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Le Missel romain, toute une histoire

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Pascal Deloche / Godong

Solenn Varennes - publié le 27/10/21

Le Missel romain, dans sa nouvelle traduction liturgique, entre en vigueur pour tous les diocèses francophones le 1er dimanche de l’Avent 2021. L’occasion de revenir sur ses origines qui remontent au haut Moyen Âge.

Avant le haut Moyen Âge, plusieurs livres sont utilisés pour la célébration de la messe : le sacramentaire – avec la prière eucharistique (le canon), les oraisons et les prières –, l’évangéliaire et l’épistolier pour les lectures de l’Écriture Sainte, et l’antiphonaire pour les chantres. Ces livres liturgiques contenaient de nombreuses variantes selon les régions ecclésiastiques ou les abbayes, notamment dans l’organisation du sanctoral, le choix des pièces chantées ou le calendrier. Ce n’est que petit à petit que les manuscrits vont intégrer toutes ces parties en un ou plusieurs livres formant un tout. Ce type d’ouvrage sera appelé missale plenum, missel plénier, c’est-à-dire complet.

Puis, à partir du VIIIe siècle d’abord, des remaniements du sacramentaire grégorien en Gaule donnent naissance à un sacramentaire romain par excellence, grâce à la Renaissance carolingienne. Ce Sacramentaire devient, avec ses textes de qualité, la base du Missel romain actuel ainsi que du chant grégorien.

Au début du XIIIe siècle, les ordres mendiants apparaissent : la particularité de ces communautés est d’être itinérantes, et de ne pas être fixées dans un diocèse en particulier. Une grande diversité de rites existe alors dans l’Église latine, variant d’un diocèse à l’autre, aussi bien au niveau des formes qu’au niveau du calendrier. Le besoin se fait sentir d’un rite commun à tous. En 1223, Saint François d’Assise recommande à ses frères d’utiliser le rite de la curie romaine, adapté à un apostolat itinérant.

Les prémices de l’uniformisation romaine 

Dans la première moitié du XIIIème siècle, le pape Grégoire IX (1227–1241) pense à étendre à toute l’Église latine l’usage du missel curial (missel utilisé au Vatican), que les franciscains avaient adopté, mais cela ne se traduit pas tout de suite dans les faits. C’est en 1277 que le Pape Nicolas III promulgue ce missel pour le diocèse de Rome d’abord. Grâce à la diffusion que lui assurent les franciscains, il se répand rapidement et influence en partie de nombreuses liturgies locales de l’Église latine.

L’invention de l’imprimerie au XVème siècle accélère le processus avec l’impression du missel en usage à Rome. La première édition connue fut réalisée à Milan en 1474.

Du Missel romain tridentin au missel actuel

Le concile de Trente, en 1563, soucieux de la « doctrine touchant au Saint Sacrifice de la messe », demande au pape de veiller à la perfection doctrinale des manières de dire la messe dans l’Église, en réaction aux hérésies protestantes sur ce sujet. Le pape Pie V répond à la demande du concile avec la bulle Quo primum, par laquelle, il promulgue, le 14 juillet 1570, son édition du missel romain. Il l’impose à l’ensemble de l’Église latine, à l’exception des lieux et des communautés possédant un rite propre depuis plus de 200 ans. 

A partir de cette date, le missel romain a connu plusieurs remaniements entraînant de nombreuses nouvelles versions notamment avec Vatican II. La version initiale du Missel romain de Vatican II a été publiée en latin, le 3 avril 1969, suivant la constitution Missale Romanum du pape Paul VI. Elle sera suivie de deux autres versions en 1975 et 2002. “C’est cette dernière, désignée comme editio tertia typica (3ème édition typique), qui est en vigueur aujourd’hui dans l’église catholique de rite latin, qui a été traduite à nouveau”, précise Bernadette Mélois. Elle sera publiée le 29 octobre prochain, et utilisée dans tous les diocèses francophones à partir du dimanche 28 novembre.

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LiturgieMesseMissel
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