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Parents solos : et si vous faisiez de vos vacances un vrai moment de détente ?

Kumer | Getty Images/iStockphoto

Mathilde de Robien - Publié le 08/07/19

Les familles monoparentales sont loin d’être une exception. Veufs, séparés ou divorcés, ils sont près de deux millions, en France, à devoir gérer seuls l’éducation de leurs enfants, leur vie professionnelle et tous les petits tracas du quotidien. Difficile, dans ce contexte, de trouver du temps pour soi, d’entretenir des amitiés ou de faire de nouvelles rencontres. Pistes pour y remédier.

Le nombre de célibataires avec enfants explose. Alors que les familles monoparentales ne représentaient qu’une famille sur dix en 1990, elles sont désormais plus d’une famille sur cinq (23%), selon l’Insee. Au total, la France compte 1,8 million de parents solos, dont 85 % sont des mères. Leur quotidien n’est pas toujours facile. Aux éventuelles difficultés financières viennent s’ajouter un rythme effréné qui ne laisse pas beaucoup de place à la détente. Sans compter une solitude parfois dure à supporter et l’angoisse de l’avenir. Comment retrouver malgré tout des sources d’épanouissement ? Comment dépasser ces obstacles pour renouer avec le bonheur ?

Parents solos, parents pauvres de l’Église et de la société

« Dans l’Église, il existe plein de choses pour les parents, des choses pour les célibataires, mais très peu de choses pour les parents célibataires ! », regrette Claire Lesegretain, grand reporter à La Croix, auteur du livre Être ou ne pas être célibataire (Saint Paul) et animatrice de sessions pour célibataires chrétiens. Bien que certains mouvements s’ouvrent progressivement aux parents solos, ils étaient jusqu’à présent assez mal lotis, souffrant parfois d’un regard social discriminant, tout simplement parce qu’ils n’entrent pas dans les clous.


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Pourtant, une souffrance profonde demeure parfois au sein de ces familles. Une souffrance bien souvent enfouie tout au fond du cœur du père ou de la mère, une souffrance qui ne peut pas se dire tellement est grande la responsabilité qui lui pèse sur les épaules, et qui ne lui laisse pas d’autre choix que celui d’aller de l’avant. Aurélie Michel, maman solo dès la naissance de sa fille et fondatrice d’un groupe de paroles pour mères célibataires, témoigne que beaucoup d’entre elles souffrent de ce désir inassouvi et déçu de fonder une famille. La première clé, selon elle, réside dans l’écoute. « Dans le groupe », dit-elle, « nous sommes d’abord des oreilles et on s’écoute ». Bonne nouvelle ! Nul besoin d’être parent solo pour se mettre à leur écoute !

Des obstacles pour créer des liens

D’une part, l’Église et la société ne se tournent pas naturellement vers les parents solos, et d’autre part, nombreux sont les obstacles sur leur chemin. C’est tout d’abord une question de temps : entre le travail, les transports, les enfants, il n’y a guère de place pour caser quelques heures pour soi. Une question d’argent : près de quatre familles monoparentales sur dix vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Aurélie Michel souligne que prendre une baby-sitter pour sortir n’est pas toujours envisageable. D’où une entraide nécessaire avec les familles, les amis et les proches.


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Plus intimement, il y a chez certaines mamans solos ce désir de fusion avec l’enfant qui fait qu’elles n’ont pas envie de s’en séparer, même pour quelques heures de détente. Cependant, Aurélie Michel alerte sur ce risque de « faire couple » avec l’enfant. C’est lui faire porter une responsabilité qui n’a pas lieu d’être. Et puis « une mère a aussi une vie de femme ! Nous sommes faits pour être en relation avec les autres ! », s’exclame-t-elle. Cependant, il existe un dernier obstacle, et pas des moindres : le rétropédalage, effectué par certains admirateurs lorsqu’ils apprennent que la femme qu’ils draguent depuis une heure a deux enfants…

Avec ça, comment faire pour être heureux ?

Le tout premier travail à effectuer, selon Claire Lesegretain, est un travail sur soi : réussir à dire sa propre histoire, sans honte. Sans quoi tout reste douloureux : chaque événement de la vie (un mariage, une naissance…) donne comme un coup de griffe sur une blessure originelle non guérie. « Sortir de la victimisation et assumer pleinement son statut de père ou de mère célibataire est un premier pas ». Une mère de famille dont le mari l’a quittée témoigne des difficultés, dans les premiers temps, de sortir et d’accepter des invitations à dîner. « Je ne restais en général que quelques minutes avant d’avoir une crise d’angoisse et d’être obligée de partir en plein milieu de l’apéro ou de l’entrée. Maintenant que je suis plus apaisée, je sors à nouveau au même rythme qu’avant le départ de mon mari. Je ne ressens pas d’envie, ni de tristesse face aux autres couples, juste la joie de sortir ! »




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Pour Claire Lesegretain, toute situation subie donne lieu à deux attitudes : soit je suis en colère, contre Dieu et la terre entière, soit je la dépasse et je l’accepte, en me disant que c’est cette vie-là qui m’est donnée et que je peux en faire quelque chose de très beau et de fécond. Comme par exemple élever un enfant du mieux que je peux, ça c’est une mission qui donne du sens à une vie. ll ne s’agit pas de résignation, précise-t-elle, mais de l’acceptation active d’une situation qui n’était pas prévue au départ, et à laquelle on va donner un sens pour être heureux malgré tout. Cela demande un travail de pacification, d’humilité aussi : savoir accueillir sa fragilité.

Ensuite, il est nécessaire de se donner les moyens d’accepter les opportunités d’échanges, de rencontres, d’entraide. Il peut s’avérer riche et apaisant de rencontrer des personnes dans la même situation. Raison pour laquelle Theotokos organise un séjour de vacances pour parents solos avec des enfants de 6 à 17 ans, du 17 au 24 août à Val Cenis, dans le parc de la Vanoise, en pension complète, demi-pension ou location seule. Au programme : balades en montagne, visite d’une fromagerie, parapente, club enfants, jeux sportifs… Un temps pour souffler, se reposer et partager entre familles vivant le même quotidien. Enfin, tout célibataire qui se sent appelé à fonder une famille est invité à entrer dans l’espérance. « La personne célibataire vit pleinement la vertu d’espérance, une des trois vertus théologales », souligne Claire Lesegretain. Pas seulement l’espérance de trouver un conjoint, mais dans un sens plus large, « l’espérance de la lumière ».

En partenariat avec Theotokos

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