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La résurrection vous fait peur ? Il y a de quoi !

© Convento di San Marco
Fra Angelico, "La Résurrection"
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Dans son ouvrage intitulé « Résurrection, mode d’emploi » (Magnificat), Fabrice Hadjadj, philosophe et essayiste, pose un regard neuf et plein de finesse sur le mystère du Christ Ressuscité. De sa plume mordante, il aborde notamment les raisons qui pourraient pousser tout un chacun à avoir peur de la résurrection. Extrait.

« Il y a de quoi avoir peur. La résurrection est très embêtante non seulement pour les entrepreneurs de pompes funèbres mais aussi pour les veuves joyeuses et remariées, les héritiers qui se partagent le magot ou encore les assassins qui ont réussi à tourner la page. Quand Hérode apprend les guérisons opérées par Jésus, le voilà « fort perplexe, car certains disaient : C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts » (Lc 9, 7). On compatit volontiers à son inquiétude. Si les morts viennent à ressusciter, il y a de quoi être perplexe. Il n’est pas très agréable de croiser dans la rue une personne qu’on avait eu soin de décapiter l’avant-veille – et qui vous salue en soulevant sa tête avec son chapeau.

« Pour faire un bon ressuscité, il faut d’abord être bien mort. Mais, pour être bien mort, il faut d’abord bien vivre. »

De façon plus générale, la foi en la résurrection vient détruire deux croyances contraires mais chacune assez commode en son genre : celle en la simple immortalité de l’âme, et celle en la mort comme total anéantissement. L’anéantissement vous permet d’ensevelir avec vous tous vos crimes ignorés. L’exclusive immortalité spirituelle vous permet de dédaigner le corps d’ici-bas, et d’agréer la mort comme une sortie de prison. Ces deux échappatoires nous sont désormais défendues. Pour faire un bon ressuscité, il faut d’abord être bien mort (et d’une mort qui reste scandaleuse). Mais, pour être bien mort, il faut d’abord bien vivre.

Hérode l’avait pressenti : si l’on ne vit pas bien ici et maintenant, si l’on n’aime pas déjà son prochain, une résurrection générale risque de se passer assez mal pour un exterminateur consciencieux, puisqu’il serait obligé d’y côtoyer sa victime glorieuse (mais l’événement sera plus douloureux encore pour le riche et hautain philanthrope, condamné à rencontrer réellement des pauvres qui n’auront plus besoin de son argent). D’où cet avis mitigé du prophète Daniel (12, 2) : « Un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’éternelle opprobre ».

« Et voici qu’au lieu de partir directement au ciel, le Seigneur est là, il s’attarde et va même faire un peu de cuisine au feu de bois. »

Mais il y a encore autre chose. Si Jésus revient avec son corps et parmi nous, c’est qu’il peut être assez bon de vivre dans un corps et de se promener sur la terre. Jusqu’ici, les femmes pouvaient n’être que des pleureuses. Elles pouvaient reporter le moment de la joie dans un autre monde. Elles pouvaient se dire que ça ne serait bien qu’ailleurs, loin du quotidien, loin du ménage, dans un futur sans entrailles, où tout fonctionne sans heurt. Et voici qu’au lieu de partir directement au ciel, le Seigneur est là, il s’attarde, il emploie à nouveau les mots de tous les jours et va même faire un peu de cuisine au feu de bois. »

 

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Pour acheter Résurrection, mode d’emploi, Fabrice Hadjadj, Magnificat, février 2016, 14,50 euros.