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Et si Jésus était vraiment né le 25 décembre ?

Creche ; Noel ; 25 décembre; Jesus

© Alexander Hoffmann I Shutterstock

Christophe Eoche-Duval - publié le 17/12/22

La date du 25 décembre comme jour de la naissance de Jésus fait toujours débat chez les historiens, comme celle de son année elle-même. La coïncidence cette année du Noël chrétien avec la fête juive de Hanoucca, qui fait mémoire de la fête de la Dédicace du Temple, laisse penser que le choix de ce 25e jour a bien un sens.  

En ce 25 Kislev de l’an 5783, début de la fête juive d’Hanouccade l’hébreu הכנח , de ךנח  signifiant « consacrer » (prononcez kha-nou-kah) —, souhaitons à nos frères juifs une belle fête des Lumières. Cette fête dure huit jours, dont le huitième tombe cette année le jour… de Noël. Quelques explications.

Les Juifs ont leur calendrier hébraïque, donné à Moïse, basé sur la lune, tandis que nous observons le calendrier grégorien (du pape Grégoire XIII, adopté en 1582), réformant le calendrier julien (introduit par Jules César en 46 av. J.-C.), basé sur le soleil. C’est comme si deux trains roulaient sur deux voies parallèles avec des largeurs de voies différentes. Parfois, le hasard d’un aiguillage les fait se croiser. Le neuvième mois de l’année juive est Kislev — attesté depuis le Livre de Néhémie (Ne 1, 1) ou de Zacharie (Za 7,1), tombant en hiver (en général de mi-novembre à mi-décembre dans notre calendrier). 

Noël, une date « artificielle » ?

Avant de revenir sur Hanoucca, un mot sur l’ »an I » du calendrier julo-grégorien et sur le 25 décembre. On admet aujourd’hui que le moine Denys le Petit, chargé par le pape Jean Ier en 525 de fixer l’anno domini (naissance de Jésus) s’est trompé de trois ou sept ans, selon différentes hypothèses. L’an I serait antérieur, entre -3 et -7 avant l’ère chrétienne. La commémoration de « Noël » ne préoccupa pas immédiatement, contrairement à la fête pascale. C’est le pape Marc qui l’érigea en 336, pour le diocèse de Rome, avant que l’empereur Théodose II le codifie pour tout l’Empire romain, en 425. 

L’explication convenue serait que le pape Marc puis l’empereur Théodose II ont voulu christianiser une festivité païenne qui s’incrustait, les Saturnales (Saturnalia), intervenant une semaine avant le solstice d’hiver (Sol Invictus, entre 14 et 23 décembre). Les historiens critiques ont beaucoup glosé sur ce choix « artificiel » de Noël. Si la date de la mort de Jésus fait aujourd’hui consensus, nul ne saura jamais sa date de naissance. Or « Il est né le Divin enfant ». Évidence propre à chaque être humain, posée par l’Évangile : « Marie, de laquelle fut engendré Jésus » (Mt 1, 16). Sauf que la date précise de l’accouchement, si fondamentale à notre identité et si banale à notre état-civil, n’est pas une donnée certaine pour Jésus. 

La fête d’Hanoucca

Est-ce si sûr ? Revenons à Hanoucca, unique fête juive qui ne tire pas de Moïse sa prescription. Si elle débute chaque 25 du mois de Kislev, c’est qu’elle commémore un fait historique, relaté uniquement aux Premier et Deuxième Livre des Maccabées. Ces deux saints Livres ne font pas partie de la Torah (Bible jusqu’à Malachie). Toutefois, ils sont connus de tous les Juifs pieux et font partie du canon catholique. Ils relatent l’histoire terrible vécue au IIe siècle av. J.-C. par Israël lorsque l’Empire séleucide, l’occupant, imposa d’ »helléniser » les Juifs, avec la complicité d’une partie du clergé lévite et de grands-prêtres usurpateurs.

Le Temple de Jérusalem fut, pendant « trois années », souillé et fermé au culte du vrai Dieu. Entre temps, une révolte juive éclata contre l’Empire séleucide et ses « collabos », sous l’impulsion des « frères Maccabées ». Appelés ainsi même si seul l’un d’eux, Judas fils de Mattathias, porte le surnom Maccabée. Il devint celui des révoltés, animés du retour au vrai Dieu contre l’idolâtrie et la perte d’identité juive. Après trois ans, le Temple est libéré un certain « 25 Kislev » de l’an 3622 du calendrier juif, tombant un 14 décembre de l’an 164 av. J.-C. Sauf que la purification du Temple dura « huit » jours — Dieu seul sait quelles orgies païennes s’y étaient déroulées. 

Comme certains prêtres demeurés fidèles, chargés de purifier le Lieu saint, cherchaient un reste d’huile consacrée, ils ne trouvèrent miraculeusement qu’une fiole indemne, juste de quoi allumer huit jours nécessaires à leur consécration du Temple. En souvenir de ce miracle, contrairement au menorah à sept branches du Livre de l’Exode, fut confectionné un chandelier à neuf branches (Hanoukkia) dont une, la neuvième, au milieu de part et d’autres des quatre branches, un peu plus haute, appelée Chamach, sert à allumer chaque jour que dure Hanoucca une des huit lumières.

