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Le décalogue de la sérénité, de précieux conseils de vie : s’abandonner

BREATHING
Shutterstock
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Dans son "Décalogue de la sérénité", le saint pape Jean XXIII propose des conseils de vie sous forme de résolutions simples pour être heureux, dans l’instant présent, sous le regard de Dieu. Comme les grains d’une dizaine de chapelet, Aleteia vous propose chaque semaine un commentaire médité de chacun de ces « commandements », à vivre comme des résolutions personnelles sur la voie de la paix intérieure.

Après la modération, la bienveillance et le bonheur, voici la résolution de l’abandon que propose le Décalogue de la sérénité du saint pape Jean XXIII.

Quatrième résolution, s’abandonner : « Rien qu’aujourd’hui, je m’adapterai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs. »

À la première lecture, saint Jean XXIII semble préconiser un attentisme face aux réalités du monde, une sorte d’abandon. Aimons les actes d’abandon. Celui de saint Ignace de Loyola comme celui du bienheureux Charles de Foucauld. Ce dernier prend comme point de départ le « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46) et il imite notre seigneur Jésus-Christ, le Messie, dans l’amour sans borne et la confiance absolue du Fils pour le Père. Comme en écho au « Que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne » (Lc 22, 42) ou à la prière qu’il nous a donnée « que ta volonté soit faite » (Mt 6, 10), et l’abandon se fait don total de soi, par amour. Peut-on d’ailleurs se donner sans aimer ? Il faut lire et relire cette courte méditation du Frère Charles, dans sa version originale(1). C’est une si belle prière.

Donner sa liberté

La prière de Saint Ignace(2) est belle aussi, et elle surprend chez le fondateur des jésuites qui accepterait de se passer de sa liberté, son intelligence et sa volonté. Si Dieu reprenait notre liberté, serions-nous encore à l’image de Dieu ? Cette liberté est celle de choisir le bien ou le mal, certes, mais c’est sans doute elle aussi qui donne du prix aux yeux de Dieu à notre vacillante foi, à notre espérance chancelante, à notre charité intermittente, à notre volonté de Le rejoindre. Même si ce sont des dons gratuits de Dieu que nous recevons sans rien avoir mérité et que, comme saint Ignace, nous ne devrions accorder d’importance qu’à l’amour qu’Il nous donne.

Mais s’agit-il d’abandon ?

Les circonstances, c’est le monde qui nous entoure, qui s’impose à nous. Il est réel, mais nous ne le percevons qu’avec une intelligence limitée et insuffisante. Il a été façonné par la Création, œuvre de Dieu. Cette création est autonome mais pas statique ni figée : elle se modifie elle-même continuellement. Notre terre reçoit toujours la chaleur de notre étoile, les éléments la modifient (Frère Soleil, Frère vent, Sœur eau, Frère feu(3)). Les êtres vivants, plantes ou animaux, même les plus insignifiants, modifient sans cesse notre mère la Terre : un ver de terre la féconde en permettant qu’elle s’oxygène et permet à une plante de pousser et de trouver l’eau et les nutriments dont elle a besoin, pour qu’un herbivore puisse s’en nourrir et qu’un carnivore termine la chaîne alimentaire. Et les hommes, nos sept milliards de frères, de notre conception jusqu’à la venue de « sœur la mort » modèlent eux aussi inlassablement les circonstances de nos quotidiens. Avec les interactions entre les personnes, les accidents, les antagonismes des décisions, et peut-être même avec une simple carie, prétendre être maître de son destin quotidien est illusoire, dans les grandes choses comme dans les petites. Le réel s’impose à moi comme à tous mes frères. Je peux m’en désoler, mais cela ne sert à rien. Simplement vouloir qu’il soit autrement relève du caprice.

Choisir le monde tel qu’il est

« Mektoub rabbi » disent les musulmans. C’était écrit par le Seigneur. C’est le fatalisme de croire que notre liberté n’est pas, ou si peu. Qu’un dieu unique sait d’avance ce que nous déciderons, si nous choisirons le bien ou le mal. Est-ce encore de la liberté ? Existe-t-il encore une responsabilité de l’homme pour ses fautes si ce dieu sait avant nous quels seront les choix de l’homme entre le bien et le mal ? Notre Dieu, même s’Il sait et nous a dit que sans Ses grâces, nous ne serons pas sauvés(4), nous laisse libre.

Je peux et je dois agir pour tenter de changer le monde en mieux, mais je dois le prendre dans l’état où il se trouve chaque jour de ma vie. C’est mon devoir et ce n’est pas mon choix, c’est juste un peu de réalisme. Il n’y a aucune injonction à la résignation dans cet article du décalogue de la sérénité.

Merci mon Jésus pour tes bras toujours ouverts où il fait bon s’abandonner !

(1) « Mon Père, je remets mon esprit entre Vos mains » C’est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé… Puisse-t-elle être la nôtre… Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais de tous nos instants : Mon Père, je me remets entre Vos mains ; mon Père, je me confie à Vous ; mon Père, je m’abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi ce qu’il Vous plaira ; quoi que vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout ; je suis prêt à tout ; j’accepte tout ; je Vous remercie de tout ; Pourvu que Votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre volonté se fasse en toutes Vos créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre cœur aime, je ne désire rien d’autre, mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je vous aime et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre en Vos mains sans mesure ; je me remets en Vos mains avec une infinie confiance, car vous êtes mon Père. »
(2) « Prenez dans vos mains, Seigneur, / ma liberté entière ; / Recevez ma mémoire, mon intelligence / et toute ma volonté. |Tout ce que j’ai, |Tout ce que je possède, / C’est vous qui me l’avez donné. / Je vous le rends et vous le livre / sans réserve ; / Pour le soumettre entièrement / à votre Volonté. / Donnez-moi seulement / Votre Amour et votre Grâce |Et je serai suffisamment comblé. / Je ne demande rien au-delà. / Ainsi soit-il. »
(3) C. Cantique des créatures de saint François d’Assise
(4) « Venant de l’homme / cela est impossible / mais venant de dieu / tout est possible » (Mt 19, 26 Trad. Claude Tresmontant).

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