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Ce que la colère nous murmure : la vie a un sens

YELLOW VEST
JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Une société bloquée, un pouvoir paralysé, une violence irrépressible : les symptômes de la crise des Gilets jaunes révèlent un monde désespéré. Ce désespoir est aussi un appel : la vie est possible autrement quand on sait lui retrouver son sens.

Qu’y a-t-il derrière ce qui vient de se passer avec les Gilets jaunes ? Il faut le dire, non pas de la désespérance, mais de la désespérance face à la désespérance. Il y a d’abord le cas des Gilets jaunes eux-mêmes. Retraités, chômeurs de longue durée, travailleurs pauvres, ceux-ci représentent une population étranglée qui ne s’en tire pas mais, plus grave, qui sait qu’elle ne s’en tirera pas. Si on revalorise les retraites, les allocations de chômage et le Smic, cela ne suffira pas. D’où la symbolique du blocage utilisée afin de signifier non seulement que les pauvres sont bloqués mais qu’ils sont voués à l’être.

La symbolique du blocage

Il y a par ailleurs la politique face aux Gilets jaunes qui, elle aussi, est bloquée. Ce blocage concerne la relation à la réforme. En France, quand le gouvernement ne réforme pas, on le lui reproche. Quand il réforme, on le lui reproche également. Avec la crise des Gilets jaunes, cette situation névrotique, révélatrice de ce que Alain Peyrefitte a appelé « le mal français », a pris une tournure paroxystique.

Il est impossible de le nier, le gouvernement en place a le désir de réformer la France. L’intense travail parlementaire depuis l’arrivée à la présidence d’Emmanuel Macron le montre. Un problème toutefois se pose : quand il réforme, cela ne passe pas. S’agissant de l’écologie, ce paradoxe est particulièrement criant. Quand le gouvernement ne fait pas assez pour l’écologie, les médias lui tombent dessus et le ministre de l’écologie, Nicolas Hulot en l’occurrence, part en claquant la porte. Quand il veut taxer les carburants afin de préparer la transition écologique, c’est la rue qui se rebiffe. Il y a aujourd’hui quantité de réformes qui attendent. Une question se pose : après l’échec cuisant qu’il vient de subir, comment va faire Emmanuel Macron pour réformer ?

Du rebelle au violent

Enfin, dernier blocage, d’ordre moral. Depuis des siècles, la France est fascinée par le rebelle, figure prophétique culturellement riche qui, de la Révolution française au XVIIIe siècle à Mai 68 au XXe siècle en passant par la révolte des Canuts à Lyon, Émile Zola et son « J’accuse » au XIXe siècle, les insoumis de la guerre de 14 ainsi que Jean Moulin et la Résistance, a joué et joue encore un rôle politique et social déterminant. Derrière cette figure, il y a toujours eu une idée, et derrière cette idée, l’Idée au sens fort. Même si elle a été un moyen, la violence n’a jamais été le but. Avec le mouvement des Gilets jaunes, les choses ont changé de sens. La violence est devenue un but en soi.

Cela fait un certain temps qu’à la suite des manifestations qui ont lieu des casseurs viennent se mêler aux cortèges des manifestants. Pendant longtemps, le phénomène a été circonscrit. Tout commence à changer quand, fin mars 2016, avec le mouvement « Nuit debout » place de la République, on voit apparaître des manifestants cagoulés cherchant à brûler vif des policiers dans une voiture. Le 1er mai 2018, lorsque les Black Blocks ravagent les alentours de la gare d’Austerlitz, la violence se révèle être un système organisé, soigneusement préparé à l’avance. Lors du mouvement des Gilets jaunes, durant cinq semaines, le samedi aux Champs-Élysées, dès neuf heures le matin et, durant toute la journée jusqu’au soir, la violence devient régulière et rituelle. Dans ce climat, on entend des choses que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre. Des appels à l’insurrection de la part de députés d’extrême-gauche. Des polémiques afin de faire passer les pilleurs de magasins pour des insurgés. Ce mot d’ordre, « il faut laisser sa chance à la violence ». La violence est devenue nihiliste. Elle n’est plus rebelle.

Avoir de l’espérance

Un monde désespéré. Un pouvoir paralysé. Une montée du nihilisme. Ces trois éléments ne sont pas les causes de la crise qui a lieu mais des symptômes de celle-ci, la véritable cause se trouvant dans ce constat qu’il faut oser regarder en face : le monde dans lequel nous vivons n’a plus aucune espérance.

Avoir de l’espérance, c’est vivre en pensant que fondamentalement, la vie est possible parce que les choses vont loin. On ne vient pas de rien. On ne va pas vers rien. On n’est pas rien. Derrière la vie il y a un souffle créateur que l’on peut rencontrer et vivre. Il suffit pour cela de cultiver la présence du souffle qui vit en nous en étant présent à sa présence. Nous avons tellement pris l’habitude de nous identifier aux aspects purement égotiques, matériels et immédiats de l’existence, que nous avons perdu le sens de ce souffle. Confusion désastreuse donnant le déchaînement des egos survoltés qui épuisent la planète et la société, l’impossibilité de réformer ces egos et le rêve apocalyptique d’un grand désastre pour purifier le monde. Les grandes civilisations se construisent autour d’un temps spirituel où l’homme vient élever son cœur en se laissant inspirer par ce qui vient d’en haut. L’homme ne peut vivre qu’habité par le souffle infini de la vie. Derrière leur bruit, c’est ce que les cris de colère nous murmurent.

 

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