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Aujourd’hui, il faut “profiter” !

4 min de lecture
"À la croisée du langage militant et des formules de la communication culturelle, les présentations des spectacles peinent à donner envie de s’unir au public visé", dénonce Henri Quantin.

Crédit : Aleteia

"À la croisée du langage militant et des formules de la communication culturelle, les présentations des spectacles peinent à donner envie de s’unir au public visé", dénonce Henri Quantin.

L’écrivain Henri Quantin s’interroge sur les différents sens du verbe "profiter", devenu aujourd’hui synonyme de "consommer sans mesure" ou d’"abuser". N’est-il pas possible, comme nos grand-mères, de profiter de ses vacances en "faisant des progrès" ?

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Les vacances, plus que toute autre période, font résonner aux oreilles l’impératif hors duquel on est certain de passer pour un rabat-joie austère : "Profite !" Ce qui restait de complément au verbe dans la formule "profites-en bien" tend même à disparaître. Du dépliant d’office du tourisme à l’ami qui vous veut du bien, tous vous le disent : il faut "profiter". L’emploi absolu du verbe laisse deviner une valeur tout aussi absolue, comme un "jouir sans entraves" qui n’ose plus tout à fait avancer sans masque — héritage incertain de mai 68 oblige —, mais n’est pas prêt pour autant au repentir. 

Abuser ou faire des progrès ?