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Cette école qui apprend à se mettre au service de l’autre

Marzena Devoud - Publié le 19/05/21

Le bac pro souffre encore et toujours d'une image erronée auprès des parents soucieux de l’avenir de leur progéniture. Un bien mauvais procès pour une filière qui non seulement forme des milliers de jeunes chaque année à un emploi mais les aide aussi à s’épanouir en donnant un sens à leurs études. L’Ecole du service à la personne qui forme des jeunes à se mettre au service de l’autre en est un parfait exemple.

« Quand j’ai découvert l’existence de l’Ecole du service à la personne (l’ESP) ma fille Armelle était encore au collège. J’ai tout de suite eu la nette intuition que c’était l’école idéale pour elle. Depuis toute petite, elle semblait être la moins scolaire de mes enfants, tout en étant celle qui était la plus portée vers les autres. Elle aimait énormément rendre service. Dès que quelqu’un n’allait pas bien, elle avait besoin de s’en occuper. Et cet altruisme s’accompagne chez elle d’un grand sens pratique. Seulement, j’ai réalisé aussitôt que mon mari ne serait jamais d’accord pour que notre fille suive une filière professionnelle », confie Florence, la mère d’Armelle, à Aleteia. 

Florence est mère de sept enfants. Ils poursuivent tous des cursus classiques brillants : matheux ou littéraires. Difficile d’imaginer un parcours différent pour Armelle, la cinquième dans la fratrie. Pourquoi pas médecine par exemple ? « Faire un bac professionnel ? N’y penses même pas ». C’est ainsi que le père d’Armelle réagit lorsqu’il entend parler pour la première fois de l’ESP. Pourtant après un entretien avec la directrice de l’école, tout devient évident pour la jeune fille et ses parents : c’est sa voie. « Quand mon mari a vu les étincelles s’allumer dans les yeux d’Armelle, il n’avait plus de réticence, il lui a dit « oui ».

Et si Armelle est si épanouie et rayonnante, c’est parce qu’elle a pu faire cette école qui correspondait à sa vocation professionnelle, souligne sa mère, Florence Courtois.

« Je suis tellement heureuse qu’il ait fait tout ce cheminement, en acceptant un cursus différent pour notre fille, pas celui qu’il avait imaginé initialement pour elle. Je me souviens ce qu’il lui a dit à ce moment : « Maintenant, tu as le devoir d’excellence ! ». Il avait touché à l’essentiel : le désir d’Armelle d’exceller dans cette voie », explique Florence à Aleteia.

Armelle poursuit la filière professionnelle proposée par l’École du Service à la Personne (ESP), lycée professionnel privé hors contrat à La Garenne-Colombes (92) qui forme des jeunes filles aux métiers de la santé et du social. Et c’est ainsi qu’elle va réaliser sa vocation : rendre service aux autres. 

« Ma fille suit actuellement son stage de fin d’études aux Orphelins d’Auteuil et se prépare au métier d’éducatrice auprès des adolescents. Et si Armelle est si épanouie et rayonnante, c’est parce qu’elle a pu faire cette école qui correspondait à sa vocation professionnelle », souligne sa mère. « Voir d’abord les talents de l’enfant et ensuite trouver les structures adaptées pour l’aider à les faire développer, voilà, le rôle des parents », conclut-elle enthousiaste.

Le bac pro de l’ESP, une formation d’excellence

Le bac pro souffre en France d’une mauvaise image. « Contrairement au système anglo-saxon ou allemand, en France, il vaut mieux avoir un mauvais bac général qu’un bon bac pro… alors qu’en réalité, celui-ci peut être une formation d’excellence pour des élèves avides de concret », souligne Emmanuelle Vidal, directrice de l’ESP. « Il peut convenir parfaitement à ceux qui ont besoin de donner du sens palpable à leurs études, de mettre assez vite en pratique ce qu’ils ont appris en cours », poursuit-elle.

En effet, à l’ESP, les élèves font 25 semaines de stage réparties sur trois ans. Les jeunes découvrent ainsi différents milieux professionnels : crèches, écoles maternelles, Ephad, foyers d’accueil médicalisés… Ils touchent tous les secteurs, aussi bien la petite enfance que le handicap ou les personnes âgées. En plus d’acquérir une véritable expérience, toutes ces périodes de stage permettent de mûrir et de construire un vrai projet professionnel.

Savoir-faire et savoir-être

Après leur bac ASSP (Accompagnement, Soins, Services à la Personne), les élèves de l’ESP peuvent continuer leurs études dans différentes voies. Elles deviennent infirmières, aides-soignantes, auxiliaires de puériculture, éducatrices spécialisées ou de jeunes enfants, assistantes sociales, etc… et en pratique, elles le font ! Structure à taille humaine, l’établissement compte trois classes de dix élèves chacune, dans une démarche de suivi personnel et d’une réflexion plus profonde sur le sens de ce type de travail. Car il ne s’agit pas que du savoir-faire, mais aussi du savoir-être. Qu’y a-t-il en effet de plus valorisant que de se sentir utile auprès de ses patients, mais aussi au sein de son équipe ? 

C’est ce que confie Emmanuelle Vidal : « Lorsque les jeunes élèves se rendent compte qu’elles sont prises au sérieux, qu’elles ont des responsabilités, qu’elles peuvent apporter leur aide, elles ressentent alors une grande joie. Et c’est justement ce que l’ESP cherche à transmettre : cette joie à se mettre au service de l’autre ». 

En ce sens, l’enjeu de la formation est double : offrir à des jeunes filles les compétences nécessaires pour exercer un métier d’avenir qui les rendra heureuses, et en même temps, adjoindre à des personnes non autonomes des soignantes ou des assistantes qui ont appris à respecter leur dignité ».

La dignité de la personne au cœur de l’enseignement

Faire prendre conscience aux élèves de la dignité de la personne humaine dans son ensemble tient une place importante dans la formation inculquée à l’ESP. Pour Emmanuelle Vidal, « il est important que nos élèves réfléchissent à ce qu’est une personne humaine, aussi bien pour elles-mêmes que pour les personnes dont elles vont s’occuper. Elles vont travailler avec des personnes en perte d’autonomie ou non autonomes, il est donc fondamental qu’elles ne perdent jamais de vue qu’elles ont en face d’elles une personne humaine avec toute la dignité que cela suppose. C’est elle qui est au cœur de notre enseignement », souligne Emmanuelle Vidal en concluant ainsi : « Il s’agit de ce regard qui redonne la dignité. Celui que Philippe Pozzo di Borgo, qui a inspiré le film « Intouchables », résume ainsi : « En toute liberté, après mon accident, quand je ne voyais pas de sens à cette vie de souffrance et d’immobilité, j’aurais exigé l’euthanasie si on me l’avait proposée. En toute liberté, j’aurais cédé à la désespérance, si je n’avais pas lu, dans le regard de mes soignants et de mes proches, un profond respect de ma vie, dans l’état lamentable dans lequel j’étais. Leur considération fut la lumière qui m’a convaincu que ma propre dignité était intacte. Ce sont eux – et tous ceux qui m’aiment – qui m’ont donné le goût de vivre. »

Donner le goût de vivre, c’est justement la mission à laquelle est très attachée Laetitia, ancienne élève de l’ESP, dorénavant infirmière en Ehpad. Dans cette video elle fait part de son parcours à l’ESP et de ses études d’infirmière qui met la dignité de la personne au cœur de son travail :

Les prochaines portes ouvertes de l’établissement se déroulent le samedi 5 juin de 10h à 15h. Plus d’info sur esp-paris.fr

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