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Les armes de la nature et de la grâce pour trouver la paix intérieure

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Domaine Public

"Philosophe en méditation", de Rembrandt.

Jean-François Thomas, sj - publié le 22/06/23

Quand nous sommes empêtrés dans de multiples attractions, écrasés par le surmenage et le découragement, le recours aux techniques de relaxation et d’introspection est une tentation. La sagesse des vertus naturelles et la vie de la grâce sont de bien meilleures voies pour trouver la paix intérieure.

Dans l’élan de la Pentecôte, alors que les dons du Saint-Esprit font leur œuvre, l’âme devrait reposer en paix et tout devrait trouver sa juste place dans notre vie. Pourtant, il est de plus en plus fréquent que des fidèles soient désorientés et empêtrés dans l’écheveau des pensées et des actions de leur existence. Il leur est difficile de mettre de l’ordre, d’établir des priorités, de relativiser lorsque nécessaire, de demeurer fermes malgré les adversités, les épreuves ou les chutes. Nous avons tendance à nous noyer dans un verre d’eau qui n’est pas même rempli, tout simplement parce que nous nous laissons envahir indifféremment par une multitude d’émotions et de passions qui nous conduisent à ne plus savoir quoi choisir et dans quel ordre. Tout se précipite et encombre notre esprit, nous empêchant de faire face à chaque obligation avec patience et confiance. 

Se connaître soi-même

Il est vrai que notre époque pousse les individus à ne plus savoir dire non, à tout accumuler, à vivre au-dessus de leurs capacités psychologiques et morales. Tout le monde est touché. Il ne suffit pas d’être catholique pour échapper à cette pression. Combien se disent « stressés », pris à la gorge par tant de devoirs et d’activités dont le sens finit par échapper ! D’où la multiplication actuelle des séminaires, des ouvrages, des méthodes pour trouver la « paix intérieure », mais toujours dans une perspective qui éloigne de la vie chrétienne en utilisant des éléments de mauvaise qualité cueillis dans les « sagesses » orientales. Cela fait recette, et ne résout rien. À trop se regarder, on finit par se plaindre ou par se décourager. Les introspections qui se contentent de décortiquer le ressenti n’aident guère à progresser et à améliorer la situation

Il suffit de développer des capacités et des vertus naturelles pour ne pas se laisser écraser par ce qui nous semble être des montagnes dans le paysage de notre quotidien. Il est bon de garder en mémoire que nous ne pouvons accomplir que ce qui correspond à nos forces et à nos talents dans un premier temps. Tel est le but à poursuivre. Ensuite, bien sûr, les grâces divines permettent de se dépasser, sans pour autant prétendre à ne connaître aucune limite. Nous avons tendance à ne pas nous connaître nous-mêmes, bien que souvent centrés sur notre unique personne. Nous ne savons que vaguement, ou de façon incomplète, les dons naturels et surnaturels qui nous constituent en propre. Pour se perfectionner, il faut se connaître soi-même, sinon il y a risque de tourner en rond, de se faire illusion, de passer d’un état d’optimisme béat à une prostration due au découragement. Nous nous réfugions souvent dans le relâchement ou bien au contraire dans l’hyper-activité selon les soubresauts qui nous agitent. Au contraire, être capable de mettre en lumière nos qualités et nos défauts permet d’ordonner notre vie et donc de cultiver cette paix de l’âme si précieuse pour traverser les « ravins de la mort » et les préfigurations de l’éternité que sont les routes humaines.