Cette libération du Temple, victoire juive, racontée en détails par les deux Livres des Maccabées, a été prescrite comme nouvelle fête d’obligation par le Deuxième Livre des Maccabées (2M 1, 18). Dans la diaspora comme en Israël, Hanoucca est très populaire, portant d’ailleurs d’autres noms : « Fête de la Dédicace » (pour signifier du Temple restauré), « fête de l’inauguration du Temple » (qui se dit « Encénie »), « fête des Lumières » (allusion à l’Hanoukkia).

Jésus à la fête de la Dédicace

Jésus l’a-t-il fêté ? Drôle de question pour un Juif pratiquant ! Non seulement oui, mais en plus c’est une des rares fêtes juives que l’Évangile relate dans la vie publique de Jésus. Saint Jean, précieux témoin oculaire, rapporte une scène extraordinaire au Temple, où Jésus a tenu à se rendre « sous les portiques » ce jour-là :

« Alors arriva la fête de la Dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver » (Jn 10, 22).

Pour y tenir un discours époustouflant en ce Lieu : « Le Père et moi, nous sommes UN » (Jn 10, 30). Au-delà de l’observance, Jésus, fils de Dieu, valide une fête juive non enseignée par son Père à Moïse, ce n’est pas rien.

La triple conjonction de l’an -7

Revenons à « Noël », déformation verbale gallo-romaine de natalis dies. On sait peu de choses par les évangélistes. Matthieu fournit l’indication que la naissance eut lieu « au temps du roi Hérode le Grand » et que les Mages furent guidés par une « étoile » extraordinaire. Luc fournit une datation qui a fait couler beaucoup d’encre (le recensement sous « Quirinius gouverneur de Syrie ») et l’indice du froid de la nuit, obligeant à chercher refuge, comme en hiver. Pour l’historien Jean-Christian Petitfils, l’étoile de Bethléem pourrait coïncider avec les découvertes, non remises en cause, de l’astronome Johannes Kepler (+1660), découvrant le phénomène rarissime d’une conjonction des planètes Jupiter et Saturne, ce qui crée un « astre » très lumineux, apparu trois fois de suite au cours de la même année 1603, se répétant tous les 754 ans environ.

Selon ses calculs, une triple conjonction aurait eu lieu en l’an 7 av. J.-C., entre le 29 mai et le 8 juin, puis entre le 26 septembre et le 3 octobre et enfin entre le 5 et 15 décembre. En l’an -7 (hypothèse cohérente avec le règne d’Hérode le Grand), le 25 Kislev (de l’an juif 3754) est tombé un… « 25 » novembre. Les trois apparitions exceptionnelles de l’ »étoile » s’emboîteraient, tant avec le récit de Matthieu sur les Mages qu’avec l’agenda hébraïque de Luc sur la circoncision du bébé puis la purification de la mère. 

À la première apparition de la conjonction astrale, les Mages — si on les suppose originaires de Sippar (en Irak), foyer d’observation astrale sous l’Antiquité — sont en alerte. Dès la seconde apparition, ils décident de suivre sa direction. Trente jours en caravanes séparent Sippar et Jérusalem où se produit la troisième apparition, qui a lieu juste après la fin des fêtes d’Hanoucca. Plausible, puisque lorsqu’ils parviennent à Bethléem, Jésus est déjà né. Les bergers auraient eu la chance providentielle d’être avertis plus tôt, dans la nuit du 25 Kislev ? La circoncision a lieu selon la Loi juive le huitième jour, avant l’arrivée des Mages (soit dans cette hypothèse le 3 du mois suivant, Tebeth). Enfin la purification de Marie, obligatoirement le quarantième jour après la naissance (soit le 6 du mois suivant, Schebat), après le départ des Mages et avant qu’Hérode, comprenant avoir été joué, se venge. 

Le « numéro 25 »

Dieu a forcément fait naître son divin Fils à une date précise. La double symbolique de la Fête d’Hanoucca, Dédicace du vrai Temple — Jésus — et fête des Lumières, la plus extraordinaire, d’origine astrale, irradiant le ciel en cette nuit froide d’hiver, tombant dans le calendrier — juif comme grégorien — un « 25 », est une hypothèse plausible. Reste le maillon entre ce « 25 » Kislev, date non fixe, ni dans le calendrier juif ni par rapport au calendrier grégorien, et le « 25 » décembre du pape Marc, date conventionnelle et fixe. Ce maillon ne reçoit pas actuellement de réponse humaine, si ce n’est que l’Esprit Saint aurait pu souffler à l’oreille du successeur de Pierre le numérus « 25 », tombant en hiver, pour coller au plus près de la réalité de l’Incarnation ?  

Revenons au calendrier 2022. Son hasard fait tomber Noël au cours d’Hanoucca. Cela s’est déjà produit au cours de l’histoire. Sans refaire des calculs astronomiques sur deux mille ans en arrière, souvenons-nous saint Jean-Paul II commémorant l’Hanoucca de 1997 en allumant au Vatican le Chamach un 24 décembre, tombant le 25 Kislev de l’an 5758 ! Si Jésus n’est pas né un « 25 décembre », il n’est pas improbable qu’il soit né en rapport avec le « 25 Kislev« . 

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