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Quand il ne reste plus que le petit dernier à la maison

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Caroline Moulinet - publié le 06/02/24

Les oiseaux quittent peu à peu le nid, reste encore à la maison le petit dernier. Petit, ou plus si petit. Aleteia propose de réfléchir aux écueils possibles pendant cette période.

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Ils étaient huit, six, ou encore cinq, les voilà maintenant trois : les parents et le petit dernier. Une autre atmosphère, une nouvelle organisation. Frank travaille dans la finance, il est père de quatre enfants entre 10 et 23 ans. Il témoigne en s’amusant : « C’est le frigo qui a le plus changé, avec trois grands gaillards partis ! Il ne reste plus que ma femme, moi et notre petit de 10 ans, j’ai dû m’habituer à restreindre les quantités en allant faire les courses ! »

Pour Claude Berthon, psychologue clinicienne à Courbevoie, l’envol des enfants comporte un enjeu capital, enjeu peut-être encore plus perceptible quand il ne reste que le benjamin. « Quand il ne reste que le petit dernier à la maison, la cellule familiale se reforme comme elle serait avec un enfant unique. Dans ce huis-clos, plusieurs écueils sont possibles, en fonction de l’ambiance familiale. Tout d’abord, l’enfant peut être mis sur un pied d’égalité avec les adultes. Il devient le confident de ses parents, il assiste aux tensions, aux conversations des adultes. Il voit des films qui ne sont pas faits pour lui, parce que les parents font moins attention. » En effet, il peut sembler presque normal d’être moins vigilant quand la majorité des enfants est partie et que le petit a grandi. 

La psychologue met en garde contre une autre situation : « Dans certaines familles que j’ai pu recevoir dans mon cabinet, le plus jeune servait parfois d’exutoire. Quand un parent rentrait stressé du travail, la tension éclatait sur le seul enfant encore présent. » Un bon conseil à garder en tête : préserver pour le benjamin la patience et la délicatesse nécessaires à son épanouissement et sa croissance.

Le petit dernier n’est pas là pour combler le vide conjugal

Quand l’ambiance familiale n’est pas au beau fixe, certains adolescents, conscients de la situation, s’inquiètent. C’est le cas d’Inès, en terminale, qui projette de partir en prépa intégrée : « Je suis très proche de maman et nous faisons plein de choses ensemble. En fait, je fais écran aux tensions qu’elle a avec mon père. Du coup j’appréhende de partir, je sais qu’elle va se sentir seule, j’ai l’impression de l’abandonner. »

Parfois les parents ont du mal à laisser grandir leur petit dernier. Ils ont beaucoup investi sur lui et il leur est difficile de lâcher prise.

Pour Claude Berthon, un autre écueil quand il n’y a plus qu’un seul enfant à la maison, est, pour les parents, de surinvestir cette relation. « Parfois les parents ont du mal à laisser grandir leur petit dernier. Ils ont beaucoup investi sur lui et il leur est difficile de lâcher prise. Or le petit dernier ne sera pas toujours petit, il va devoir grandir, il va falloir lâcher. » La psychologue poursuit : « Le huis-clos se complique quand la relation conjugale est perturbée. Le plus jeune devient même quelquefois un objet de rivalité entre les parents : chacun se bat pour avoir plus d’amour de son enfant, pour le gâter plus, cela pour combler leur vide conjugal. Dans les pires situations, l’enfant peut être un instrument contre l’autre, un outil pour blesser son conjoint. »

Nourrir les liens relationnels

« À 37 ans, j’ai changé d’orientation et j’ai repris une activité professionnelle », raconte Silvia, mère de quatre enfants. « Nous avions beaucoup déménagé, les enfants étaient tous à l’école. Au-delà de l’aspect financier, j’ai eu conscience qu’il me faudrait une activité pour être en mesure de laisser mes enfants quitter le foyer. Avoir un équilibre personnel me permet de les laisser libres de partir. »

Rassurer l’enfant qu’il peut grandir et partir, que le couple de ses parents ira bien et que les parents ne doutent pas de son amour pour eux, voilà ce que la psychologue Claude Berthon recommande. « Il faut passer le moment de la désolation pour en venir à l’émerveillement. Les enfants s’en vont l’un après l’autre, à leur rythme, et les parents se sont démenés pour arriver à cela ! C’est un moment pour se découvrir en couple, différemment. C’est le moment d’être fier de ses grands enfants qui commencent leur vie d’adultes. Ainsi l’enfant qui reste sera rassuré de voir ses parents épanouis, de sentir que le départ des grands leur apporte essentiellement du bonheur. »

L’adolescence est l’âge des rencontres, des expériences à l’extérieur de la cellule familiale.

Si le petit dernier est déjà au lycée, les parents veilleront donc à lui donner l’autonomie qui correspond à son âge, pas nécessairement la même que l’aîné étudiant. Quant au collégien, il n’a pas envie de se retrouver entre papa et maman à la maison. Claude Berthon rappelle : « L’adolescence est l’âge des rencontres, des expériences à l’extérieur de la cellule familiale. » Si le benjamin est encore au primaire, des liens extérieurs au foyer lui seront profitables également. La psychologue explique : « Quel que soit l’âge, il est bon de multiplier les liens extérieurs pour que l’enfant puisse constater qu’il y a une vie en dehors du huis-clos familial. Scoutisme, activités extrascolaires, cousins, grands-parents : des liens que l’enfant apprécie et qui lui permettent de ne pas rester dans une relation triangulaire qui enfermerait. »

Un environnement aimant

Les parents chercheront donc à instaurer un environnement aimant pour que l’enfant n’ait pas le sentiment d’être envoyé à l’extérieur comme si ses parents voulaient le mettre de côté. « Il faut parler avec l’enfant, qu’il choisisse avec plaisir des activités qui lui permettront de tisser d’autres liens, de grandir. Il est bon également que l’enfant entende que cette organisation est bonne pour ses parents aussi, que le couple en a besoin », souligne la psychologue. 

Le nid sera bientôt vide, il reste le petit dernier à la maison. Cette période est importante pour le couple : une période privilégiée pour retrouver du temps à deux. « C’est un temps à accueillir comme un cadeau, sans culpabilité », encourage Claude Berthon. « Quand le couple va bien, les parents et le petit dernier ont plaisir à se retrouver et à passer du temps tous les trois. Les temps familiaux deviennent des temps d’échanges et d’amour, et l’enfant retrouve le couple parental amoureux et heureux d’être ensemble. »

Tags:
ÉducationEnfantsFamille
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