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Covid-19 : à l’approche du 15 août, paroisses et sanctuaires tentent de s’adapter

Messe du 15 août
La messe de l'Assomption de la Vierge, à Montalivet (Gironde).
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Sanctuaires mariaux, paroisses de centre-ville ou petites églises de campagnes… partout en France, l’incertitude est de mise au moment d’organiser la grande fête du 15 août. Certaines processions sont d’ores-et-déjà annulées. D’autres sont maintenues, au risque d’être interdites à tout moment par la préfecture.

« A priori, la procession est maintenue ». « Cela va dépendre de la préfecture ». « On a quand même prévu un plan B ». Quand on fait un tour de France des diocèses, des paroisses locales et des sanctuaires, un mot résume à lui tout seul le défi de l’organisation du 15 août cette année : l’incertitude. Temps fort de l’année liturgique, la fête de l’Assomption est généralement marquée par une forte affluence dans les églises. De nombreuses paroisses et sanctuaires organisent traditionnellement une grande procession mariale au début ou à la fin de la messe. Qu’en sera-t-il cette année ?

Suspendue à la décision de la préfecture

En théorie, rien n’empêche les fidèles de se rassembler s’ils respectent les règles sanitaires – port du masque et gel hydroalcoolique dans les églises, nombre adapté à la surface de l’édifice – et qu’ils sont moins de 5.000 en extérieur. Le décret gouvernemental du 10 juillet impose en effet « qu’aucun événement réunissant plus de 5.000 personnes ne peut se dérouler sur le territoire de la République jusqu’au 31 août 2020 ». Il revient cependant à la préfecture de chaque département d’interdire ou non un rassemblement, si le préfet estime qu’il présente un risque trop important. Ainsi, faut-il prendre le risque de maintenir une procession sachant qu’elle peut être interdite au dernier moment, ou alors l’annuler dès à présent ?

« Malheureusement, on sait que tout peut être annulé la veille. »

C’est tout le casse-tête des organisateurs, comme l’explique Frédéric Flandin, chargée de communication du diocèse de Marseille, où plus de 500 fidèles effectuent chaque année une grande marche vers Notre-Dame de la Garde le 14 août au soir, en présence de l’archevêque : « Nous avons déposé le dossier en préfecture et pour l’instant, nous maintenons l’évènement. Malheureusement, on sait que tout peut être annulé la veille. Donc on réfléchit à un plan B », explique-t-il à Aleteia.

Concrètement, le diocèse envisage de limiter la procession au clergé, et de la retransmettre sur YouTube. À Perpignan, où Mgr Norbert Turini doit célèbrer la messe à la très touristique station balnéaire des Barcarès, c’est sur le parvis de l’église que l’office pourrait être retransmise. La capacité d’accueil de Notre-Dame du Bon Secours est en effet aujourd’hui  limitée à 120 personnes contre 200 en temps normal.

De nombreuses bénédictions de bateaux reportées

Autre point d’interrogation : les traditionnelles bénédictions de bateaux et autres processions très courues par les estivants sur les villes côtières. « À Hermanville-sur-mer (Calvados), la bénédiction est déjà annulée », affirme à Aleteia le père François Quillet, curé de la paroisse Saint-Pierre-de-Côte-de-Nacre. Les fidèles pourront-ils se rabattre sur la commune voisine de Lyon-sur-Mer ? « Il est normalement prévu que j’aille déposer une gerbe en mer pour les péris de la mer, puis que je bénisse les bateaux. Mais je pense que ça va être annulé là aussi », souffle le père François Quillet. Même son de cloche à Ouistreham, où une procession était prévue depuis l’église Saint-Samson, jusqu’à la stèle du port pour les péris en mer. L’évènement est reporté en octobre… Contrairement à Saint Malo, en Bretagne, où la procession sur les remparts aura bien lieu, « sauf contre-indication de la préfecture ».

Dans les sanctuaires mariaux, effectifs réduits

Enfin, les grands sanctuaires mariaux, qui affichent habituellement complet autour du 15 août, ont bien prévu de marquer le coup cette année, mais avec des effectifs réduits. « Généralement, un 15 août, c’est 1.700 personnes. Cette année, nous allons décider avec la préfecture le nombre de pèlerins autorisés », affirme-t-on du côté de Notre-Dame du Laus, dans les Hautes-Alpes.

À Paray-le-Monial, où la Communauté de l’Emmanuel organise le Forum des jeunes sur cette période, la grande tente qui accueille tous les ans 5.000 personnes ne sera pas montée cette année. C’est dans le parc des chapelains, plus petit, que Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, célèbrera la messe. Une formule en plein air, qui permet de ne pas imposer le masque aux fidèles, lesquelles devront malgré tout se désinfecter les mains et respecter les règles de distanciation sociale. Si l’organisation est un peu différente des années précédentes, l’ambiance devrait rester festive, puisque 800 à 1.000 personnes sont attendues. Ici comme ailleurs, on assure que « l’esprit est le même ».