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Pour le « père de la PMA », il ne peut y avoir de GPA « éthique »

FIV

© RusAKphoto - shutterstock

Mathilde de Robien - publié le 21/11/21 - mis à jour le 21/11/21

Père scientifique du premier bébé-éprouvette, ardent défenseur des techniques de PMA et fervent militant de la PMA pour toutes, le professeur René Frydman reconnaît cependant une limite à la fertilité à tout prix : la gestation pour autrui (GPA).

S’il a été aussi loin que possible dans ce que la médecine permettait de faire pour aider les couples infertiles à concevoir, René Frydman, 78 ans, a toujours considéré la GPA comme une ligne rouge à ne pas franchir. Interviewé dans l’émission Un monde, un regard sur la chaîne Public Sénat, il revient sur son refus que le corps de l’autre soit instrumentalisé pour assouvir un désir d’enfant.

René Frydman a pourtant été un avant-gardiste durant ce qu’il appelle « les 40 glorieuses de la gynécologie ». En 1973, il signe le manifeste des 331 médecins qui avouent avoir déjà pratiqué un avortement, un délit à l’époque. En 1982, avec le biologiste Jacques Testart, il permet la naissance du premier bébé-éprouvette en France, conçu par fécondation in vitro (FIV), puis celle des premiers bébés français conçus à partir d’ovocytes congelés. En mars 2016, il signe une tribune dans Le Monde avec 130 médecins et biologistes qui reconnaissent avoir aidé des couples homosexuels à avoir des enfants en infraction avec la loi. Son dernier combat concerne l’extension de la PMA à toutes les femmes, célibataires ou homosexuelles. 

A la journaliste de Public Sénat qui lui demandait récemment s’il avait des limites, le professeur René Frydman évoque la GPA en la condamnant fermement : « J’ai toujours été totalement opposé à la GPA. Parce qu’on se met toujours du côté de ceux qui vont en bénéficier : c’est comme si vous demandiez à des propriétaires d’esclaves s’ils sont pour l’esclavage ou contre. Ce n’est pas à ces gens-là qu’il faut le demander ». Le gynécologue compare la GPA à la prostitution, faisant allusion à la location du corps de la femme et aux « mafias » qui régissent cette réalité. « Il y a une espèce de GPA idéale, éthique, mais qui n’existe pas, à laquelle se réfèrent les partisans, et puis il y a la réalité ce qui se passe au Vietnam, ce qui se passe en Inde, ce qui se passe dans les pays de l’Est où le corps des femmes est commercialisé ».

Tags:
BioéthiqueGPA
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