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Remaniement : découvrez le saint patron qui veille sur les hommes politiques

Thomas COEX / AFP / POOL

Jean Castex.

Thérèse Puppinck - Publié le 06/07/20

Le 6 juillet 1535, saint Thomas More était décapité à Londres. A l'heure du remaniement ministériel, l’occasion est double de revenir sur ce héros et martyr de la foi, canonisé en 1935, qui donna sa vie par fidélité à la justice au milieu de la lâcheté complice.

Les portraits que nous avons de Thomas More donnent l’impression d’un homme plutôt austère, mais il n’en était rien, bien au contraire. Il était débordant de vitalité et de bonne humeur, souvent même facétieux et taquin, préférant transmettre sa pensée de manière enjouée plutôt que sur un mode grave et compassé.

Fils d’un haut magistrat londonien, Thomas More fut l’une des plus grandes figures européennes de la première moitié du XVIe siècle. Véritable homme de son temps, c’est-à-dire humaniste complet, il était passionné par la vie ainsi que par le bouillonnement intellectuel et culturel dans lequel il vivait et auquel il a très largement participé. Il s’attacha particulièrement à donner à ses enfants, garçons et filles, une éducation intellectuelle et morale très approfondie, en leur faisant notamment étudier la philosophie.


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Juriste et membre du Parlement de Londres, Thomas More entama en 1509, avec l’avènement du roi Henry VIII, une brillante carrière politique qui dura plus de vingt ans. Le roi admirait l’esprit et l’intelligence de Thomas, il rechercha son amitié et le couvrit d’honneur. Il lui confia des postes de confiance, notamment d’ambassadeur extraordinaire lors de la négociation de traité de paix. Enfin, suprême distinction, Thomas fut promu lord-chancelier du royaume, personnalité politique la plus importante à l’époque.

THOMAS MORE
Public Domain

Travaillant toujours avec attention, probité et un grand sens de l’équité, le nouveau chancelier restait cependant prudent face à la versatilité du roi. En effet, un point de dissension entre les deux hommes ne tarda pas à apparaître. Henry VIII souhaitait faire annuler son mariage pour épouser Anne Boleyn. Face au refus du pape, il décida de rompre avec Rome et de s’affranchir de l’autorité pontificale, exigeant pour cela le soutien des grands du royaume. Thomas More, préférant obéir à Dieu plutôt qu’au roi, ne put suivre celui-ci dans le schisme naissant. Toutefois, afin de ne pas ajouter le désordre à l’injustice commise par le roi, Thomas présenta sa démission sans contester l’autorité royale, espérant simplement se retirer des affaires publiques pour mener une vie simple, entouré des siens. Cependant, Henry VIII ne supporta pas cette critique implicite des errements de sa vie privée et des conséquences religieuses qui s’en suivirent. Il fit alors condamner Thomas à mort pour trahison : la pendaison devait être suivie de l’éviscération et de l’écartèlement. Toutefois, le roi, par « faveur », commua cette sentence en décapitation, ce qui aurait inspiré à Thomas un dernier trait d’humour : « Dieu préserve mes amis de la même faveur ».

Fidèle à sa foi plutôt qu’au roi

Saint Thomas More a été mis à mort car il préféra rester fidèle à ses convictions plutôt que d’obéir aux ordres du roi. Sa conscience était suffisamment droite et éclairée par la raison et la foi pour lui donner la conviction et la force d’objecter à l’ordre gravement injuste du roi. En se sacrifiant, il obéissait à sa propre conscience et rendait ainsi librement témoignage de la Justice, qui demeure éternellement au-delà des lois de ce monde. Cette Justice se confond avec la Vérité et le Bien.


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Thomas n’agit pas par bravade ni par orgueil ; s’opposer au roi d’Angleterre le tourmente. Il respecte l’autorité du roi et ne souhaite pas troubler l’ordre social par sa désobéissance. Il fait même tout ce qui est en son pouvoir pour répondre au souhait du roi, mais il doit s’arrêter à la frontière, si difficile à trouver parfois, au-delà de laquelle il serait forcé à prendre une part active au mal que sa conscience réprouve. Thomas sait que sa conscience, c’est-à-dire cette faculté donnée par Dieu de reconnaître le juste et le bien, l’oblige à l’égard de lui-même, fut-ce au prix de l’héroïsme. C’est cette liberté morale qui fonde notre responsabilité. Il refuse dès lors tout compromis qui, certes, lui laisserait la vie sauve et le couvrirait d’honneurs, mais lui ferait perdre son bien le plus précieux et son amitié avec Dieu. Au fond de sa prison et sur l’échafaud, Thomas a pu dire : je suis un homme libre car je suis demeuré dans la justice, plutôt que de sombrer dans la servitude des ambitions, des peurs et des compromissions.

Saint patron des hommes politiques

La fidélité à la conscience n’est pas chose simple en toute circonstance ; plus encore à l’époque actuelle, relativiste, où l’on doute de sa capacité à connaître le Bien et le Juste. C’est l’une des raisons pour lesquelles, en 2000, le pape saint Jean-Paul II a proclamé Thomas More saint patron des responsables de gouvernements et des hommes politiques. Il leur donne en exemple la grande force morale avec laquelle Thomas mena son action politique, mais aussi sa détermination à suivre sa conscience, et son courage héroïque à quitter les honneurs de sa charge politique plutôt que de consentir au schisme d’Angleterre.

Au-delà des hommes politiques, Thomas More est un modèle d’intégrité et de cohérence morale pour tous les chrétiens, particulièrement les laïcs. En effet, il est l’exemple parfait de l’unité de vie si importante pour les fidèles laïcs qui doivent se sanctifier dans la vie ordinaire, sociale et professionnelle. Les différentes activités de la vie quotidienne ne doivent pas être un frein à la vie spirituelle ; au contraire, elles peuvent et doivent être une occasion d’union avec Dieu, de témoignage et d’accomplissement de Sa volonté.




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