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MARIE POUSSEPIN; RELIGIEUSE
© Wikimedia commons
Représentation de Marie Poussepin réalisé par l'artiste Gwen John.
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Béatifiée en 1994, Marie Poussepin est peu connue du grand public. Pourtant, son histoire, que ce soit son sens des affaires ou sa piété, a de quoi inspirer nombre de businesswoman débordées en quête de sainteté.

On oppose souvent monde des affaires et charité, esprit du capitalisme et éthique catholique. À tort, à en découvrir la vie de Marie Poussepin, fondatrice de la congrégation des sœurs dominicaines de la Présentation. C’est en 1653, à Dourdan, qu’elle voit le jour au sein d’une famille bourgeoise aisée : son père Claude Poussepin, bonnetier et propriétaire terrien, possède une fabrique de bas de soie à l’aiguille. Elle y apprend le tricot tout autant que les saintes écritures. Mais après la mort de sa mère, elle voit son père s’endetter pour conserver son rang social. Menacé de faillite, il finit par abandonner sa famille.

La première à introduire le métier à tisser dans l’industrie de la laine

C’est Marie qui fait lever la saisie des biens et s’occupe de la fabrique familiale. Témoignant d’une incroyable intuition entrepreneuriale et d’un sens aigu des affaires, elle comprend rapidement que l’industrie du bas de soi périclite et décide de miser sur la laine de la région. « Dans le tournant spectaculaire du machinisme naissant, elle se montre novatrice dans les techniques de la manufacture », détaille l’ordre des dominicaines de la Présentation. « Elle abandonne le travail artisanal devenu obsolète, pour lui substituer le travail au métier à tisser les bas ».

En parallèle, elle recrute des apprentis âgés de 15 à 22 ans dont « elle assure avec un véritable « sens social » la formation et la promotion, en même temps que l’essor économique de la ville ». En 1685, l’atelier Poussepin est le seul en France à faire des bas avec un métier, et forme des générations d’apprentis.

Son jeune frère ayant grandi, il reprend l’affaire familiale et Marie Poussepin se retire en toute discrétion et se consacre entièrement à la Confrérie de la Charité (les ‘Restos du cœur’ de l’époque, ndlr.). Elle forme par la suite une « communauté du Tiers – Ordre de saint Dominique, pour instruire la jeunesse et servir les pauvres malades ». En 1725, elle a 72 ans (une performance à une époque où on ne dépasse pas facilement la cinquantaine) et est à la tête de vingt établissements, rapporte le diocèse d’Évry. La religieuse s’éteint à l’âge de 90 ans en 1744. C’est Jean Paul II qui la béatifiera en 1994. « Les annales de la sainteté peuvent saluer en elle un rare modèle de femme d’affaire pleinement chrétienne », souligne son biographe, le père Bernard Préteseille.

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