Avocat au barreau de Paris, Me Thibault Guillemin se demande ce qu’il adviendrait si un tribunal devait s’intéresser demain au « cours d’éthique chrétienne » dispensé par un établissement d’enseignement catholique sous contrat avec l’État. L’affaire du lycée musulman Averroès pose une question que les acteurs de l’enseignement privé en France, et singulièrement l’enseignement catholique qui en représente la quasi-intégralité, ne doivent pas sous-estimer.
Le préfet du Nord a décidé le 7 décembre dernier de résilier le contrat d’association qui liait l’État au lycée Averroès, situé à Lille, établissement d’enseignement privé créé en 2003 avec le soutien de l’ex-UOIF (devenue Musulmans de France) et accueillant 450 lycéens. La qualité de l’enseignement n’est pas en question : de l’aveu même des services de l’Éducation nationale et de la Chambre régionale des comptes qui l’ont contrôlé, cet établissement se situe à un niveau d’excellence académique que personne n’entend lui contester.










