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L’idolâtrie de la nature hors de soi

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VisionPic .net | Pexels CC0

Henri Quantin - Publié le 29/09/21

Le lancement de la campagne présidentielle chez les écologistes a permis de découvrir « l’écoféminisme ». Henri Quantin en propose une définition : l’ idolâtrie de la nature hors de soi et la haine de la nature en soi.

La primaire des écologistes a mis en avant la candidate Sandrine Rousseau et, à travers elle, ce qu’on appelle désormais communément « écoféminisme ». Notion difficile à cerner, nous expliquent des journalistes du Monde, tant « ce concept surprise de la primaire écologique » prête aisément le flanc aux caricatures. L’idée semble que la cause des femmes et la cause de la nature sont liées. Elle est parfois suspectée d’être « essentialiste » — insulte suprême — , en ce qu’elle laisserait entendre que le féminin, sinon la femme, pourrait être associé à des valeurs propres, peut-être même naturelles.

La nature sans la nature

Consciente de ce soupçon impardonnable, Sandrine Rousseau a déclaré au Monde : « Ce n’est pas parce qu’on naît femme qu’on est plus proche de la nature, mais parce qu’on a été socialement construite. Toutefois cet enfermement dans un rôle peut aujourd’hui être une force parce qu’on a besoin de retrouver un lien avec la nature. » À mort la nature, mais vive la nature ! On pense soudain à ce que repérait Roland Barthes dans les pages « cuisine » du magazine — féminin, il va sans dire — “Elle”. Élaborer un plat y supposait, dans un premier temps, de « fuir la nature grâce à une sorte de baroque délirant » (piquer les crevettes sur un citron, servir des pamplemousses chauds) », puis, dans un second temps, de « la reconstituer par un artifice saugrenu » (replacer des têtes d’écrevisses autour de la béchamel sophistiquée qui en cache les corps). La cuisine écologique de Sandrine Rousseau, qui n’est sans doute pas qu’électorale, procède un peu de même : refuser toute signification à la réalité corporelle de la femme, puis en brandir une variante artificielle pour faire avancer l’idéologie des khmers verts.

Un curieux mélange de panthéisme et de vénération pour la science.

Ce travail d’équilibriste nous amène à proposer une définition qui, nous n’en doutons pas, sera jugée caricaturale : l’écoféminisme consiste à idolâtrer la nature hors de soi et à la détester en soi. Autrement dit, c’est un curieux mélange de panthéisme et de vénération pour la science. Aux scientifiques, l’écologiste politique refuse catégoriquement les souris, mais offre sans hésiter le corps des femmes.

Le statut de la nature

Idolâtrie de la nature hors de soi. Dans son débat avec Yannick Jadot – qui a remporté de justesse la primaire – Sandrine Rousseau a eu cette remarque : « La nature n’a pas de statut dans notre code civil et dans notre droit pénal. […] On doit trouver des voies juridiques pour reconnaître à la nature un statut juridique. » Sans précision, la proposition laisse songeur ou inquiète un peu. Il ne faut pas oublier que les antispécistes commencent à militer pour faire des animaux des personnes de droit. On peut se contenter d’en rire, en imaginant des contrôles d’identité d’un genre nouveau. Les gazelles seront-elles verbalisées pour délit de fuite ? Les macaques trouveront-ils parmi eux un porte-parole crédible pour dénoncer les contrôles au faciès ? Paul Sugy conseille pourtant de prendre les antispécistes au sérieux.

Le jour où la loi proclamera l’égale dignité de l’être humain, du platane et de la limace, il se peut que les hommes hésitent un peu plus avant de donner un coup de scie inutile ou de piétiner ce qui rampe à leur pied. Il est plus probable, hélas, que les idéologues feront régner une nouvelle Terreur qui n’hésitera ni à marcher sur ses adversaires ni à leur couper la tête. Et tuer un boucher ne sera pas plus grave que de manger un steak.

Discrédit de la maternité

À l’idolâtrie de la nature hors de soi, l’écoféminisme, avons-nous dit, ajoute la haine de la nature en soi. De fait, Sandrine Rousseau s’est dite favorable au remboursement des opérations nécessaires à une transition de genre. Cela revient à considérer que les seins et le vagin sont des variables d’ajustement. Tant pis pour le lien, inné ou construit, entre la femme et la nature, mot qui, rappelons-le, renvoie étymologiquement à la naissance (« natus », né). Là encore, le grand écart règne : hors de soi, hommage à une Nature aux allures de déesse-mère du paganisme ; en soi, discrédit de la maternité qu’on préfère confier aux laboratoires par PMA interposée (ouverte même aux trans, promet Yannick Jadot).

Idolâtrie de la nature hors de soi ; haine de la nature en soi. « Vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne », écrivait Rousseau (pas Sandrine, Jean-Jacques). Vous êtes perdus aussi, si vous oubliez que la femme est plus digne d’amour que la marmotte et que la maternité gagne à ne pas être livrée à la technique. Qui sera la candidate de l’écoféminisme intégral ?

Tags:
Féminismeprésidentielle
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