Il faut passer par le cloître de leur maison de retraite parisienne pour rejoindre la chambre de Monsieur et Madame Jean de Heaulme. Au cœur de cet établissement cossu : le jardin, où quelques résidents s'attardent pour contempler le ciel, en attendant que le temps passe. Dans leur appartement au parquet vitrifié, Geneviève de Galard, 98 ans, et son époux Jean de Heaulme, 101 ans, sont assis entre les photos de leurs enfants et de leur chère maison de famille, et les livres d'Histoire sur la bataille de Diên Biên Phu ou la guerre d'Indochine. Elle est assise, droite, élégante, dans un discret fauteuil roulant. Son mari se lève galamment. Geneviève de Galard n'a rien perdu de sa coquetterie de jeune femme, alors que le temps a marqué son visage de ses sillons lumineux. Peut-on la prendre en photo ? Bien sûr, "mais je ne suis pas coiffée", soupire-t-elle. Jean de Heaulme lui envoie un discret baiser de la main : "Geneviève, tu es très belle". Face à l'objectif, sous un discret crucifix, Geneviève sourit.

















