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La canonisation des époux Martin ou la sainteté du mariage

Les bénédictins de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes - Publié le 17/10/18

Il y a trois ans, Louis et Zélie Martin étaient canonisés. Les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ont été les premiers époux à être canonisés non pas individuellement, mais comme époux.

Le dimanche 18 octobre 2015, les époux Martin ont été canonisés ensemble, en tant que mari et femme. Les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus sont ainsi les premiers époux à être canonisés non pas individuellement, mais comme époux.




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Bien sûr, les saints Joachim et Anne, saint Joseph et Notre Dame, ont réalisé l’idéal du mariage, dont le modèle parfait est l’union du Christ avec l’Église. Mais l’Église nous donne pour la première fois comme référence des époux ayant vécu le même quotidien que tous les époux du monde. On pourrait se demander : pourquoi eux, plutôt que d’autres époux ; et penser qu’il s’agit d’un privilège, parce qu’ils ont été les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. – Non ! le rôle de Thérèse a consisté seulement à révéler ce qu’elle devait à ses parents. La sainteté des époux Martin a été réelle et immense. Elle est exemplaire par les fruits d’amour qu’elle a produits. Sainteté du mari et de sa femme, ensemble – sainteté répandue à profusion dans leur famille.

Une sainteté en famille ne fait-elle pas peur ?

Devant la Majesté de Dieu, l’Ancien Testament connaissait la crainte révérencielle. Mais, pour attirer notre amour, le Verbe s’est fait chair, il a pris la forme d’un enfant innocent et inoffensif ; bien plus, le Seigneur devenu adulte s’est laissé transpercer le Cœur. Désormais, nous savons que Dieu est Amour et miséricorde. Le Christ est « venu pour sauver ce qui était perdu ». Si nos familles sont blessées, Il saura panser les plaies. Si notre passé, si notre présent nous pèse, Il saura nous guérir et tirer un bien de nos échecs et de nos fautes. Personne ne peut vivre dans le remords ; mettons par amour notre confiance en Dieu, et ainsi nous transformerons nos inquiétudes ou nos remords en espérance.


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Une sainteté conjugale inaccessible ?

La sainteté des époux Martin (et celle des autres saints) n’est pas un objectif de compétition à atteindre. C’est une lumière, un guide, une force. On peut chercher à leur ressembler ; on peut, par la prière, demander leur aide. La sainteté est la perfection de la charité ; c’est la présence permanente de Jésus au centre le plus intime de notre vie. Elle s’acquière, au jour le jour, par une dépendance entière de la grâce de Dieu. Or, les époux Martin ont connu les mêmes épreuves que bien des familles d’aujourd’hui. Qu’on y songe : quatre enfants morts en bas âge, une fille Léonie très difficile, la maladie de la mère de famille, suivie de sa disparition, des enfants orphelins, le veuvage du père puis sa démence. Zélie a beaucoup marqué sa famille par son esprit surnaturel qui d’ailleurs laissait intact son bon sens normand. Ses cinq filles l’ont imitée, et sont entrées dans la vie religieuse. Dès que sa mission d’éducateur fut terminée, Louis s’est offert à Dieu en sacrifice ; il se donnait entièrement, et mettait ainsi un sceau de perfection sur son existence et sur toute sa famille.

Une canonisation d’époux ensemble trop tardive ?

La famille est la cellule fondamentale de la société et de l’Église, or, elle est en ce moment l’objet d’une attaque concertée. Écoutons les paroles du cardinal Sarah adressées au récent Synode.

« Un discernement théologique, disait-il en substance, nous permet de voir à notre époque deux menaces inattendues : l’idolâtrie de la liberté occidentale ; le fondamentalisme islamique. De là se lèvent les deux grandes menaces contre la famille : sa désintégration subjectiviste dans l’Occident sécularisé, par le divorce facile, l’avortement, les unions homosexuelles, l’euthanasie, etc. D’autre part, la pseudo-famille de l’islam idéologisé qui légitime l’asservissement des femmes, l’esclavage sexuel, etc. Ces deux mouvements ont la même origine démoniaque. Ils sont violemment intolérants, destructeurs des familles, de la société et de l’Église. Nous devons être accueillants à tout ce qui est humain ; mais ce qui vient de l’Ennemi ne peut pas et ne doit pas être assimilé. On ne peut pas unir le Christ et Bélial ! »




