À de rares exceptions près, les saints sont fêtés au jour anniversaire de leur naissance au Ciel, le dies natalis, autrement dit de leur mort. Saint Ambroise de Milan échappe à cette règle puisque le 7 décembre, date de sa fête, est en réalité l’anniversaire de son élévation épiscopale. Il est vrai qu’elle ne fut pas banale !
Nous sommes en novembre 374. L’évêque de Milan, Auxence, vient de mourir, très âgé. Survivant d’une autre époque, qui faillit voir l’hérésie arienne, négatrice de la divinité du Christ, triompher du catholicisme, il tenait le dernier bastion hérétique d’Occident et, si sa mort est un soulagement pour la papauté, elle est aussi, et d’abord, un problème politique. Les ariens, en effet, représentent toujours une puissance non négligeable, et ils bénéficient d’un appui de taille, celui de l’impératrice Justine, la très belle épouse de l’empereur Valentinien Ier qui, quoique catholique à chaux et à sable, ne sait rien refuser à sa femme.












