
Quand la crise sanitaire révèle les ressources morales du peuple d’en-bas
La crise sanitaire révèle une France profonde et laborieuse, qui ne ménage pas sa peine pour sauver la situation. Sans le courage des humbles, rien ne sera possible.

À l’origine des premières lois sociales en France, les catholiques se sont souvent divisés politiquement. Face au délitement de la société, ils peuvent retrouver une certaine unité d’action aux avant-postes de la nouvelle question sociale.

Marcheurs "pour le climat", Gilets jaunes ou marcheurs pour la vie, les Français défilent chacun pour leur cause en ordre dispersé, quand ils ne se détestent pas cordialement. La lutte pour l'environnement, pour la justice sociale et pour le respect de la vie ne devrait-elle pas participer du même mouvement ?

Le vice-président de l’ONG Enfants du Mékong analyse la vision du monde véhiculée selon lui par le pacte de Marrakech, visant à développer l’immigration aux dépens des migrants eux-mêmes et de leurs propres pays. D’après lui, l’exemple d’ONG courageuses montre qu’il est possible de renverser la logique des politique migratoires, en mettant la priorité sur l’éducation et l’investissement économique dans les pays de départ. Si des dispositifs existent en matière de coopération par exemple, la volonté politique manque clairement pour qu’ils donnent leur pleine mesure.

Alors que le mouvement des Gilets jaunes s’inscrit dans la durée en France, le gouvernement a choisi d’y répondre par un grand débat national. Renouant avec sa vocation, l’Église catholique, par la voix de ses diocèses, encourage la tenue de débats, d’échanges et de rencontres. Les premiers ce sont tenus ces derniers jours.

La crise des Gilets jaunes révèle un mécontentement profond sur la manière dont les Français sont structurellement gouvernés et administrés. L’enseignement de la doctrine sociale de l’Église sur le principe de subsidiarité pourrait aider la société à se reconstruire.

Le Grand débat lancé par Emmanuel Macron n’aura de pertinence que s'il parvient à dépasser les revendications matérielles et individuelles des uns et des autres. Sa résolution passera par une élévation des consciences et une réappropriation collective des conditions nécessaires à la vie commune. La prochaine révision des lois de bioéthique permettra d'apprécier si les leçons ont été tirées et si les structures de la communauté humaine sont consolidées ou plus dissoutes encore.

La formule du « grand débat » est par elle-même un aveu d’échec de la politique française, et de toutes ses réformes depuis quarante ans. La désacralisation du pouvoir a cassé le principe même du service des institutions à l’écoute des citoyens. Pour autant, le débat est toujours utile et les catholiques peuvent y porter une parole originale, pouvant aider à retisser les liens sociaux.

Annoncé depuis plusieurs semaines, le grand débat national démarre ce mardi 15 janvier. Modalités, thématiques abordées, participation… Découvrez comment il doit s'organiser.

Vingt intellectuels catholiques ont co-signé une tribune publiée dans La Vie intitulée "Appel pour un nouveau catholicisme social". Sur fond de crise des Gilets jaunes, Guillaume de Prémare, l’un des initiateurs du projet, y voit pour l’Église et les chrétiens une occasion de "renouer avec leur vocation".

Au lendemain de l'"acte VIII" des gilets jaunes, une dizaine de personnalités catholiques a choisi l'Epiphanie pour lancer un "appel pour la justice et la paix". Dans un court texte, ils assurent avoir « perçu une profonde détresse humaine et spirituelle » dans le mouvement des gilets jaunes et appellent le gouvernement à l’écoute. Ils interpellent aussi « plus particulièrement le peuple chrétien à concourir à ces efforts par le jeûne, la prière et l’action ».

Curé de la paroisse Bienheureux Marcel-Callo en Denaisis (diocèse de Cambrai), le père Joseph Nurchi va célébrer la messe de Noël sur un rond-point… avec les Gilets jaunes.

Une société bloquée, un pouvoir paralysé, une violence irrépressible : les symptômes de la crise des Gilets jaunes révèlent un monde désespéré. Ce désespoir est aussi un appel : la vie est possible autrement quand on sait lui retrouver son sens.

Le mouvement des Gilets jaunes milite pour le recours à la démocratie directe, à travers plusieurs formules parfois intéressantes, mais au réalisme souvent discutable. Surtout, il fait l’impasse sur les corps intermédiaires qui structurent naturellement les sociétés libres.

Tandis que le gouvernement a appelé les "gilets jaunes" à "être raisonnables" et à renoncer à leurs manifestations samedi, l’acte 5 de cette mobilisation interroge sur la tentation de certains à tirer de la rue ce qu’ils n’ont pas obtenu des urnes.

Dans un contexte de consensus impossible sur le diagnostic et la lutte contre les effets de la crise climatique, les débats s’ouvrent sur la dimension sociale de la transition énergétique.

Dans un « appel aux catholiques de France et à nos concitoyens » diffusé ce 11 décembre, l’épiscopat français invite chacun à participer à la création de groupes "d’échanges et de propositions". "Sans se substituer aux politiques, l’Église offre un espace pour faire grandir la fraternité", affirme le document.

Au lendemain de la signature du "Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières", sous l’égide de l’ONU, Jean-Paul Bolufer livre une lecture critique des bienfaits de la mondialisation à la lumière de l’anthropologie chrétienne. D’un point de vue chrétien, dit-il, il faudrait "tordre le cou" à cette idée reçue d’une économie-monde, d’une immigration inéluctable et d’une culture mondiale bienfaisantes et pacificatrices, dont l’ONU serait le régulateur.




