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Une maison de retraite pour se sentir comme à la maison

Ehpad Saint-Barthélemy
© Ehpad Saint-Barthélemy
À Saint-Barthélemy, les équipes d'accompagnement ont à cœur que chacun puisse se sentir « comme à la maison ».
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À Marseille, l’Ehpad Saint-Barthélemy accueille des hommes et des femmes ayant traversé des situations de vie difficiles. Composé de cinq unités de vie, cet établissement qui ouvre ses portes aux plus défavorisés perpétue de façon originale la tradition d’accueil souhaitée par le fondateur de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu.

Près de 500 ans après la création de leur ordre en Espagne, les frères de Saint-Jean-de-Dieu ont essaimé dans le monde entier. Aujourd’hui, leur action envers les plus démunis continue de rayonner sur cinq continents. À Marseille, l’Ehpad Saint-Barthélemy (Ehpad = Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) témoigne par son fonctionnement singulier de cette attention aux plus fragiles voulue par saint Jean de Dieu, le fondateur de l’ordre. Au cœur d’un site arboré de sept hectares situé dans les quartiers nord de Marseille, il peut accueillir jusqu’à 245 personnes.

Ici, le public est varié, composé aussi bien d’anciens sans-abris que de personnes ayant des troubles cognitifs, d’anciens détenus ou des personnes présentant des pathologies psychiatriques. La structure compte cinq unités de vie pour accompagner au mieux les résidents selon leurs besoins. Leur point commun ? Ce sont des personnes sans ressources ou avec des revenus modestes. À l’origine, les frères acceptaient tous ceux qui se présentaient à eux. « Nous sommes les héritiers de cette tradition d’accueil des plus défavorisés et nous accueillons les plus pauvres des plus pauvres », explique David Morel, directeur adjoint depuis dix ans de cette structure créée en 1852. La singularité de cette maison de retraite est la prise en compte des besoins très spécifiques de ces personnes blessées par la rue.

« Ici, le résident est chez lui »

« Nous nous adaptons aux réalités des gens et nous essayons de nous familiariser avec leurs habitudes de vie. Ici, le résident est chez lui. Nous voulons être une structure collective qui impose le moins possible de règles et qui restreint au maximum la perte d’individualité ». Dans cet établissement pas comme les autres, le maître-mot est « comme à la maison ». Ainsi, Lucien lave et repasse régulièrement son linge, ainsi qu’il l’a demandé. De son côté, Freddy a l’habitude de s’occuper des ânes, poney, chevaux, biches et autres bestioles qui broutent dans le parc. Un peu plus loin, René et quelques autres s’affrontent à la pétanque quand l’occasion se présente, un sport qui a la cote dans ce coin de France.

Ehpad Saint-Barthélemy
© Ehpad Saint-Barthélemy
À Saint-Barthélemy, les temps festifs font partie des habitudes. On rit, on chante, on tape des mains.

Quant à Bernard, 71 ans, originaire de Castelnaudary (Aude), il fait partie des résidents travailleurs. Plus jeune, il a été CRS à Paris pendant sept ans, avant de retourner dans le Midi où il a travaillé dans le bâtiment. Il a rejoint Saint-Barthélemy il y a cinq ans après un grave accident. Chaque semaine, il donne un coup de main au salon de coiffure. L’apprenti coiffeur balaie, prépare les serviettes, monte chercher les résidents dans les étages, donne un coup de main pour les shampoings… Un job qui lui  permet de toucher un pécule de 70 euros à la fin du mois. « La coiffeuse, elle est malheureuse sans moi ! », s’exclame-t-il avec un bel accent du sud. « On s’engueule parfois mais on s’entend très bien tous les deux ». Connu comme le loup blanc grâce à son petit job, sa vie à l’Ehpad lui convient. « Parfois, l’ambiance est un peu électrique, mais dans l’ensemble cela se passe bien. J’ai mon frigidaire, mon micro-ondes, ma télévision, ma plaque de cuisson. Je vis ma vie ». 

Ehpad Saint-Barthélemy
© Ehpad Saint-Barthélemy
À Saint-Barthélemy, les résidents ont des parcours de vie variés, parfois très cabossés.

Chacun est accueilli tel qu’il est, chrétien ou non, et la messe est célébrée tous les jours dans la chapelle pour ceux qui le souhaitent. Six religieux, dont un prêtre, sont encore actifs dans l’établissement. Les grandes dates religieuses sont l’occasion de fêtes, de même que la kermesse de printemps, la braderie d’automne, la fête de Noël, la fête de la musique, celle de saint Jean de Dieu, le feu d’artifice de fin d’année… Les résidents aident à la préparation et ils ont un rôle et une mission. Comme à la maison. Le 9 février 2020, à l’occasion de la Journée mondiale des malades du 11 février, la messe célébrée à Saint-Barthélemy sera retransmise sur France 2 dans l’émission Le Jour du Seigneur.

Un « accompagnement atypique »

David Morel raconte l’histoire de ce résident qui avait passé plus de 50 ans dans la rue. Marginalisé, atteint de troubles psychiatriques majeurs, il s’était inventé une vie, racontant à qui voulait l’entendre qu’il avait été préfet, médecin, ou encore qu’il avait creusé des tunnels. « Nous n’avons jamais pu trouver son identité. Il a passé trois années chez nous et nous nous sommes complètement adaptés à ses habitudes », poursuit le directeur adjoint. L’homme souhaitant mourir dans la rue, il est reparti dans le centre-ville de Marseille. Ce sont donc les professionnels de l’établissement qui se sont déplacés à son chevet, prenant ses constantes et vérifiant qu’il allait bien. « Un accompagnement atypique », s’exclame David Morel. Il poursuit avec l’histoire de Zahia et Christian, 64 et 66 ans, qui se sont mariés en août 2019 au sein de l’Ehpad. « C’est nous qui avons publié les bans », s’esclaffe-t-il. « Nous les avons aidés à préparer les invitations et le banquet, nous les avons accompagnés à la mairie ». Le vin d’honneur a eu lieu sur place, avec une cinquantaine d’invités, tandis que les VIP ont poursuivi au restaurant. Bien sûr, les conflits sont là aussi. « Nous en avons tous les jours », sourit-il. « Mais la tension fait partie de la vie. Nous sommes à l’image de la société, tout simplement ». 

Lire aussi : « Se rendre proche de ceux qui souffrent », à l’école du pape François

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