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Le vivre-ensemble, grande cause nationale

FOULE RUE POPULATION
© Shutterstock
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Dans une France divisée, menacée par le cloisonnement des populations et l’opposition entre les communautés, l’habitat est un vecteur pour sortir de la fragmentation de la société.

Le « vivre-ensemble », du moins dans sa formulation, serait-il déjà usé ? Tel est le ressenti qui m’habita en refermant le livre de Jérôme Fourquet, L’Archipel français, naissance d’une nation multiple et divisée (Seuil). « Où allons-nous ? » s’interroge l’auteur, directeur du département opinion à l’IFOP. La fracture sociale est si prégnante que les divisions qui la nourrissent préparent, si nous n’y prenons garde, l’éviction des valeurs qui constituent le socle de notre démocratie, de notre République.

Le vivre-ensemble doit être revisité pour être mieux habité. Pour ce faire, la France doit se réconcilier avec elle-même, la nation avec ses cités, ses édiles et ses élites. Emmanuel Todd dit que, pour la première fois, les « éduqués supérieurs » — près de 30% de la population — peuvent vivre entre eux : ils produisent et consomment leur propre culture. La sécession des élus crée un fossé qui s’élargit de par leur incompréhension avec la « France d’en bas ». L’image symbolique de la cordée n’est-elle pas le possible signe d’un vivre-ensemble, à la réserve près que tous montent vers des cimes ? Le drame — et cela explique les manifestations récurrentes des Gilets jaunes c’est que la société est « en panne » pour les plus fragiles.

La menace de la partition

Au regard de cette situation, comment « faire société » ? Trop de divisions brisent le référentiel culturel commun qui offrait à la Nation son caractère indivisible. « L’archipelisation » de la société, spectaculaire, rapide et inquiétante, appelle un faire-ensemble pour plus de mixité et par là-même d’ouverture. Les différences perçues comme un risque deviennent une richesse quand elles sont appréhendées comme une invitation à l’échange.

Ne soyons naturellement pas naïfs, il y a des situations qui créent des fossés qui ne sauraient être supportés, notamment l’économie souterraine mettant des territoires sous la loi des narcotrafiquants et des islamistes. Le président François Hollande, dans son livre interview Un président ne devrait pas dire ça (Stock), s’interrogeait sur la « partition » que connaît la France. Gérard Collomb, lorsqu’il quitta le ministère de l’Intérieur, eut cette formule : « Aujourd’hui, les Français vivent côte à côte ; demain ils pourraient vivre face à face. » L’heure est de faire face pour qu’un tel drame soit évité.

La solution par l’habitat

L’habitat est un vecteur pour sortir de cette fragmentation de la société que trop de logements entretiennent et développent, tant ils crient et créent la misère sociale. Lors du Grand Débat, il a été demandé que les dépenses liées au logement diminuent pour réduire la pression fiscale. Certes, toutes les transformations ne passent pas par l’impôt, mais la Nation, au regard de l’émiettement constaté, ne saurait différer l’économie d’un lourd investissement pour faire de la mixité sociale une grande cause nationale ; il en va de son avenir.

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