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L’appétit de vivre, un mystère à protéger

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Shutterstock I KieferPix

Jeanne Larghero - publié le 26/02/22

Chaque semaine, la philosophe Jeanne Larghero éclaire les petites et grandes questions de l’existence à la lumière de l’éthique chrétienne. Elle explique aujourd'hui pourquoi notre appétit de vivre est au fondement de nos droits et de nos devoirs.

Tout homme cherche son bonheur, même celui qui va se pendre, disait Pascal… Derrière cette affirmation tragique se cache un mystère, celui de notre force, celui de notre faiblesse. C’est un mystère immense, qui traverse tout être humain : au cœur de notre substance, de notre personne est enracinée une inclination naturelle vers le bien. Cet élan vers le bien, vers notre bien, se matérialise par ce formidable appétit de vivre, que les philosophes appellent “l’inclination à la conservation de l’être”. Cette inclination vers ce qui nous maintient dans l’existence, l’évitement et la fuite de ce qui est nuisible, relèvent de la pulsion de vie. 

La source de nos actions

Inconsciente et informulée, cette pulsion de vie revêt un aspect quasi-animal : elle est comme un vent invisible, mais qui, léger ou puissant, gonfle les voiles et propulse le bateau. Cet attrait pour la vie, cette force qui nous pousse à nous maintenir dans l’existence est à la source de notre vie physique, intellectuelle, morale et spirituelle. Pourquoi est-ce un mystère ? Parce que nous ne sommes pas de simples substances, tels des corps chimiques soumis aux lois de la nature, des plantes cherchant avidement la direction du soleil ou l’emplacement de l’eau qui les nourrissent, ou des animaux fuyant leurs prédateurs.

Ce désir de vivre est incoercible mais ne nous contraint pas.

Nous sommes des personnes : des êtres libres, des sujets qui à la différence des objets sont en capacité de définir d’eux-mêmes leurs objectifs. C’est pourquoi nous sommes capables de faire don de notre vie : des plus petits renoncements jusqu’à l’ultime sacrifice. Ainsi, ce désir de vivre est incoercible mais ne nous contraint pas. Il ne vient pas contrarier notre liberté, mais il la rend possible, il est la source même et l’inspiration de nos actions. Jusqu’aux plus tragiques : donner ou se donner la mort. 

Au fondement de nos droits

Pourquoi faut-il le rappeler ? Pourquoi faut-il plus que jamais réaffirmer ce qui semblerait relever de l’évidence ? Parce que si l’élan de conservation est structurel, substantiel, alors nous avons à le reconnaître dans la nature, mais surtout à le respecter chez tout être humain. Cette inclination puissante à vivre et à rester en vie est au fondement des droits et des devoirs : de l’interdiction de tuer comme de la légitime défense. Elle est la mesure de notre devoir le plus fondamental : respecter la vie de celui qui n’est pas ou plus en mesure d’assurer lui-même sa protection. C’est donc aux seuils de l’existence humaine que cette obligation est inconditionnelle : encore dans le ventre de sa mère, ou aux frontières de la vie qui s’éteint, tout être humain a droit à son heure de vie. 

Tags:
Bien communliberté
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