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Saints patrons et traditions militaires font débat à l’Assemblée

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Fête de la sainte Barbe chez les sapeurs pompiers, le 4 décembre 2018.
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Deux députés chargés de présenter un rapport parlementaire sur l’état des lieux des dispositifs de lutte contre les discriminations au sein des armées ont créé un vif débat le 27 mars dernier au sein de la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale. En cause : les traditions et les fêtes patronales présentes au sein des armées.

Saint-Michel et Sainte-Barbe seront-ils bientôt bannis des régiments de parachutistes, d’artilleurs et de sapeurs ? Rapporteurs de la mission d’information sur l’évaluation des dispositifs de lutte contre les discriminations au sein des forces armées, les députés Christophe Lejeune (LREM) et Bastien Lachaud (LFI) se sont interrogés le 27 mars dernier en commission à l’Assemblée nationale sur le fait que ces saints de l’Église catholique soient « fêtés » dans les armées et qu’une messe soit proposée à ces occasions.

« En premier lieu, nous croyons utiles de veiller à un strict respect de la neutralité. La laïcité et la neutralité prémunissent de tout mélange des genres préjudiciable à la cohésion. La chance des militaires, c’est précisément de pouvoir s’appuyer sur des règles déontologiques et une discipline éprouvée », a commencé par affirmer le député Bastien Lachaud. Avant d’ajouter : « Une meilleure séparation entre les activités religieuses et les activités de cohésion doit notamment être assurée. Les moyens généraux sont en effet trop souvent utilisés pour envoyer des invitations à des cérémonies catholiques. »

« C’est un corps qui se réunit autour d’une tradition »

Relayé par le journaliste de défense Laurent Lagneau sur son blog Opex360, l’échange ne s’est pas arrêté là : « D’autres pratiques comme la bénédiction de régiments entiers, de bateaux ou d’aéronefs doivent être proscrites. Toutes ces maladresses créent un environnement que les militaires d’autres religions, ou ceux qui ne croient pas, peuvent ressentir comme inhospitalier et excluant », a-t-il également souligné.

Ses propos n’ont pas manqué de faire réagir plusieurs membres de la commission de la Défense. « Quand nos régiments fêtent la Sainte-Barbe, la Sainte-Geneviève, la Saint-Michel ou la Saint-Georges, c’est un corps qui se réunit autour d’une tradition. Puisque ce sont mille ans d’histoire française, il y a effectivement une cérémonie religieuse à laquelle personne n’est obligé d’aller […] mais qui fait partie d’un corpus de traditions », a ainsi rappelé le député Jean-Louis Thiériot (LR).

« Nous avons des régiments qui, en raison de leur histoire, portent sur leurs fanions et leurs drapeaux des insignes musulmans. Je pense au 1er Régiment de Spahis et au Régiment d’Infanterie Chars de Marine, qui portent l’étoile chérifienne, je pense aussi au 19e régiment du génie qui porte le croissant musulman sur ses insignes et la totalité de ce régiment se reconnaît dans ce qui fonde l’esprit de corps et ce qui est l’unité d’un outil de combat », a-t-il également souligné. « Le gros problème de cette analyse, c’est que vous avez confondu le cultuel et le culturel. […] Battons-nous contre les discriminations mais ne nous trompons pas de combat ! ».

Un point de vue également partagé par des députés LREM : « Vous avez évoqué la tradition des saints patrons. Ayant fait une carrière militaire de vingt-quatre années, j’ai fait vingt-deux Saint-Michel et jamais je n’ai reçu l’ordre d’aller à une messe », a déclaré de son côté le député Jean-Michel Jacques. « Il est évident que c’est le commandant de l’unité qui donne l’ordre d’organiser cette cérémonie d’une demi-journée car c’est un moment de cohésion important mais la messe est toujours facultative. Si vous en parlez, c’est qu’un problème a dû se poser mais il doit être très marginal et inhabituel. Pour moi, comme pour tous les soldats, il n’y a dans l’armée française que trois couleurs : le bleu, le blanc et le rouge ! ».

« La tradition […] permet de souder le collectif »

« Nous n’avons jamais envisagé de remettre en question les fêtes des saints patrons », a alors tenté de se justifier Bastien Lachaud. « Qu’il y ait des messes le jour de la fête des saints patrons, très bien, ce n’est absolument pas cela que nous avons pointé. ce que ns avons pointé c’est le fait que l’invitation à la messe parte d’une boîte mail du commandement. […] Tous les officiers que nous avons rencontrés confirment que ces fêtes patronales n’ont aucun caractère religieux et ne posent aucun problème ».

« La tradition est une mémoire mais aussi ce qui permet de souder le collectif. Or le collectif c’est ce qui fait la victoire, à l’armée comme ailleurs », a finalement résumé avec justesse le député Olivier Becht (UDI/Agir). « Nous devons donc faire en sorte, au nom de l’histoire de la France mais aussi au nom de l’héritage de sa géographie passée, que ces traditions puissent demeurer, sans qu’il y ait de procès d’intention fait aux armées lorsqu’elles mettent en place ses traditions ».

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