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Une « société de progrès », mais quel progrès ?

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Shutterstock I Casezy idea

Blanche Streb - publié le 22/01/24

Comme il est facile, au nom du progrès, de bâillonner ses adversaires, et de s’attribuer le pouvoir d’obtenir un avenir meilleur dans le "camp du bien" ! En réalité, objecte l’essayiste Blanche Streb, pour progresser, l’homme doit avant tout se demander ce qu’il est bon de conserver.

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Dans le bruit incessant des polémiques — stériles la plupart du temps —, notre époque n’a de cesse d’inventer de nouvelles étiquettes à coller sur le front de tout le monde. On en invente de nouvelles tous les jours, mais certaines résistent et durent, comme « conservateurs » et « progressistes ». Et tout est bon pour ces « mises en case ». Pour ne pas dire en boîte. École privées, uniformes, futures élections européennes, et bien sûr lois qui touchent à la bioéthique… : le président Emmanuel Macron, dans sa longue conférence de presse du 16 janvier dernier, a décrit les dernières lois sociétales comme étant sources de progrès : « Les réformes que je porte sont aussi celles d’une société de progrès. Ce qu’on a fait avec les lois bioéthiques, la PMA pour toutes, au premier quinquennat ; ce qu’on va faire avec la constitutionnalisation de l’IVG ou la fin de vie sont des lois de progrès d’une société qui change, qu’on accompagne. » Mais quelle est donc l’instance suprême qui décide de ce qui serait du côté du progrès, de ce qui ne le serait pas ? 

Un mot magique

En réalité, cette artificielle et manichéenne catégorisation — conservateurs contre progressistes — si simpliste, au fond, n’est que dialectique. Elle vise à bâillonner les premiers tout en immunisant les autres contre le doute. Et finalement, elle réduit considérablement la capacité de penser, de s’exprimer, de débattre et finalement… de progresser. Car si tout les oppose, il y a quand même « un camp du bien » qui s’impose. Les progressistes seraient les bons, ceux qui volent dans l’air frais du sens de l’histoire, ceux qui nous promettent (et permettent !) un monde et un avenir meilleurs… Quant aux conservateurs, ils ne seraient que d’encombrants rabat-joies, tournés vers le passé et « contre tout ». Et maintenant que le programme est dressé, choisissez votre camp, braves gens ! Mais surtout n’oubliez pas : « On n’arrête pas le progrès ! » Si donc folie vous prend d’être conservateur, vous serez du côté des perdants… 

Pour progresser, l’homme doit avant tout se demander ce qu’il est bon, essentiel, voire même vital, de conserver. 

En réalité, y a-t-il qui que ce soit « contre » le progrès ? Bien sûr que non. Et d’ailleurs, le problème n’est pas là. Il est dans la définition que nous mettons derrière ce mot « progrès », ces sept lettres qui, pour certains, seraient comme un mot magique, transformant, rien qu’en lui donnant ce nom, ce dont il est question en progrès. En réalité, pour progresser, l’homme doit avant tout se demander ce qu’il est bon, essentiel, voire même vital, de conserver. 

Les conservateurs naturels

Alors, faut-il un peu de conservateur pour préserver ce monde ? Dans mon ancien métier, comme pharmacien dans l’industrie, j’ai piloté un service de recherche et développement et mis sur pied des gammes de produits cosmétiques. Passionnant challenge qui m’a conduit à faire entrer en pharmacie la première gamme certifiée bio. C’était il y a vingt ans. Nous étions pionniers en ce domaine. À l’époque, les fournisseurs d’ingrédients n’étaient pas prêts. L’une des plus grandes difficultés que j’ai eu à surmonter était celle des conservateurs naturels. Rares, d’efficacité et d’innocuité moins documentées, les choisir et ajuster leur quantité était complexe. Ils étaient pourtant bien nécessaires, comme dans les produits conventionnels. Sans aucun conservateur, même naturel, comment éviter la dégradation, la contamination ? Les seuls moyens de s’en passer consistaient à tenter de stériliser le produit fini, avec le risque de dégrader au passage les ingrédients actifs, ou d’utiliser des conditionnements airless, c’est-à-dire sans air… 

Cette allégorie, malgré ses limites, me semble intéressante. Elle rappelle qu’un conservateur, adapté et bien dosé, est souvent l’indispensable ingrédient qui évite à tant de nos produits — consommables, de santé, de soin, y compris les produits naturels — de se détériorer. Tel le sucre des sirops ou le sel des aliments… « Vous êtes le sel de la terre » (Mt, 5 – 13)… Point trop n’en faut, mais si le sel offre de la saveur, c’est aussi… un bon conservateur !

Tags:
BioéthiquePolitiqueSociété
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