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La guérison de Mayline, le miracle attribué à Pauline Jaricot

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Emmanuel Tran
Mayline, lors de sa communion.
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En 2012 Mayline, 3 ans et demi, s’est étouffée alors qu’elle mangeait une saucisse. Si le diagnostic des médecins est sans espoir – ils annoncent aux parents son décès imminent -, la petite fille guérie d’une manière surprenante, recouvrant progressivement toutes ses facultées. Alors que l’Eglise vient d’attribuer ce miracle à la vénérable Pauline Jaricot, ouvrant la voie à sa béatification prochaine, le père de Mayline revient pour Aleteia sur cet événement qui a bouleversé sa vie.

« C’est la douleur la plus violente que Nathalie, mon épouse, et moi-même ayons ressentie. C’est comme si on nous vidait de l’intérieur et que plus rien n’avait de sens et de saveur ». Cette période, Emmanuel, le père de Mayline, la jeune fille dont la guérison a été reconnue par l’Église comme un miracle attribué à Pauline Jaricot, ouvrant ainsi la voie à sa prochaine béatification, s’en souvient encore aujourd’hui avec une violente émotion.  Nous sommes en mai 2012. Âgée de seulement 3 ans et demi, la petite Mayline est victime d’un étouffement. À cause d’un mauvais transit de nourriture – un bout de saucisse s’étant coincé dans sa gorge -, l’enfant s’étouffe. « Son cœur s’est arrêté dans mes bras », se souvient Emmanuel, son père.

Les secours arrivent et tentent de faire repartir son cœur. La fillette, qui fait de nombreux arrêts cardiaques sur le trajet l’emmenant à l’hôpital est finalement diagnostiqué Glasgow 3. « On nous a annoncé que son état neurologique était irréversible et son décès imminent », reprend son père. Dans les jours qui suivent, les rendez-vous médicaux s’enchaînent et l’issue paraît inéluctable : la situation dans laquelle se trouve Mayline est sans espoir. « Après lui avoir fait passer un IRM les médecins nous ont dit que si elle ne mourrait pas maintenant, elle allait mourir dans les prochaines semaines ».

« On s’est rendu compte qu’elle n’était plus là, comme si quelqu’un avait éteint la lumière. »

Mayline ouvre bien les yeux dans les jours qui suivent l’accident. « Mais on s’est rendu compte qu’elle n’était plus là, comme si quelqu’un avait éteint la lumière », se remémore Emmanuel. « Avec ma femme nous nous sommes regardés et… ». Aucun mot n’est assez fort pour décrire ce sentiment « d’être vidé de tout, de ne plus rien ressentir », reprend le père de famille. Au même moment, c’est-à-dire à peu près quinze jours après l’accident, les parents d’élèves de l’école de Mayline décide de lancer, avec Mgr Barbarin, une neuvaine à la vénérable Pauline Jaricot. En effet le diocèse de Lyon dont elle est native célèbre le 150e anniversaire de la naissance de la vénérable Pauline Jaricot, qui a fait connaître à ses contemporains l’importance de la mission de l’Église dans le monde. La neuvaine se termine le 23 juin. À ce moment là, Mayline est dans le coma, sous assistance respiratoire et sous alimentation artificielle, « avec un traitement de stimulation du cœur qui a conduit à une embolie pulmonaire, avec des convulsions fortes dès qu’on arrêtait les traitements ». Les médecins se prononcent alors pour l’arrêt des soins. Mais les parents de la fillette souhaitent que Mayline continue à être alimenté artificiellement.

Début juillet, Mayline est transférée à Nice. Son père, restaurateur vient de changer de travail et toute la famille suit. Avant son transfert, la fillette reçoit le sacrement des malades « afin qu’elle puisse être accueillie le mieux possible par Dieu », souffle son papa. Bien qu’elle soit dans un état végétatif, avec une forte dégradation de son état cérébral, la petite fille supporte le trajet. Mais une fois à Nice, quand ils la revoient, ses parents ont l’impression que quelque chose a changé. « Nous étions en train de chercher un cercueil pour Mayline après ce que les médecins nous avaient dit », explique Emmanuel. « Mais en la revoyant à l’hôpital de Nice, nous avions l’impression qu’il y avait quelque chose de différent, comme si elle reprenait vie ».

Les médecins n’ont jamais pu nous expliquer ce qui se passait, ils ne nous ont pas donné de seuil de progression ni de limite à sa progression.

S’ils expliquent aux parents que l’état de Mayline a en effet évolué, les médecins niçois sont d’abord pessimistes. Écartant le diagnostic vital, ils prédisent une vie à l’état végétatif pour la jeune fille. Sauf que semaine après semaine, celle-ci « reprend finalement totalement vie. Elle est aujourd’hui en pleine santé, à la surprise du corps médical. Les médecins n’ont jamais pu nous expliquer ce qui se passait, ils ne nous ont pas donné de seuil de progression ni de limite à sa progression », détaille le père de Mayline. Fin 2012, Malyline peut finalement sortir de l’hôpital à l’approche des fêtes de Noël.

Emmanuel se souvient encore avec précision avoir croisé quelques jours plus tard le médecin qui soignait Mayline à l’hôpital : « C’était le 22 décembre en plein pendant les dernières courses de Noël. j’étais avec Mayline dans la rue quand on s’est croisé. Nous nous sommes salués et regardant Mayline je lui ai demandé de m’expliquer car je ne comprenais pas : on m’avait dit qu’elle allait mourir, qu’elle ne serait capable que d’ouvrir les yeux, qu’elle n’aurait aucune perception de son environnement… Pourtant elle était là, comme n’importe quelle fillette de son âge ! », résume-t-il. Le médecin lui a alors répondu : « Imaginez que vous êtes en voiture sur l’autoroute et que le moteur s’arrête, que vous n’avez plus d’essence. Impossible de la faire avancer n’est-ce pas ? Et bien Mayline c’est ça, sauf que la voiture a été rallumée ».

L’enquête sur la guérison

Mayline sauvée, ces parents sont convaincus de l’intervention de la vénérable Pauline Jaricot en faveur de la guérison de leur fille. « Aujourd’hui, je prie quotidiennement Dieu, Marie et Pauline Jaricot. Je ne demande plus rien dans mes prières, je remercie et je rends grâce », résume le père de Mayline.

Ce formidable témoignage est alors examiné lors d’une enquête diocésaine en 2019 avant d’être transmis à la Congrégation pour la cause des saints. Sa commission médicale valide le miracle de guérison comme étant un fait inexplicable. La commission de théologie certifie pour sa part l’intervention de la vénérable Pauline Jaricot sur la guérison.

L’intervention de celle qui aida à faire connaître et à répandre la mission de l’Église dans le monde, est un véritable signe que ses actions sont toujours bienfaitrices, même après sa mort. Ce miracle inexplicable aux yeux des hommes, l’est aux yeux de Dieu ainsi que pour tous ceux qui croient fermement en son intercession. Pauline Jaricot manifeste encore une fois au monde, et cette fois-ci à celui du XXIe siècle, que l’Église a plus que tout besoin de fidèles baptisés, de disciples-missionnaires, forts de leur foi et de la merveilleuse espérance qu’ils placent en Dieu.

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