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De l’île Maurice à Angers, le père de Gersigny croit en la fraternité universelle

Olivier de Gersigny prêtre île Maurice

Marthe Taillée

Depuis ce jour où Dieu a changé son regard, alors qu'Olivier a 18 ans, le prêtre puise sa force dans le Christ pour se faire frère universel.

Marthe Taillée - publié le 18/07/21

Le père Olivier de Gersigny est mauricien. Descendant de colons français, le prêtre du Chemin neuf a grandi dans un milieu aisé à l’île Maurice où la population est multiculturelle. Au cours d’une conversion radicale, son « regard a changé » sur les préjugés raciaux présents sur son île. Vicaire à Angers, il croit aujourd'hui que le Seigneur peut nous libérer des clivages.

En ce dimanche à la paroisse saint Jean-Paul II d’Angers, les cloches sonnent la fin de la messe. Familles angevines, chrétiens d’autres cultures ou personne seules : sur le parvis, le père Olivier de Gersigny prend des nouvelles de chacun. « Je suis attentif à faire du lien avec tout le monde », explique –avec un léger accent des îles– le prêtre trentenaire aux allures de rugbyman. Le souci de fraternité universelle, c’est le cheval de bataille de ce prêtre du Chemin neuf originaire de l’île Maurice. Un archipel de l’océan Indien aux habitants d’origines variées, notamment indienne et africaine.

Vicaire dans la paroisse angevine depuis un an, le père de Gersigny grandit à Maurice dans l’univers privilégié d’une famille chrétienne descendante de colons français. Il est bercé par les amitiés et le scoutisme. Et chaque dimanche, la messe au rythme du sega [danse d’origine africaine ndlr], la musique mauricienne l’accompagne.  « Il y avait beaucoup de monde. À Maurice, l’église est le lieu où on se rassemble », décrit le prêtre. Il reste très marqué par les clivages visibles, car sur l’île :« Les quartiers pauvres jouxtent les grandes maisons de familles aisées ». Cette réalité multiculturelle sera le terreau de sa mission.

Quitter une vie confortable

Tout s’éclaire un soir, à l’âge 18 ans. Arrivé en France pour les études, le Mauricien s’interroge sur le sens de son existence, qu’il souhaite « plus large » que la « petite bulle » de sa vie mauricienne confortable. Et se tourne vers Dieu. « Le Seigneur m’a rempli tout entier de son amour. Cette expérience spirituelle de quelques minutes m’a fait comprendre à quel point Il m’aime. Je lui ai dit “ma vie t’appartient, je veux vivre cet amour” ». Le père de Gersigny pendra le chemin du séminaire en France. Il reçoit le sacrement de l’ordre en 2017.

Dieu nous aide à voir un frère en celui qui est différent, parce que nous sommes tous créés par Lui, qui nous aime

Cet évènement lumineux, suivi de deux rencontres décisives avec des frères de sa communauté, lui ouvrent les yeux sur les préjugés raciaux et sociaux de l’île Maurice. Comme cette visite au pays après son ordination. Famille et amis étaient réunis pour une réception : parmi eux, quelques amis créoles. « Un seul est venu. Il était seul parmi la majorité de blancs alors que des gens de couleur étaient au service, il n’est pas resté », regrette le père de Gersigny, dont les parents ont pu ensuite rencontrer ces amis et « briser les bulles de séparation ».

La rencontre en vérité, indispensable pour « casser les barrières culturelles » ancrées depuis l’esclavage.  Mais pas facile sans le secours du Seigneur !  « Dieu nous aide à voir un frère en celui qui est différent, parce que nous sommes tous créés par Lui, qui nous aime » confie le prêtre. À ses yeux, le Christ lui a « ouvert un chemin de libération ».

Libération et pardon

« Ça m’a poussé vers la réconciliation et le dialogue en vérité », développe le père Olivier. Il puise des forces dans sa communauté qui est d’un grand soutien. « Le point fort du Chemin neuf est l’unité des chrétiens et des peuples, qui passe par la réconciliation et le pardon ».  D’ailleurs à Maurice, des groupes de discussion de différentes communautés voient le jour. Animés par un sociologue chrétien, ils abordent les questions de l’indifférence et du racisme. 

Aujourd’hui, le père de Gersigny tente de vivre la fraternité à chaque occasion, comme avec ces deux familles qu’il a préparées dernièrement au baptême : une famille africaine et une famille européenne. Il a essayé de « mettre tout le monde à l’aise ».

Il y a encore cette paroissienne de culture hispanique, parfois laissée un peu de côté quand les familles se retrouvent sur le parvis. « Je vais parler avec elle, en même temps je me dis “attention, il faut discuter avec tout le monde” », tempère le père Olivier qui regrette parfois de ne pas avoir été assez attentif à ses frères mauriciens quand il était jeune.

« Mais je suis en paix. Aujourd’hui la miséricorde a pris le dessus, le Seigneur m’a transformé. »

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