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Célibataires : pour un Noël sans embûches

femme triste

© elenavolf - Shutterstock

Edifa - Publié le 14/12/19

Noël rime généralement avec famille et enfants. Ce qui n’est pas toujours facile à vivre pour les célibataires. Voici quelques idées pour passer un 25 décembre plus serein.

« Cette année, je vais fêter mon premier Noël seule avec mes parents », confie Cécile avec une pointe d’appréhension. À presque 30 ans, cette infirmière est désormais la seule célibataire au sein d’une fratrie de quatre. Jusqu’à l’an dernier, la maison familiale ne désemplissait pas autour du 25 décembre, « la seule occasion de l’année où nous étions tous ­réunis », se souvient la jeune femme. Mais cette fois, ses frères et sœurs fêteront Noël dans leurs belles-familles. Si Cécile n’en veut à personne et s’entend « très bien » avec ses parents, elle redoute quand même un peu cette période : « Je sens que je n’aborde pas cette fête comme d’habitude, dans la joie ».

Arthur, 35 ans, va plus loin. « L’approche de Noël me stresse chaque année un peu plus ! » Célibataire lui aussi, il vit difficilement les longs repas de fête où ses sœurs et ses beaux-frères « ne parlent que de leurs enfants ! J’ai beau m’intéresser à ce qu’ils vivent, à leurs soucis d’éducation, j’ai l’impression qu’il n’y a pas de réciprocité ». Cécile et Arthur appartiennent à cette génération de trentenaires célibataires qui n’ont pas choisi leur état de vie et le vivent parfois comme une souffrance. Souffrance de n’avoir pas été choisi par un autre, de n’avoir pas d’enfants, d’attendre une réponse à la lancinante question : « Seigneur, où me veux-tu ? » Difficile de ne pas se sentir en décalage par rapport au reste de la famille, dont les membres semblent, au fil des ans, avoir trouvé leur place. Et cela s’avère particulièrement pesant au moment de Noël.

« Notre fils célibataire nous a appris à accueillir l’autre »

Cette fête serait-elle l’apanage des familles ? Force est de constater que les images, les valeurs qu’elle véhicule, sont sans équivoque. « Noël évoque immédiatement le merveilleux et renvoie à l’enfance, explique la psychanalyste et psychothérapeute Geneviève de Taisne. Or quand on est célibataire, on n’est plus un enfant, et en même temps on n’a pas encore d’enfant ». Cette fête peut rappeler au célibataire – comme aux personnes veuves ou séparées, d’ailleurs – sa solitude. Pour Mgr Luc Ravel, évêque de Strasbourg et initiateur des mouvements Notre-Dame de l’Écoute pour les célibataires et personnes seules, de 35 à 50 ans, ces appréhensions révèlent simplement la vocation de l’homme, contenue dans cette parole de la Genèse : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ». Noël met donc en lumière « ce que l’Église affirme toujours : la famille est non seulement constitutive de la société, elle est structurante pour la personne, pour son bien-être et son épanouissement ».


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Traditionnellement, cette période est aussi une sorte de trêve, symbole de perfection et ­d’harmonie. Une vision « idéale » qui peut, selon Geneviève de Taisne, « renforcer les sentiments ­négatifs de la personne qui se sent laissée de côté ». Résultat : l’amertume n’est parfois pas bien loin. « Mes frères sont casés, et moi je donne l’impression de faire du surplace ! » confie Arthur. C’est pourquoi Noël peut réveiller des conflits, notamment les non-dits. Et d’abord ceux qui existent entre le célibataire et ses parents. « Ces non-dits seront ­ressentis de façon d’autant plus forte que le célibataire n’a pas la force du couple qui est de pouvoir se ­distancier des parents », analyse la psychanalyste. Un exemple ? Arthur sent que ses parents sont déçus qu’il ne soit pas marié : « Étant le seul fils de la famille, je crois qu’ils attendent beaucoup de moi… ».

Comment se sentir plus à l’aise ? Pour éviter un tête-à-tête avec ses parents quand ses sœurs sont dans leurs belles-familles, Diane, 37 ans, a suggéré il y a quelques années d’inviter des oncles et des tantes, ainsi que deux cousins célibataires. « Savoir dire les choses à ses parents est essentiel pour éviter de trop subir sa situation personnelle », rappelle Geneviève de Taisne. Initiative qui lui permet d’appréhender sereinement le déjeuner du 25 décembre. « Cela reste familial, sans être trop pesant », raconte-t-elle… bien qu’elle avoue quand même préférer les années où neveux et nièces envahissent la maison de ses parents : « C’est tellement vivant ! Je me réjouis à l’avance de les voir, je prépare des cadeaux pour chacun ». Bien sûr, avec neuf neveux et nièces, les conversations sont un peu accaparées par les questions éducatives, mais cela ne la gêne pas. « J’apprends des tas de choses, et puis nous avons des moments entre adultes où l’on parle d’autres sujets ». Surtout, la jeune femme sent que son avis compte, même pour des situations qu’elle n’a jamais vécues. « Le célibataire doit sentir qu’il est une personne à part entière, et que son état de vie ne l’empêche en rien de se sentir membre de sa famille », résume Geneviève de Taisne.

