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Benoît XVI a bouleversé leur vie spirituelle. Ils témoignent

Après les funérailles de Benoît XVI ce jeudi 5 janvier, n’est-ce pas le moment d’écouter ceux dont la vie a été bouleversée par ce pape discret qui aura converti ou (re)converti tant de personnes ?

10 min de lecture

Source: Artège

Alexia Vidot.

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En disant, à distance, mon dernier adieu au pape émérite enterré ce jeudi 5 janvier, je repense sans cesse au jour où j’ai vu dans le regard de Benoît XVI un "cœur qui voit". Ce regard a eu un impact spirituel sur ma vie. Un impact auquel je ne m’attendais pas. Benoît XVI n’était pas le pape de ma jeunesse. Née à Cracovie en 1965, je faisais partie tout naturellement de la génération Jean Paul II. Même plus : j’avais eu le bonheur de le connaître dès ma petite enfance. Des rencontres et des conversations qui restent comme un repère. Puis, pour compléter, des lectures de ses textes ou des échanges avec ses amis et collaborateurs, dont mon père, Stefan Wilkanowicz. Le tout accompagné par ce sentiment d'infinie gratitude pour le fait qu'il a été pour nous, les Polonais, un soutien, un guide et un témoin d'espérance en des temps sombres de l’époque communiste. Bref, tous mes questionnements en lien avec ma foi et aussi avec mes choix de vie allaient automatiquement vers mon pape, Jean Paul II.

Et pourtant, quand je me suis retrouvée le 16 octobre 2005 dans la bibliothèque du Vatican en face de Benoît XVI j’ai été éblouie par sa personne : Joseph Ratzinger semblait si différent de toutes les étiquettes qu’on lui collait ! Découvrir son vrai visage a été une expérience exceptionnelle à laquelle je ne m’attendais pas. Fraîchement élu, le pape allemand avait accepté de remettre à mon père, au nom de son prédécesseur, le prix Jean Paul II décerné par l’Institut des droits de l’homme du Musée d’Auschwitz-Birkenau. Un geste doublement symbolique : non seulement la cérémonie devait avoir lieu le 16 octobre, date anniversaire du début du pontificat de Jean Paul II, mais le sens même du prix remis finalement par un pape allemand prenait une toute autre dimension.