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À Wuhan, ce missionnaire français invoqué en temps de pandémie

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Saint Jean-Gabriel Perboyre, premier saint canonisé en Chine, a été martyrisé dans la ville de Wuhan, en Chine, au XIXe. Pour le professeur Anthony Clark, historien et sinologue, le calvaire vécu par ce Français, mort étouffé, est sans aucun doute un soutien pour ceux qui souffrent du covid-19.

Près de deux siècles avant l’émergence du covid-19 en Chine, Jean-Gabriel Perboyre, jeune lazariste originaire du Lot, foulait le sol de l’Empire du milieu. Arrivé en 1835 à Macao, il entreprend alors un long voyage à pied et à cheval pour atteindre son lieu de mission : Ho Nan, puis Hou-Pé.

Bien que jalonnée de difficultés et de doutes, sa mission fut ardente mais très courte… Le 15 septembre 1839, un groupe armé se dirige vers la maison des missionnaires de Tcha-Yuen-Keou où il réside. Le prêtre se réfugie alors dans la forêt voisine, mais, trahi par l’un de ses proches, il est fait prisonnier. Traîné de ville en ville, il est violemment torturé, soumis à de multiples interrogatoires humiliants, avant d’être emprisonné durant un an. Dès lors, il sait quel sort l’attend. À un catéchiste venu le visiter en prison, il demande de rassurer les autres chrétiens de la mission : « Qu’ils aient confiance en Dieu. Moi je ne les reverrai plus, eux non plus ne me reverront pas, car certainement je serai condamné à mort. Mais je suis heureux de mourir pour le Christ ». 

Le 15 juillet 1840, le tribunal de la province de Hubei à Ou-Tchang-Fou finit en effet par le condamner. Accompagné par sept bandits, le missionnaire est conduit sur une haute montagne, tel le Christ. Là, dépouillé de sa tunique, il est lentement étranglé par ses bourreaux. Il rejoint alors le sort de l’un de ses aînés, François-Régis Clet, un autre prêtre lazariste, martyrisé 20 ans plus tôt dans cette même ville. 

En cette période de pandémie, la mort par strangulation des saints Jean-Gabriel Perboyre et François-Régis Clet revêt selon le professeur Anthony Clark, historien et sinologue, un sens particulier pour les croyants de Wuhan, cette ville martyre tristement connue comme l’épicentre du virus. Tous deux « sont morts parce qu’ils ne pouvaient plus respirer », confie-t-il à l’agence Catholic New Agency. « Comment ne pourraient-ils pas être les intercesseurs appropriés pour cette maladie ? »

La Chine : un rêve bien ancré

Selon Anthony Clark, Jean-Gabriel Perboyre, longuement torturé, a certainement connu les souffrances physiques de l’agonie et doit sans aucun doute être « un soutien pour ceux qui, aujourd’hui, souffrent du virus ». D’autant que le Français demeure l’une des figures les plus vénérées par les catholiques chinois de la région.

Avant de terminer ses jours par ce sacrifice, Jean-Gabriel Perboyre a souffert toute sa vie d’une santé très fragile sans jamais pour autant s’y résoudre. Très tôt, il rêve de s’envoler pour la Chine. « Priez pour que ma santé se fortifie et que je puisse aller en Chine afin d’y prêcher Jésus-Christ et de mourir pour lui », demande-t-il à ses séminaristes alors qu’il enseigne la théologie à Paris. 

Le jour où il apprend que son grand frère Louis part évangéliser dans ce pays, son désir s’en trouve renforcé. Mais Louis meurt avant d’avoir rejoint sa terre de mission. Jean-Gabriel supplie alors ses supérieurs et les médecins de s’y rendre. Pour lui, il s’agit ni plus ni moins d’achever l’œuvre commencée par son frère ! Sans doute, cette terre lui était destinée… À présent, les croyants de Wuhan l’invoquent pour soulager leurs souffrances.  

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