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À Rome, le synode continue

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Antoine Mekary / Godong

Valdemar de Vaux - publié le 16/10/22

Après les phases diocésaine et nationale du Synode, le processus s’est étendu à l’échelle continentale. Comment s’organise le travail du Secrétariat du Synode à Rome et sur qui s’appuie-t-il pour décortiquer les contributions du monde entier ? Explications.

L’assemblée générale du Synode sur la synodalité, initialement prévue en octobre 2023 au terme de deux ans de travaux, aura finalement lieu en deux moments : du 4 au 29 octobre 2023, puis en octobre 2024. Le pape François souhaite ainsi donner plus de « temps de discernement » à ce processus, a-t-il expliqué lors de l’angélus du 16 octobre 2022, en annonçant cette prolongation d’une année. 

En France, la publication de la collecte nationale, regroupant les contributions de tous les fidèles – 10% des pratiquants en réalité – autour de la synodalité a suscité des débats. Elle était assortie d’une lettre d’accompagnement, voulant manifester le discernement des évêques, pasteurs à l’écoute des baptisés qui leur sont confiés. C’était mi-juin. 

Concomitamment, 112 synthèses établies par les conférences épiscopales sont arrivées à Rome pour ouvrir la phase continentale, ultime étape avant le synode des évêques à proprement parler, qui aura lieu dans un an, au mois d’octobre 2023. 

Ces synthèses permettent de saisir que les questions et espoirs que suscitent l’Église varient selon les espaces géographiques. En Pologne, la gestion dramatique des abus sexuels est à l’origine d’une forte défiance vis-à-vis de la hiérarchie. Les fidèles états-uniens ont préféré, de leur côté, partager leur souci de l’unité de l’Église qui, chez l’oncle Sam, est profondément divisée. Les jeunes catholiques belges, eux, rappellent leur attachement à la doctrine, parfois remise en cause outre-quiévrain. 

Toutes ces préoccupations doivent être prises en compte, malgré l’impossibilité de l’exhaustivité. Comme le rappelle l’archevêque de Luxembourg, le cardinal Hollerich, qui est aussi rapporteur général pour le Synode : « Nous devons faire attention à écouter tout le monde et à ce que chacun se sente écouté. » Avant d’ajouter, pour Vatican News : « Donc pas seulement les spécialistes, pas seulement ceux qui veulent ou veulent faire la guerre à l’Église et ainsi de suite, mais vraiment écouter tout le monde et prendre les gens au sérieux. »

Une exigence qu’il n’est pas évident de mettre en œuvre. Pour écouter la voix de tous les fidèles catholiques du monde, ce sont bien une trentaine de personnes qui se sont réunies entre septembre et octobre pour travailler à l’élaboration du document pour la phase continentale. Remis au Saint-Père le 3 octobre dernier, il est le fruit d’un travail de 25 experts choisis par le Secrétariat pour le synode. 

Parmi eux, des hommes et des femmes, de tous les états de vie et de tous les continents. Un seul point commun : le travail théologique. Le jésuite Giacomo Costa, chargé du document continental, explique d’ailleurs que les théologiens « n’ont pas été choisis pour insuffler leurs idées, mais pour être l’instrument par lequel la voix du peuple de Dieu de toutes les parties du monde peut résonner. C’est un rôle de service. »

Le rapport qu’ils ont désormais écrit, rendu public ces jours-ci, sera transmis aux conférences épiscopales en vue de commentaires et de corrections. Jusqu’à la publication d’un éventuel texte du Saint-Père, ces documents, amendés et discutés, ne sont pas des textes magistériels. Puisque la phase continentale est commencée, chaque continent est invité à organiser une rencontre d’au moins cinq jours et en présence de laïques. L’Europe se réunira par exemple à partir du 5 février 2023 à Prague, l’Afrique à Addis-Abeba et l’Amérique du sud à Bogota en mars. 

Il est pour le moment difficile d’imaginer les fruits d’un tel processus, d’autant que si la phase nationale n’a déjà pas mobilisé une grande partie des catholiques, notamment en France, la phase continentale paraît encore plus lointaine. Comment synthétiser à un tel niveau, et qu’est-ce que les catholiques de deux pays éloignés géographiquement et socialement peuvent bien dire en commun sur l’Église ? 

Le cardinal Grech, Secrétaire maltais du synode demeure plein d’espérance : « Pour comprendre le processus synodal, il faut penser à une circularité féconde entre prophétie et discernement », disait-il fin août en conférence de presse. « L’inclusion d’un niveau continental a été souhaitée pour garantir davantage le respect de la consultation du peuple de Dieu, ajoutait-il, c’est pourquoi le principe de circularité doit être réalisé par un acte de retour du Document non pas à une Assemblée, mais aux Églises particulières. C’est là que la consultation a eu lieu, c’est là que le document revient ».

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ÉglisePape FrançoisSynode
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