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Quand des missionnaires français façonnaient des générations de prêtres en Terre Sainte

Bethléem

© Hanan Isachar | Ref : 254 - Godong

Vue de Bethleem

Claire Guigou - Oeuvres Pontificales Missionnaires - Publié le 13/06/19

Aujourd’hui, le mot "mission" évoque davantage l'Amérique latine ou l'Afrique. Pourtant, la Terre Sainte et ses étendues désertiques a elle-aussi été marquée par la présence de missionnaires. Pendant plus de 40 ans, les Pères de Bétharram ont ainsi formé des chapelets de prêtres près de Bethléem.

S’il est un accessoire que Mgr Maroun Lahham n’oublie jamais de porter en hiver, c’est bien son béret basque. Le lien entre cet évêque émérite palestinien et le sud de la France n’a pourtant rien d’évident. Ce couvre-chef est un cadeau de son ancien professeur du séminaire en Palestine. Un basque au caractère bien trempé… Dans un français impeccable, Mgr Maroun Lahham ne manque pas d’éloges pour ses anciens enseignants, les Pères de Bétharram. Grâce à ces missionnaires français, il a bénéficié d’une solide formation en théologie, en philosophie mais aussi… en français !

Au séminaire de Beit Jala près de Bethléem, ces missionnaires ont formé à la baguette des centaines de séminaristes, envoyés ensuite en Israël, Palestine et Jordanie. Aujourd’hui encore, nombreux sont les hauts prélats arabes qui se souviennent avec émotion de l’époque des Pères de Bétharram. L’actuel Vicaire patriarcal pour la Jordanie, Mgr William Shomali, en est un bon exemple.

L’esprit français marque la Terre Sainte

De ces années à côtoyer les Français, les prélats arabes ont gardé d’abord un amour inconditionnel pour la langue de Molière. Dans leurs souvenirs, les vers de du Bellay se mêlent aux chansons populaires que les missionnaires aimaient siffloter. Mais ils ont aussi acquis une discipline de fer et une droiture d’esprit sans faille. Sans doute le fruit d’un enseignement à la fois thomiste, aristotélicien mais aussi cartésien. Dotés de ce bagage occidental, et nourris de ces grands auteurs, ils n’en n’ont pas pour autant oublié leurs racines orientales. Pour eux, cette double culture est un véritable atout : une subtile alliance entre l’esprit français et la générosité à l’orientale.




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Mais la formation de ces prêtres arabes par des missionnaires français n’aurait pas été possible sans une… Palestinienne justement. Sainte Maryam, récemment canonisée par le pape François, est bien à l’origine de ce lien entre la France et la Palestine. C’est grâce à cette petite religieuse, providentiellement établie à Pau, que les Pères de Bétharram seront l’une des premières communautés à gagner la Terre Sainte. Carmélite, Maryam Bouardy , surnommée « la petite arabe », était une grande mystique. Suite à une vision, elle plaide pour le départ des bétharramites à Bethléem. Pour elle, il s’agit de la volonté du Seigneur.

C’est ainsi que certains missionnaires de cette communauté issue de Lourdes se sont retrouvés soudainement à enseigner la théologie à de jeunes arabes ! Et dire qu’à l’origine, leur fondateur, saint Michel Garicoïts, souhaitait plutôt évangéliser la France… Bras droit de l’Église latine pendant 40 ans, les visages de ces missionnaires français resteront à jamais gravés dans les esprits de nombreux prélats. Et s’ils n’enseignent plus au séminaire de Beit Jala, leurs chansons populaires continueront de bercer les nouvelles générations de séminaristes. Comme un bel hommage posthume à ces vies toutes données à la mission.

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Eglise en missionmissionpalestineTerre sainteVatican
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