Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Dimanche 07 mars |
Saintes Perpétue et Félicité
home iconAu quotidien
line break icon

Covid-19 : que dire à un enfant lorsqu’un de ses proches est hospitalisé ?

UPSET CHILD

Shutterstock

Bénédicte de Saint-Germain - Publié le 17/04/20

Une personne proche de votre famille est à l’hôpital. Vous êtes inquiet pour sa santé et pour sa vie. Confiné avec vous, votre enfant ressent votre inquiétude, il se pose des questions. Comment lui en parler ?

Dire la vérité

Face à la maladie ou la mort, les parents ont souvent le désir de protéger leur enfant soit en se taisant, soit en minimisant la réalité. « Il est important au contraire de prononcer des mots vrais », explique Fanélie Robin, spécialisée dans l’accompagnement au deuil, écoutante sur les plateformes Family Phone et Mieux traverser le deuil. « Les parents peuvent montrer la réalité, dire que ce virus s’attaque aux personnes les plus âgées et les plus fragiles, dire aussi que certaines peuvent en mourir mais que beaucoup rentrent chez elles guéries. » Si des mots ne sont pas posés clairement sur la réalité, la peur peut s’installer et laisser place à tout type d’interprétation.

Expliquer

« Concernant le Covid-19, des éléments très concrets, voire un peu techniques ou scientifiques aident l’enfant à s’approprier les choses et à ne pas partir dans l’imaginaire, poursuit l’accompagnatrice. On peut lui dire par exemple ce qu’est un virus, comment il agit dans l’organisme, comment le corps se défend. A tout âge, les enfants, ont la capacité de comprendre le monde et la vie. En leur expliquant, montrons-leur que nous avons confiance en eux pour appréhender, même des choses difficiles. » Si vous avez besoin d’un support, vous pouvez par exemple regarder avec l’enfant les mini BD de Marguerite de Livron.

View this post on Instagram

A post shared by MDL – Illustration (@margueritedelivron)

Accueillir les questions de l’enfant

Marina Dyakonova

Souvent, les parents hésitent à parler de la maladie et de la mort avec leurs enfants car ces questions les déstabilisent. Pourtant, « montrer une ouverture et de l’attention par rapport à cette question n’oblige pas à détenir toutes les réponses », indique Josée Masson, auteur de Mort mais pas dans mon cœur, accompagner un jeune en deuil (DDB). L’essentiel est de ne pas laisser l’enfant seul avec ses craintes et ses questions et de chercher soi-même sa réponse. Si elle est incomplète, pourquoi ne pas indiquer simplement à l’enfant où on en est ? « Quand l’enfant pose une question complexe, le plus simple est de lui dire : ta question est importante et je vais essayer de te répondre, conseille la psychothérapeute Hélène Romano. Cela lui montre qu’il est important et crée un lien de confiance avec lui ». Cette confiance ne peut s’établir que dans la vérité.

Dire ses émotions

Suspendu au téléphone, vous attendez des nouvelles et en donnez à d’autres. Immanquablement, votre enfant perçoit votre état émotionnel. « Dans la mesure du possible, c’est important de trouver un moment pour dire la réalité de la situation et de ce que l’adulte ressent », explique Fanélie Robin. « On peut lui dire par exemple : je suis triste parce que ta grand-mère est à l’hôpital. Il est essentiel que l’enfant puisse être au courant, partager ce qui se passe dans la famille et suivre l’évolution d’une maladie qui pourrait mener à la mort. »

Proposer des gestes concrets

DZIEWCZYNKA RYSUJE
Evgeny Hmur | Shutterstock

En période de confinement, les visites à l’hôpital ou auprès de personnes malades du virus sont interdites. « S’il y a une possibilité de contact visio, c’est une chance », poursuit l’écoutante. « L’adulte peut encourager ou suggérer des initiatives comme dessiner, écrire un mot, nommer les personnes pendant la prière d’intercession, prier pour elles, etc. Ces gestes concrets sont des occasions de laisser l’enfant exprimer ses émotions et de partager avec lui. »

Sensibiliser à la maladie et la mort

Jusqu’ici la maladie et la mort étaient évacuées dans notre société de performance, croyant tout maîtriser. Aujourd’hui, la mort s’invite au quotidien. Les parents ne peuvent pas l’esquiver. « C’est d’autant plus important que si un décès arrive dans une famille en ce moment de confinement, il va être vécu à distance », remarque Fanélie Robin. « La famille ne pourra pas vivre les rites habituels et essentiels du deuil (voir la personne morte, participer à l’enterrement etc.). » Cette période où les familles sont rassemblées est un cadre favorable pour aborder avec l’enfant des questions difficiles comme la maladie et la mort. « Le meilleur endroit pour parler de la mort reste évidemment la maison familiale », indique Josée Masson. « Quoi de mieux pour un jeune que d’entendre parler de ce sujet par ses parents qui sont, généralement, l’incarnation de la sécurité ? »

Mieux vaut prévenir que guérir

Les enfants ne sont pas dans une bulle, ils captent ce que disent les médias, ne serait-ce qu’à travers leurs parents. « Cette pandémie et ce confinement sont difficiles à vivre pour tous. Plus l’enfant se sentira entouré et pourra parler des choses, mieux il franchira cet épisode », recommande Fanélie Robin. « Mais si les adultes sentent que l’enfant est trop perturbé, qu’il fait beaucoup de cauchemars par exemple, qu’ils n’hésitent pas à faire appel à un professionnel. »


CHILD

Lire aussi :
Comment accompagner un enfant en deuil ?




Lire aussi :
Dix idées pour créer un lien spirituel avec ceux qui sont loin

Tags:
CoronavirusEnfants
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
Rachel Molinatti
Irak : chaque matin, Sara, musulmane, va prier devant la Vierge d...
2
La rédaction d'Aleteia
EN DIRECT – En Irak, François dénonce « le terrorisme qui a...
3
Bérengère Dommaigné
Tibo InShape récidive avec une vidéo chez les sœurs de Boulaur
4
WEB2-IRAK-IMEDIA
Hugues Lefèvre
Les cinq choses à savoir sur le voyage du pape François en Irak
5
LA BONNE MORT
Père Nathanaël Pujos
Que se passe-t-il au moment de la mort ?
6
Ziggurat of Ur
Caroline Becker
Irak : la visite du Pape, véritable pèlerinage en Terre sainte
7
Guillaume et Dorota Andrieu
Marzena Devoud
« Notre challenge ? Faire découvrir aux fiancés que l’on do...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement