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Kergonan : quand une sœur du ciel envoie une sœur sur Terre

Philippe Lissac / GODONG
Entrée de l'abbaye bénédictine Saint-Michel de Kergonan.
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C’est un scénario dont n’aurait pas voulu un producteur de cinéma le jugeant peu crédible, et pourtant ! Après une nuit d’orage, en juillet dernier, alors qu’une sœur de l’abbaye Saint-Michel de Kergonan (Morbihan) rendait l’âme à l’hôpital, une jeune femme demandait son entrée au noviciat.

L’abbaye Saint-Michel de Kergonan se trouve en Bretagne, près de Carnac, où les sœurs bénédictines sont installées depuis la fin du XIXe dans cette bâtisse bretonne superbe qui attire retraitants comme vacanciers l’été. Mais cela fait des années qu’aucune postulante ne s’est présentée pour vivre une vie contemplative selon la règle de saint Benoît. Les sœurs, plus ou moins vieillissantes, sont alors au nombre de 22, et prient chaque jour leurs offices dans la fidélité, le silence et l’espérance.

Une vie de prières et de services

Parmi elles, il y avait sœur Geneviève, 80 ans, entrée à l’abbaye Saint-Michel lorsqu’elle avait 35 ans. Sœur Geneviève est issue d’une famille très croyante qui va régulièrement voir Marthe Robin. Sur cinq enfants, trois sont entrés dans les ordres dont un frère, juste de l’autre côté de la clôture, chez les moines bénédictins à l’abbaye Sainte-Anne. Pourtant, elle n’entre « qu’à 35 ans comme novice car elle prenait son temps », nous confie la mère abbesse. La sœur Geneviève est fidèle, précise et soigneuse. Elle excelle à la lingerie et aux travaux de couture puis à la reliure durant sa longue vie monastique. Au poste de portière, elle marque les visiteurs qui n’hésitent pas à se confier spontanément à elle. Une vie de prière et de service où elle trouve sa place, parfois avec quelques plaintes ou inquiétudes sur les petits tracas du quotidien. Aussi, quand elle tombe malade en janvier 2018 et qu’elle doit subir une importante opération de la mâchoire à Nantes, les sœurs sont inquiètes pour son moral.

Avant de partir à l’hôpital, sœur Geneviève reçoit le sacrement des malades des mains du père abbé de l’abbaye voisine, secondé par frère Étienne, son propre frère. « Que Dieu vous donne de garder un visage joyeux et d’être un exemple pour tout ce qui vient », dit la prière d’oraison. La sœur ne le sait pas encore, mais elle ne reviendra plus dans sa communauté : elle va vivre ses six derniers mois entre une maison de repos et l’hôpital. « Elle est devenue drôle, courageuse, remontant le moral des visiteurs et de sa famille », médite dans la joie la mère abbesse, témoin de sa montée spirituelle. Avant de perdre la parole, sœur Geneviève confie à une sœur infirmière qu’elle priera « là-haut, pour les vocations et notamment celles de sa communauté ».

Clin d’œil du ciel

Voilà donc la nuit du 1er au 2 juillet 2018. Un orage terrible éclate sur l’abbaye Saint-Michel, faisant sauter le courant. Plus d’électricité ni de téléphone. Pas moyen de joindre les sœurs au petit matin pour leur annoncer le retour à Dieu de sœur Geneviève. Les infirmières dévouées finissent par trouver sur Internet le numéro de portable de la sœur hôtelière. Il est 9h quand elles arrivent enfin à la joindre, la sœur est à l’hôtellerie et apprend seule la nouvelle. À peine a-t-elle le temps de raccrocher pour aller prévenir la mère abbesse que son portable se met de nouveau à sonner. Fabienne, 35 ans, encore inconnue des sœurs, souhaite réfléchir à une entrée au noviciat ! La sœur hôtelière s’empresse cette fois de rejoindre la mère abbesse : « J’ai deux nouvelles pour vous, la sœur Geneviève est montée au ciel et elle nous envoie Fabienne ! »

Un an après ce clin d’œil du ciel, elles sont aujourd’hui deux postulantes à avoir rejoint les sœurs bénédictines. Ce n’est peut être pas encore assez, mais la mère abbesse est confiante. « Nous allons régulièrement prier sur la tombe de sœur Geneviève dans la clôture, même si elle prend son temps, nous comptons toujours bien sur elle ! »

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