L’écrivain Henri Quantin s’interroge sur les différents sens du verbe "profiter", devenu aujourd’hui synonyme de "consommer sans mesure" ou d’"abuser". N’est-il pas possible, comme nos grand-mères, de profiter de ses vacances en "faisant des progrès" ?
Les vacances, plus que toute autre période, font résonner aux oreilles l’impératif hors duquel on est certain de passer pour un rabat-joie austère : "Profite !" Ce qui restait de complément au verbe dans la formule "profites-en bien" tend même à disparaître. Du dépliant d’office du tourisme à l’ami qui vous veut du bien, tous vous le disent : il faut "profiter". L’emploi absolu du verbe laisse deviner une valeur tout aussi absolue, comme un "jouir sans entraves" qui n’ose plus tout à fait avancer sans masque — héritage incertain de mai 68 oblige —, mais n’est pas prêt pour autant au repentir.