La psychanalyste va d’ailleurs plus loin et insiste sur le rôle particulier du célibataire au sein de sa famille : « Sa disponibilité, son regard différent, l’aide qu’il peut apporter, ses conseils » sont autant d’éléments qui, à Noël, se révèlent précieux. Au lieu de laisser s’envenimer certaines conversations de fin de repas comme dans le film La Bûche, pourquoi ne pas en profiter pour apporter des idées nouvelles et faire bouger les choses ? C’est ce qui s’est passé dans la famille de Véronique. Il y a trois ans, Rémi, son fils célibataire de 39 ans, a proposé de préparer une pièce de théâtre avec ses neveux : « Ils nous l’ont jouée le soir de Noël. Un moment inoubliable ! Et l’an dernier, il a emmené les plus grands visiter une de mes voisines le 25 au matin… » Dans sa famille, Rémi est vu comme « un révélateur du sens profond de Noël », selon les mots de sa mère : « Nous avons pris conscience que cette fête nous invitait à accueillir l’autre, à sortir un peu de notre cocon ». Le célibataire peut aussi prendre l’initiative d’une grande promenade, ou emmener neveux et nièces à la messe de minuit.


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Transformer Noël en petits moments de bonheur, voilà une bonne raison pour rejoindre la maison familiale. Mais « pas question de se forcer si cela fait trop mal », insistent en chœur Geneviève de Taisne et Mgr Ravel. Si une année Noël en famille paraît insupportable, la psychanalyste ­suggère de se poser la question suivante : « Qu’est-ce qui me ferait du bien ? » Dans tous les cas, « ­passer Noël seul n’est jamais la solution », estime Mgr Ravel, qui invite à réfléchir à d’autres façons de fêter la naissance du Christ : entre amis, avec ses voisins, dans une abbaye, ou encore en pèlerinage à ­l’étranger (voir l’encadré ci-dessus).

« Faites de l’Avent un temps privilégié de votre vie spirituelle »

Cela dit, pour aborder Noël dans la paix, l’essentiel n’est-il pas de se concentrer sur l’événement en lui-même ? Aude, 36 ans, se dit ainsi « très attachée » à la messe de minuit, qu’elle considère comme un « sommet de [sa] vie chrétienne ». Chaque année, elle ne rejoint donc sa famille que le 25 décembre à midi, laissant ses parents et ses frères et sœurs aller à la messe des familles. C’est en recentrant Noël sur le mystère qu’elle a dépassé « le vague à l’âme insupportable » qui l’envahissait chaque année dès le début de l’Avent. Mgr Ravel résume ainsi l’intuition d’Aude : « Du fait de leur solitude, les célibataires sont ramenés au cœur du mystère de Noël qui est d’abord de fêter la naissance du Seigneur ».

Mais pour vivre le mystère avant tout ce qui ­l’entoure, il y a évidemment une « démarche de purification à opérer », sans tomber pour autant dans un spiritualisme exacerbé. L’évêque aux Armées parle plutôt d’une « attitude équilibrée à trouver entre la survalorisation de la fête familiale et la focalisation sur la seule messe de Noël ». Lui, qui a accompagné des célibataires pendant de nombreuses années, invite à « préparer Noël afin de ne pas se laisser piéger » et à « faire de l’Avent un temps privilégié de sa vie spirituelle ».




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Mgr Ravel dresse d’ailleurs un parallèle entre l’attente vécue pendant l’Avent et celle que vivent les célibataires au quotidien : « Pour eux, l’espérance est une attente, mais elle n’est pas une perte de temps ni d’énergie. Ce moment n’est pas une parenthèse de vie, mais un lieu possible de croissance ». Par son attente, le célibataire est, selon Mgr Ravel, un signe pour les autres au milieu du monde : « Il rappelle à ses frères, sœurs ou amis mariés que notre vie à tous n’est pas aboutie dès lors que l’on a trouvé l’âme sœur ! » Noël peut donc se révéler comme un moment riche – voire salutaire – pour les célibataires : découvrir ou s’assurer que toute vie, même celle qui n’a pas encore trouvé son port d’attache, prend d’abord son sens dans le Christ. 

Anna Latron

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