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Les délégations Inuit et Métis appellent le Pape à faire un « voyage de justice » au Canada

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© Vatican Media

I.Media - publié le 28/03/22 - mis à jour le 28/03/22

Trois délégations d’autochtones venues du Canada sont reçues par le pape François du 28 mars au 1er avril 2022. Les délégations Inuit et Métis ont appelé le Pape à faire un "voyage de justice" au Canada.

Un « voyage de justice » du pape François au Canada : c’est ce qu’attendent du Pape les représentants des délégations Métis et Inuit qu’il a reçus au Vatican ce lundi 28 mars. Demandant non seulement des excuses mais aussi des « actions concrètes », les représentations sont venues porter « au pape François mais aussi au monde » les témoignages de « survivants » de pensionnats catholiques où s’est déroulé selon eux un « crime contre l’humanité ».

« Un grand nombre de nos survivants m’ont dit qu’ils cherchaient à faire reconnaître le rôle que les pensionnats de l’Église catholique ont joué dans les actes répréhensibles commis à l’égard de ces enfants et de nos communautés », a déclaré la présidente du Conseil national des Métis, Cassidy Caron, lors d’une conférence organisée après la rencontre avec le Pape. Lors de celle-ci, trois survivants Métis et Inuits ont pu raconter à François les abus « sexuels, physiques et spirituels » subis dans ces établissements gérés par l’Église catholique à la demande du gouvernement canadien du milieu du XIXe siècle à la fin des années 70. 

Le désir du Pape d’écouter et de faire de la place aux histoires douloureuses apportées par les survivants.

Les deux délégations – dix personnes pour les Métis, huit pour les Inuits – étaient accompagnées lors de leur audience avec le Pape de plusieurs évêques canadiens. Chaque visite a duré environ une heure et a « été caractérisée par le désir du Pape d’écouter et de faire de la place aux histoires douloureuses apportées par les survivants », rapporte le Bureau de presse du Saint-Siège. 

Les rencontres ont commencé par des moments de spiritualité traditionnelle des deux communautés, une « prière métis » d’une part et un « kulak » pour les Inuits, cette dernière consistant à allumer un petit feu. Malgré les craintes de certains officiaux, la cérémonie a eu lieu dans la Bibliothèque apostolique et le feu s’est consumé pendant toute la discussion des Inuits et du Pape, a rapporté Mgr William Terrence McGrattan, évêque de Calgary. 

Le pape François n’a pas annoncé de date de voyage pendant l’audience, a poursuivi l’évêque canadien. Il aurait cependant déclaré, avec une pointe d’humour, qu’il préférait ne pas se rendre « en hiver dans l’Arctique ».

Une liste de revendications

C’est « la première fois que des survivants Métis ont été invités pour dire quelque chose », a reconnu Mitchell Case, autre représentant Métis. Il a aussi affirmé savoir « le rôle que les prêtres ont joué dans le vol des terres de [sa] communauté » par les populations d’origine européenne, demandant des compensations. 

Cassidy Caron a énuméré les revendications de sa délégation : l’accès aux « registres » des écoles et églises catholiques concernées, la récupération d’ « artefacts » traditionnels se trouvant au Vatican, la nécessité de ne pas interférer dans le déferrement en justice de certains des « auteurs qui vivent encore, peu importe leur âge », des compensations substantielles aux victimes dont beaucoup « vivent dans la pauvreté » et des fonds dédiés à la « guérison » qui soient gérés directement par les autochtones.

Pas de registres sur les pensionnats au Vatican

Concernant les registres, Mgr Raymond Poisson, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, a affirmé lors de la conférence que « rien » ne se trouvait au Vatican. En revanche, il a indiqué que l’Église catholique était prête à faciliter l’accès des registres des communautés missionnaires – notamment celle des Oblats de Marie-Immaculée – et des registres diocésains, dans le respect des règles de la vie privée.

Outre les compensations financières directes, Cassidy Caron et Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, ont insisté sur le soutien que pouvait apporter l’Église catholique dans la reconnaissance des torts commis par le Canada contre leurs peuples. 

Guérir un « trauma intergénérationel »

Plusieurs membres – en particulier chez les Métis – ont souligné l’importance du « trauma intergénérationel » causé par les pensionnats. Caron Cassidy a affirmé qu’il s’agissait d’une réalité « prouvée scientifiquement » et que ce traumatisme était « inscrit » dans l’ « ADN » des jeunes générations.

Les membres de la délégation Inuit, moins revendicatifs que ceux de la délégation des Métis, ont confié avoir offert une étole et un chapelet en peau de phoque au pape François lors de leur rencontre. Natan Obed a néanmoins souligné l’importance de certains objectifs politiques les concernant, notamment les questions concernant « l’autodétermination ».

« Nous sommes bons pour pardonner », a ainsi affirmé une survivante d’un pensionnat appelant les « deux parties » à s’engager dans cette voix du pardon, et insistant sur l’importance de la démarche pour les générations futures.

Une représentante LGBT

Un membre de la délégation Métis présent s’est défini comme « bispirituelle » et a affirmé représenter les personnes « LGBTQIA+ » lors de l’audience. Cette personne a expliqué avoir apporté au Pape la « voix des enfants perdus » du Canada, considérant qu’elle ne doit « jamais être oubliée ».

Une rencontre avec la dernière délégation, celle des Premiers Peuples, doit avoir lieu le 31 mars avant une audience le 1er avril en présence de toutes les délégations. Le Pape s’exprimera publiquement devant elles. 

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