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Ma joie d’être prêtre depuis 25 ans

Un baptême célébré par le père Pierre Vivares.

Père Pierre Vivarès - Publié le 28/05/21

Ordonné en 1996, le père Pierre Vivarès partage sa joie d’être prêtre depuis 25 ans. Quand un adolescent se rend compte que servir apporte plus de joie que d’être servi, alors le Seigneur dispose de la bonne terre pour venir adresser un appel au plus haut service.

Le mois prochain, avec douze autres prêtres de Paris, nous fêterons nos 25 ans de sacerdoce. Nous avons été ordonnés prêtre par le cardinal Lustiger, en 1996, à Notre Dame de Paris, sous le pontificat de Jean Paul II. L’année suivante nous vivions les JMJ de Paris. L’évocation de ces noms et de ces lieux date une époque de l’Église en France et dans le monde et, à l’occasion de ce jubilé sacerdotal, il est important pour chacun d’entre nous de relire le ministère que nous avons vécu dans les différents lieux où nous avons été nommés au cours de ces années. 

Relire son ministère

Un prêtre fête ses anniversaires d’ordination comme des couples peuvent fêter leur anniversaire de mariage. Simplement, un prêtre le fête avec les communautés chrétiennes auxquelles il a été uni et dans le secret de son cœur avec le Seigneur auquel il a été consacré. Traditionnellement nous fêtons les dix ans, vingt-cinq ans et cinquante ans de sacerdoce, ce qui est peu fréquent. Ces longues plages de vie peuvent être relues de différentes manières, suivant les lieux, les moments, les événements personnels ou ecclésiaux, les rencontres marquantes et les découvertes vécues. Chacun aura sa manière de relire sa vie. 

La joie d’être prêtre trouve sa source dans la joie du service gratuit de l’Autre et l’autre.

Si le travail quotidien a incarné une mission à travers des célébrations de baptêmes, mariages, enterrements, célébrations, catéchèses, pèlerinages et autres actions du ministère, la consécration de notre vie au service de Dieu et de son Église a été le socle sur lequel tout cela a été bâti. En méditant cela, nous méditons aussi sur les vocations. Comment faire en sorte que des jeunes puissent répondre à l’appel que Dieu leur adresse ? Comment faire pour qu’ils puissent non seulement y répondre mais ne serait-ce que l’entendre ?

La joie du service gratuit

Ma joie d’être prêtre — et je ne m’avance pas trop en parlant aussi de cette joie au nom de mes douze frères en sacerdoce qui furent ordonnés avec moi — est souvent difficile à partager. Nous ne pouvons pas la réduire à des actions concrètes, ni à un état particulier, ni à une simple adéquation entre ce que nous sommes et ce que nous faisons. Elle est la joie de l’Évangile, traversée par le mystère de la Passion, au service du salut des hommes et de la louange du Père. Un point me paraît capital : cette joie trouve sa source dans la joie du service gratuit de l’Autre et l’autre. Si l’on réfléchit à la pastorale des vocations, il convient de se demander comment l’on permet à des jeunes de faire l’expérience de cette joie avant même de parler de vocations particulières. Les mouvements de jeunesse, le scoutisme en particulier, sont des écoles du service gratuit et du don. Quand un adolescent se rend compte que servir apporte plus de joie que d’être servi, quand le don de soi est reconnu comme plus nourrissant et pérenne que la conservation de son être ou de son confort, alors le Seigneur dispose de la bonne terre pour venir adresser un appel au plus haut service. 

L’ambiance générale est plus au « Chouchoutez-vous » qu’au « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »

Quand nos ancêtres mobilisés pour une guerre mondiale partaient comme un seul homme défendre la Patrie, l’évidence du service était en place. Ils ne se posaient guère la question de la conservation de leur être ou de leur confort : le don et l’oubli de soi pour le bien commun, le collectif était enraciné. Je me demande ce que donnerait aujourd’hui une mobilisation nationale pour une guerre auprès des plus jeunes… Nous avons perdu l’évidence de cette réalité humaine, et donc chrétienne, qui avait irrigué nos nations occidentales par des siècles de christianisme et qui informait encore ceux qui n’étaient pas ou plus chrétiens.

Les vocations, réponses à la tristesse

Le logiciel de nos sociétés a changé et ce qui est désormais premier est l’affirmation de son individualité ou le service de ses propres intérêts et de son confort, au détriment ou dans l’oubli des autres. Cela n’est pas vrai pour tous les jeunes, heureusement, et de nombreuses et belles générosités sont vécues par beaucoup, mais l’ambiance générale est plus au « Prends soin de toi », « Parce que je le vaux bien », « Chouchoutez-vous » qu’au « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir », « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». La tristesse de nos vieilles nations occidentales, marquée par la peur de l’accueil de la vie et de l’engagement, par le refus de la souffrance personnelle pour une plus grande cause, de ce doute permanent sur tout et tous vient de cet oubli de la source de la Joie et annoncer l’Évangile c’est aussi annoncer cette joie. 

Si nous croyons, comme chrétiens, que la joie profonde vient du don de soi, et nous le croyons aussi parce que nous l’avons expérimentée, alors il y a urgence pour la joie de notre monde de l’annoncer et de permettra à beaucoup de le vivre. Les vocations religieuses seront alors une conséquence d’une joie retrouvée à la suite de l’annonce de cette bonne nouvelle.

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