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Trésor du grégorien : l’introït du Saint Nom de Jésus « In nómine Jésu »

Marie et l'enfant Jésus
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Rétablie par saint Jean Paul II, la fête du Saint-Nom-de-Jésus célèbre l’appellation du Sauveur qui délivrera son peuple du péché. L’introït du jour est une louange qui se termine en adoration.

C’est au jour de sa circoncision, selon la Loi de Moïse, que le Divin Enfant de Bethléem reçut le Nom de Jésus, le huitième jour après sa naissance. L’archange Gabriel le lui avait assigné à l’avance au jour de l’Annonciation : « Vous l’appellerez Jésus, car il délivrera son peuple de l’esclavage du péché. » La fête du Saint-Nom-de-Jésus a été accordée en 1530 aux Frères Mineurs et étendue à l’Église universelle en 1722 par Innocent XIII. Supprimée dans le missel de Paul VI, elle a été réintégrée par saint Jean Paul II en 2002 à la date du 3 janvier.

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« Que tout genou fléchisse »

Le texte de l’introït est tiré d’un passage célèbre de l’épître aux Philippiens (Ph 2, 10-11), où saint Paul présente à ses correspondants les abaissements et l’exaltation du Christ. Le Fils unique de Dieu, coéternel au Père, s’est incarné et s’est fait obéissant jusqu’à la mort sur la croix :

In nómine Iésu ómne génu flectátur, cæléstium, terréstrium et infernórum : et ómnis língua confiteátur, quía Dóminus Iésus Chrístus in glória est Déi Pátris. « Au nom de Jésus que tout genou fléchisse aux cieux, sur terre et dans les enfers, et que toute langue proclame que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père. »

Le verset choisi est le deuxième du psaume 8 : Dómine, Dóminus nóster, quam admirábile est nómen túum in univérsa térra ! « Seigneur notre Dieu, que votre nom est admirable par toute la terre ! »

Le sentiment fort d’une volonté

La mélodie et le texte sont empruntés à l’introït du Mercredi saint, avec quelques retouches. La première phrase est impérative. C’est une affirmation qui n’attend aucune réplique. L’intonation doit donc être bien lancée, vive et joyeuse, pour camper la mélodie sur la dominante. La reprise après l’astérisque prendra le mouvement alerte donné par l’intonation. La tristropha de genu doit être soutenue comme celle de infernorum, car elles expriment bien « le sentiment fort d’une volonté qui s’impose ». Flectátur sera abordé en douceur, pour se ménager un crescendo sur le groupe quilismatique qui correspond à l’accent latin. Le du sommet doit être bien arrondi et non piqué, avant de poser la cadence en douceur mais sans traîner. Si le mouvement doit toujours être soutenu, caeléstium sera chanté plus doucement afin de donner à la mélodie la possibilité de monter en intensité vers l’accent de infernórum. Il faut faire sentir la progression jusqu’à ce terme. Cela n’exclut pas de légères variations à l’intérieur du mouvement d’ensemble, par exemple sur le mélisme de –stri : la virga n’est pas forte, mais on peut redonner de l’intensité sur le groupe quilismatique. Cette formule mélodique en tension permet de conduire le phrasé au lieu de l’étouffer. La cadence de infernórum est conclusive : bien la marquer.

Vers l’intimité de Dieu

La deuxième phrase est une louange qui se termine en adoration. La commencer avec un bon mouvement ; mettre les ictus sur les syllabes accentuées. Le neume sur l’accent de confiteátur est à chanter de manière enveloppée, bien legato. Ne pas trop ralentir la cadence, mais repartir doucement sur quía. Les accents de Dóminus et Jésus sont au posé, mais il ne faut pas ralentir dans le passage syllabique, il faut avancer jusqu’à Chrístus. Une bonne diction suffit au phrasé, avec un crescendo sur Chrístus qui permettra de bien mettre en valeur ce passage et de garder l’allure du mouvement (même formule que sur terréstrium, mais cette fois la virga correspond à l’accent latin, elle est donc plus forte et plus ferme). Pas de coupure à la demi-barre, là encore une bonne diction suffit. Après un léger crescendo sur glória, la mélodie s’apaise et s’intériorise pour s’achever dans l’adoration sur Dei Patris : c’est l’intimité de Dieu.