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Par cette canonisation, l’Église montre comment répondre à cette situation de crise. Elle ne propose pas une troisième voie qui concilierait des extrêmes. L’Église n’argumente pas ; elle ne condamne pas ; elle fait un cadeau aux hommes ! Louis et Zélie Martin nous sont donnés pour nous dévoiler quelle richesse, quelle fécondité, quelle beauté, il y a dans l’humble fidélité mutuelle de chaque jour, le courage dans l’épreuve, l’ouverture à la vie, la prière sans se lasser et l’appui sur la grâce divine. C’est la manière instituée par Dieu lui-même, à l’origine des temps, pour que les hommes et les femmes soient conformés à Notre Seigneur, lui qui a aimé l’Église et s’est livrée pour elle.

Un début et non une fin

Mais, une autre raison peut être invoquée pour expliquer le retard de telles canonisations. Ce retard n’est-il pas la preuve que l’Église ne fait que commencer ? Il y a encore tant et tant d’époux à canoniser ! Il y a tant et tant d’enfants, comme Anne de Guigné, à canoniser ! Bien de nos contemporains vivent dans le sentiment que la fin du monde est proche. Nous devons au contraire « aller au large » et porter l’Évangile au monde entier, comme l’ont fait les Apôtres au lendemain de l’Ascension du Seigneur. L’Église est toujours jeune. Bien sûr, elle demande avec instance le retour de son divin Époux, mais en attendant elle ne reste pas oisive : elle engrange des moissons de sainteté. L’Église ne fait que commencer, elle vient de faire sa première canonisation d’époux !

L’Église est jeune. On dit souvent que les enfants (ou les jeunes) sont l’avenir de l’Église. Cela est vrai, en ce sens qu’ils seront les adultes et les « décideurs » de demain. Mais cette manière de voir est insuffisante, parce que les enfants sont déjà l’Église. C’est l’occasion de rappeler que la sainteté des époux Martin est aussi celle des parents Martin. Et si leur sainteté les concerne comme mari et femme, dès que Dieu leur a donné des enfants, elle porta des fruits chez leurs enfants. Les filles Martin ont immédiatement été partie prenante de la sainteté de leurs parents, chacune cherchant sa propre sainteté et celle des autres membres de la famille. Pensons au fait que, lorsque Louis s’est offert à Dieu, il suivait ainsi l’exemple de ses filles devenues religieuses. Je pense aussi au cas de Léonie Martin, une enfant très difficile : ses sœurs eurent à cœur de la confier à Dieu par des prières instantes. Elles furent exaucées, puisqu’on parle désormais de Léonie comme d’une (future) sainte et que son procès de canonisation a été ouvert ! (24 janvier 2015). Et l’on voit beaucoup de fidèles prier Léonie.

Le 12 juillet, une journée de grande joie pour les chrétiens

Ainsi, la canonisation de Louis et Zélie Martin est un événement magnifique. Elle intéresse les époux, mais aussi les enfants. Elle concerne toutes les situations familiales – régulières ou non. Leur fête est fixée au 12 juillet (anniversaire de leur mariage). Souhaitons qu’elle devienne chaque année une journée de grande joie pour les chrétiens.

Demandons aux époux Martin qu’ils hâtent la canonisation d’Anne de Guigné, qui set un magnifique modèle de sainteté de l’enfance en famille !

Demandons aux époux Martin la grâce de la sainteté pour toutes les familles de la terre !

Demandons-le aussi à la bien-aimée Marie, Reine de la famille, par l’intercession de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, dont nous célébrons, en cette année 2016, le troisième centenaire de la mort.

Louange au Dieu trois fois Saint !

Ce texte a initialement été publié dans Aleteia le 11 juillet 2016. Il est tiré du Bulletin 2015 de l’association Enfance et sainteté

Découvrez une série de portraits saisissants de la Petite Thérèse en cliquant sur la première image de ce diaporama

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