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En Afrique, prier pour les défunts est une vieille tradition que perpétue Montligeon

Messe dans une église togolaise
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Comme chaque année à l’occasion de la fête de tous les saints, en Afrique, catholiques, chrétiens et même animistes se bousculeront dans les cimetières où de nombreuses messes seront dites le 1er novembre. Si prier pour les morts est une vieille pratique africaine, la fraternité Montligeon la perpétue au sein de l’Église, dans la plupart des pays francophones du continent.

Cotonou, Lomé, Abidjan, Ouagadougou, Douala Libreville… La fraternité Montligeon est présente dans une centaine de diocèses en Afrique subsaharienne francophone. Sa vocation ? Prier pour les défunts en général et les âmes du purgatoire en particulier. Pour le père Nazaire Mabanza, responsable Afrique de la fraternité, la prière pour les défunts est fondée sur un dogme, « celui de la communion des saints » et non sur « une hypothèse théologique ». Une vocation qui trouve un parfait écho sur le continent africain où prier pour les défunts est une pratique qui remonte à plusieurs millénaires depuis L’Égypte antique et qui est diversement pratiquée partout sur le continent.

De la tradition à la foi

Le jour le plus important pour les fidèles de cette fraternité internationale basée en France, est le 1er novembre. Quelques jours avant, elle organise des nettoyages dans les cimetières des diocèses où elle est présente. Une pratique là aussi ancienne en Afrique. « Il y a quelques décennies encore, en Afrique noire, on enterrait les morts dans les maisons pour qu’ils ne soient jamais trop loin », explique ainsi à Aleteia Lionel Ebo, journaliste béninois qui a consacré une série d’articles à « l’approche de la mort en Afrique au sud du Sahara ». « Une manière de les avoir à côté mais aussi de prendre soins de leurs tombes », ajoute-t-il .

Il en va de même pour la prière. « Un jour de l’année, on appelait leurs âmes et priait les ancêtres de les recevoir dans la le bonheur auprès d’eux », confirme-t-il. De vieilles pratiques qui rappellent la prière pour les défunts que l’Église célèbre à l’occasion de la Toussaint. « Dès le début de l’Église, les croyants ont affirmé que les morts qui attendent la claire vision de Dieu sont soulagés par nos prières et intercessions », reprend le père Mabanza. Comme le disait saint Jean Paul II, il est important de « prier pour les défunts car même s’ils sont morts dans l’amitié et la grâce de Dieu, ils ont peut-être encore besoin d’une dernière purification pour entrer dans la joie du ciel ». Cette approche a favorisé l’inculturation des rites funéraires en Afrique, un thème cher au pontife polonais. Cette proximité culturelle et historique entre l’Afrique et la prière pour les morts a contribué au succès que connaît la fraternité Montligeon en Afrique où elle est plus active que sur les trois autres continents (Asie, Europe, Amérique) où l’œuvre est présente.

Un sanctuaire « africain » en Normandie

« Priez et faites prier pour les défunts surtout ceux pour qui personne ne prie » insistait, au début de l’œuvre, l’abbé Paul-Joseph Buguet. Ce prêtre du diocèse de Séez profitera de sa nomination comme curé de Notre-Dame de Montligeon pour lancer la fraternité. Depuis 1887, des pèlerinages et prières pour les défunts s’y sont succèdent chaque année. Au milieu du XXe siècle, l’œuvre se fait rapidement connaître en France puis en Europe. Mais ces dernières années, l’Afrique a pris le relai, avec plus de « montligeonnais » que partout dans le monde, au point que, chaque année, plusieurs rencontres africaines se déroulent dans ce sanctuaire normand. « J’y étais et j’y ai rencontré plus d’Africains que de Français », confie Jeanne Kpatinvoh, membre active de la fraternité dans le diocèse d’Abomey au centre du Bénin.

Depuis plusieurs années, le père Mabanza qui est aussi docteur en théologie dogmatique, multiplie les conférences sur le thème de l’éternité et de la prière pour les morts afin « d’éviter des dérives dans la compréhension des fidèles ». Et comme il le fait chaque année à la veille de la Toussaint, ce prêtre d’origine congolaise qui enseigne l’anthropologie à l’université de Cocody (Abidjan), rappelle, à la suite du fondateur de la fraternité que « notre prière pour les défunts peut, non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur ».