sa naissance, puisque la fête de Noël a été instituée seulement au IVe siècle. Sous l’empereur Septime Sévère, le père de l’Église Origène considérait que commémorer une naissance terrestre était une coutume païenne : pour les chrétiens, seule comptait la naissance au ciel. C’est pourquoi la date de naissance au ciel est retenue par l’Église pour fêter les saints. En France, autrefois, nous fêtions l’Assomption le 15 août et la saint Louis le 25, mais nous passions sous silence l’anniversaire du roi. Personne ne se souciait que Louis XIV fût né un 5 septembre : il était fêté le 25 août, comme les autres, à la date de l’entrée au ciel de son saint patron.