Exploiter ses talents

Ce n’est pas une fausse humilité que de reconnaître les qualités mises en nous par Dieu, non point pour en retirer de l’orgueil et une gloire personnelle mais pour exprimer notre reconnaissance et utiliser ces dons pour le bien commun. Ce sont les fameux talents qu’il ne s’agit pas d’enterrer mais de faire fructifier, sans crainte, même s’il y a toujours un risque de les abîmer ou d’en perdre en cours de route à cause de notre maladresse ou de notre négligence. Dans un mouvement identique, il faut avoir le courage de regarder ses misères et ses limites. Les dons naturels sont complexes et nombreux, ceci en chaque personne. Notre sensibilité s’oppose parfois à la raison et à l’intelligence. Elle peut nous réduire en esclavage si nous ne bridons pas l’imagination et la mémoire par ailleurs très utiles pour inventer, pour construire, pour créer. L’intelligence, quant à elle, ne doit pas être uniquement spéculative mais en vain d’une mise en pratique dans la charité.

La volonté est notre arme pour maîtriser nos sens extérieurs et intérieurs, pour entretenir des convictions avec constance, prudence et discernement.

Nos jugements risquent aussi de s’obstiner et donc de prendre des voies sans issue. La volonté — peut-être la partie la plus vulnérable — est aussi la reine des facultés si elle est persévérante. Elle est notre arme pour maîtriser nos sens extérieurs et intérieurs, pour entretenir des convictions avec constance, prudence et discernement. Et puis, il y a ce bloc qu’est notre caractère. Nous parlons avec raison d’un « homme de caractère » pour signifier qu’une personne est ferme dans sa conduite, tout l’inverse du mauvais caractère qui rend odieux. Enfin, nous devons tenir compte de nos habitudes qui, hélas pour celles qui sont mauvaises et perverses, réussissent trop souvent à créer une seconde nature qu’il est difficile de déraciner par la suite. Répéter des actes est excellent si ceux-ci sont ordonnés à Dieu et non pas à nos passions.

La vie de la grâce

Cependant, nous ne pouvons pas nous contenter des dons naturels, aussi riches soient-ils. Nous avons tous besoin de l’ordre surnaturel, y compris le plus saint parmi les hommes. Léon XIII rappelait dans une encyclique (Divinum illud munus, 9 mai 1897) :

L’homme juste qui vit de la vie de la grâce, et qui agit par le moyen des vertus qui jouent en lui le rôle de facultés, a besoin aussi des sept dons du Saint-Esprit.

Les vertus infuses de foi, d’espérance et de charité vont de pair avec les vertus morales de prudence, de justice, de force et de tempérance, et toutes nous aident à faire des actes surnaturels car elles surnaturalisent nos facultés humaines. Encore faut-il les cultiver et les utiliser et ne pas les laisser en friche, comme tant de choses reçues de Dieu. Par ce canal, Dieu se fait connaître et entendre, notamment dans les moments décisifs de notre vie, lorsque nous devons suivre telle vocation, développer telle vertu. Nous sommes sujets à de multiples attraits, ce qui provoque plus d’une fois la confusion, le malaise, l’incertitude, ce qui entame la paix intérieure. En repérant l’attrait dominant, celui qui revient le plus fréquemment, qui nous laisse dans la consolation, nous recevons le signe de ce que nous devons choisir, toujours dans le bien évidemment, et non point dans la facilité, la paresse ou carrément le mal. Pour éviter ce dernier piège, nous devons nous rendre compte de nos faiblesses, de nos péchés. L’examen quotidien est un instrument efficace pour savoir si nous demeurons sur le chemin et si nous ne nous écartons pas de la piste. Il est la boussole spirituelle. Voilà pourquoi, par exemple, saint Ignace de Loyola la considérait comme si essentielle à la vie d’oraison.

La paix intérieure ne s’obtient donc pas en s’inscrivant à un séminaire dirigé par un gourou, ou en achetant un ouvrage rédigé en Californie. Elle est le fruit de notre vie ascétique. Désolé si ce terme est jugé désuet ! Pourtant la réalité qu’il recouvre est la condition de notre équilibre, donc de notre paix. Ce n’est que par cette connaissance profonde de nous-mêmes que nous pourrons découvrir ce qui convient pour la santé de notre âme. Aucun chrétien ne peut prétendre en faire l’économie.

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