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Ces expressions qui ont une origine chrétienne : « Être aux cent coups »

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Axelle Partaix - Publié le 23/08/19

Notre culture et notre langue française sont fortement influencées par nos racines chrétiennes. Découvrez ces expressions que nous utilisons souvent sans soupçonner qu’elles puisent leur origine dans la tradition religieuse. Aujourd’hui : « Être aux cent coups ».

Savez-vous que cette expression imagée est tout droit inspirée de la vie monastique ? Voilà qui peut paraître bien surprenant de prime abord quand on imagine combien la vie doit être calme et bien réglée dans une abbaye ! Ces fameux cent coups font en fait référence à des coups de cloche. Il était et il est toujours d’usage dans les monastères de rassembler les moines ou les moniales pour les temps communautaires (offices liturgiques, repas, chapitres) au son de la cloche. Ce « compte à rebours » permet aux religieux de mettre leur tâche en pause ou de la terminer rapidement avant de se retrouver dans l’église, au réfectoire ou dans la salle capitulaire. La règle de saint Benoît le stipule pour la prière, mais c’est également vrai pour les autres moments.


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« Au moment qu’on aura entendu le signal de l’Office divin, tous les Frères laisseront tout ce qu’ils peuvent avoir dans les mains, et partiront dans le moment, et avec toute la diligence possible, pour s’y trouver ». (Règle de saint Benoît, chapitre 43).

Ces appels au son de la cloche sont caractérisés par tout un rituel, identique pour l’essentiel dans toutes les communautés, mais avec des singularités propres à chacune.
Comme le développe pour Aleteia sœur Marie, bénédictine, « avant les grands offices (Laudes, Eucharistie, Vêpres), il y a deux séries d’appel : une première cloche sonne la fin du travail et les moines savent qu’il est temps de lever le pied ! Puis, entre dix et vingt minutes après, un « second coup » donne le signal du début de l’office. Les frères et les sœurs sont censés avoir cessé leur activité, le second coup est un recentrement communautaire du recueillement alors que la prière va commencer.




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À partir du Moyen Âge, la tradition veut que l’on égrène cent coups pour annoncer le début des Vêpres. L’allongement de ce signal en cent coups (aujourd’hui souvent réduits à vingt-cinq, parfois moins) marque la solennité de cet office de fin de journée et pourrait être une mesure de miséricorde : aucune excuse d’être en retard ! ».

Arriver aux cent coups — il serait plus juste de dire « arriver au centième coup » ! — c’est donc arriver à la dernière minute, parfois même essoufflé après avoir couru. L’image est ensuite passée à la vie profane, accentuant en même temps l’idée de stress et d’anxiété puisqu’elle a pris aussi le sens d’être affolé, de se faire beaucoup de soucis …

« Nous avons besoin d’un appel »

On est frappé, en lisant la Règle de saint Benoît, de l’importance donnée à toutes les prescriptions sur l’horaire et à l’exactitude. Il apparaît aussi que les retards, que ce soit à l’église ou au réfectoire, sont soumis à sanction, surtout lorsqu’ils sont répétés. L’objectif n’est pas tant de sanctionner le retard en lui-même, mais de faire prendre conscience de la portée de ce retard. En effet, offices et repas sont des moments de partage et de communion qui ont une vraie dimension spirituelle. Être en retard, surtout si cela se reproduit à plusieurs reprises, manifeste le mépris de cette communion fraternelle.




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Aujourd’hui, alors que nos clochers sont de plus en plus silencieux, cette expression nous rappelle également combien les cloches rythmaient la vie quotidienne. Entre le joyeux carillon des grandes fêtes, le triple refrain de l’Angelus, le glas des sépultures ou le sinistre tocsin, annonce de catastrophes, on pouvait facilement vivre sans montre ! « La cloche fait partie de la célébration, rappelle sœur Marie. Chaque religion a son appel à la prière et, plus largement, chaque groupe humain a son mode ou son temps de convocation. Nous avons besoin d’un appel, d’un rappel, qui prend, suivant les jours ou les moments de la vie, une tonalité joyeuse ou plus austère, mais qui nous sort de nos occupations, de nos routines…

La cloche qui sonne nous rappelle aussi, à nous, chrétiens, que nous ne nous convoquons pas nous-mêmes : un Autre nous précède et c’est Lui qui a dressé la table. N’arrivons pas au dernier tintement de la cloche ou du carillon, nous nous priverions du temps de la disponibilité !


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