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Le pape François ouvre la voie à la béatification de l’un des inventeurs des JMJ

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I.Media - publié le 11/11/23

Le pape François a autorisé, mercredi 8 novembre, la publication d’un décret reconnaissant le miracle attribué à son ami et compatriote argentin, le cardinal Edoardo Pironio, décédé en 1998, qui sera prochainement béatifié.

Lors d’une audience accordée le 8 novembre 2023 au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, le pape François a autorisé la publication d’un décret reconnaissant le miracle attribué à son ami et compatriote argentin, le cardinal Edoardo Pironio, décédé en 1998, qui sera donc prochainement béatifié. Les vertus héroïques d’un prêtre italien et de deux religieuses – une Italienne et une Indienne – sont également reconnues.

Le cardinal Eduardo Pironio (1920-1998) fut notamment président du conseil pontifical pour les Laïcs de 1984 à 1996, sous le pontificat de Jean Paul II. À ce titre, il fut l’un des créateurs des Journées mondiales de la Jeunesse. Le pape François, qui le considérait comme l’un de ses rares véritables amis au sein de la Curie romaine, avait reconnu ses vertus héroïques le 18 février 2022. 

Le miracle attribué à son intercession concerne la guérison inexpliquée d’un enfant argentin victime d’une grave infection pulmonaire en décembre 2006 à cause de l’utilisation d’un produit toxique durant des travaux dans sa maison. Alors que son pronostic vital était engagé, il a été rapidement guéri après que le curé de sa paroisse ait invité les fidèles à demander l’intercession du cardinal Pironio.

Dans un entretien diffusé le 16 octobre dernier par le média argentin Telam, le Pape avait évoqué le souvenir du cardinal argentin en révélant qu’il était considéré comme un papabile. “Nous avions l’idée d’un pape argentin avec Pironio”, avait révélé François, qui rendait souvent visite à son compatriote argentin lorsqu’il venait à Rome en tant qu’évêque. “Je me souviens que sa figure était mal aimée par une branche fermée et traditionaliste de l’épiscopat argentin, qui prétendait que sa nomination pourrait nuire à l’Église. C’est lui qui a inventé les Journées mondiales de la jeunesse, il a fait tant de bien à l’Église”, avait précisé François, en expliquant alors que l’étude d’un miracle pourrait amener à sa béatification d’ici à la fin de l’année. 

Une occasion de voyage apostolique en Argentine ?

Les béatifications sont habituellement délocalisées et la présidence en est souvent déléguée au préfet du dicastère pour les Causes des saints, mais il est probable que le Pape veuille cette fois-ci célébrer personnellement la béatification de son ami et compatriote, à Rome ou en Argentine. La publication de ce décret intervient au lendemain de l’invitation officielle lancée au pape par l’épiscopat argentin, pour un voyage qui pourrait se tenir au premier semestre 2024. 

Demeure nécessaire une invitation officielle de la part des autorités civiles du pays : le voyage est donc suspendu au résultat de l’élection présidentielle, dont le second tour doit départager le 19 novembre prochain le ministre sortant de l’Économie Sergio Massa, péroniste de gauche, et son adversaire populiste et libertarien Javier Milei, un candidat anti-establishment soutenu par l’ex-président de droite Mauricio Macri (2015-2019).

Dans sa vie publique, Javier Milei a multiplié les déclarations provocatrices et insultantes à l’encontre du pape François, mais il a néanmoins assuré qu’en cas d’accès à la présidence, il serait disposé à recevoir le pontife “en tant que chef d’État et chef de l’Église”. Une partie du clergé argentin a pris position contre lui en raison de son positionnement ultra-libéral et hostile à toute politique sociale.

Une figure de l’Église en Argentine

Né le 3 décembre 1920 à Nueve de Julio et ordonné prêtre en 1943 pour le diocèse de Mercedes, Edoardo Pironio devint rapidement une figure remarquée au sein de l’Église catholique en Argentine. Au début des années 1960, alors qu’il exerce les mandats de recteur du séminaire métropolitain de Buenos Aires et de doyen de la Faculté de théologie de l’Université pontificale de la capitale argentine, Jean XXIII l’invite à participer comme expert au Concile Vatican II. Il devient en 1964 évêque auxiliaire de Mar del Plata, et participe donc aux deux dernières sessions de Vatican II comme père conciliaire.

De 1967 à 1972, sa fonction de secrétaire général du Conseil épiscopal latino-américain (Celam) le met au cœur des débats ecclésiaux intenses qui animent les années d’après-Concile. Il est à ce titre une cheville ouvrière de la rencontre de Medellìn, en 1968, durant laquelle l’Église latino-américaine, encouragée par Paul VI, s’engage dans “l’option préférentielle pour les pauvres”. En 1972, il devient évêque de Mar del Plata et président du Celam. Proche de la théologie de la libération mais hostile aux lectures marxistes qui imprègnent une partie des recherches théologiques de l’époque, Mgr Pironio se trouve pris entre deux feux, menacé par des groupes d’extrême-droite comme par les guérillas d’extrême-gauche.

Proche de Jean Paul II

Dans l’Argentine chaotique du milieu des années 1970, alors que la présidence d’Isabel Perón est marquée par un délitement de l’autorité publique qui aboutira au coup d’État des généraux en 1976, les menaces se multiplient à son égard et l’un de ses proches amis, le père Carlos Mugica, est assassiné en 1974. C’est donc, semble-t-il, pour l’exfiltrer et le protéger que Paul VI l’appelle au Vatican en 1975, comme pro-préfet de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, puis préfet de plein droit avec sa création comme cardinal en 1976. Du fait de son aura en Amérique latine, il est considéré comme un sérieux “papabile” lors des deux conclaves de 1978.

En 1984, Jean Paul II le nomme président du conseil pontifical pour les Laïcs. Ce transfert est alors perçu comme une forme de rétrogradation, ce dicastère étant inférieur à sa précédente charge dans l’organigramme du Vatican. Mais son mandat sera marqué par le lancement des JMJ, dont il sera un organisateur enthousiaste, en bonne entente avec le pape polonais. Sous son impulsion, la première édition se tient à Rome en 1985 et la deuxième en 1987 à Buenos Aires, capitale de son Argentine natale, qui venait alors de renouer avec la démocratie et de reprendre sa place dans la communauté internationale. Il reste en poste jusqu’au rassemblement historique de Manille en 1995, qui attire alors quatre millions de jeunes.

Deux ans après avoir quitté sa charge, il s’éteint le 5 février 1998 d’un cancer des os contre lequel il luttait depuis plusieurs années. Son procès en béatification a été ouvert en 2006 dans le diocèse de Rome, ville dans laquelle il est décédé. Le pape François a exprimé à plusieurs reprises son affection personnelle pour son compatriote argentin, “l’ami de Dieu, de l’homme et de tous les hommes […] qui, quand on le rencontrait, te faisait sentir comme l’unique personne qui comptait”, avait-il déclaré lors d’une commémoration en 2008.

[EN IMAGES] Tous les temps forts des JMJ de Lisbonne :

Tags:
Béatification et canonisationJMJSaints
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