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PMA pour toutes : la mobilisation inédite des évêques de France

IN VITRO
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Dans une déclaration inédite signée par tous les évêques de France et alors que le CCNE s’apprête à rendre son avis sur la révision des lois de bioéthique, l’Église catholique détaille sa position sur l’élargissement de la PMA à toutes les femmes.

À quelques jours de la publication de l’avis du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) sur la révision des lois de bioéthique, l’Église catholique de France prend la plume. Dans une déclaration inédite signée par l’ensemble des évêques de France, elle a choisi de rappeler la valeur de la procréation, un « acte profondément et spécifiquement humain dont la manipulation entamerait gravement la valeur de fraternité qui fonde le pacte social de notre société ». « Cette déclaration est le pendant de celle qui a été signée par tous les évêques sur la fin de vie en mars 2018 », détaille auprès d’Aleteia le père Brice de Malherbe, membre du groupe « Église et bioéthique » (piloté par Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes) qui a travaillé sur ce document. « La fin de vie et l’élargissement de la PMA à toutes les femmes sont les deux questions sociales qui ont mobilisé le plus les citoyens. Il est de notre rôle de contribuer à ces débats en proposant un discernement éthique posé en raison ».

En revenant sur la définition de la procréation et la dignité de la personne qu’elle inclut, les évêques de France souhaitent mettre à la portée de chacun, spécialiste ou non, catholique ou non-croyant, les enjeux et les dangers que comporte un élargissement de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. « Cette déclaration s’adresse aux responsables politiques puisque le débat parlementaire approche mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à ces débats qu’ils soient spécialistes ou non », rappelle le père Brice de Malherbe.

« Ce sont les enfants les plus vulnérables »

Si elle rappelle que « la procréation ne doit s’apparenter ni à une fabrication, ni à une marchandisation, ni à une instrumentalisation », l’Église catholique ne nie pas « la souffrance liée au désir d’enfant ». « La souffrance liée au désir d’enfant ne peut être ni minimisée ni abordée par le seul remède de la technique », expliquent les évêques. « Nous souhaitons le développement d’un accompagnement qui soit respectueux des personnes concernées, qui sache les informer loyalement pour que leurs décisions soient prises en conscience, de façon éclairée, et qui porte le souci de la dignité de la procréation ». « Mais en pensant ce document, nous avons essayé d’être attentifs aux plus vulnérables », souligne le père Brice de Malherbe. « Or même s’ils sont l’objet d’un désir, ce sont les enfants les plus vulnérables ».

Ce document, derrière de vastes définitions et le rappel de principes éthiques et moraux, aborde aussi avec précision et pédagogie les questions techniques que posent l’élargissement de la PMA. C’est le cas par exemple du devenir des embryons humains surnuméraires. Soumis à l’appréciation des conjoints, ces derniers sont aujourd’hui « implantés pour devenir des enfants, ou détruits, ou remis à la recherche, ou encore donnés pour être accueillis par un autre couple » en fonction du « projet parental » choisi. Autre exemple très concret : le recours à un tiers-donneur qui peut priver l’enfant de l’accès à ses « origines ».

Vers une marchandisation du corps humain

Globalement, la légalisation de la PMA pour toutes les femmes pose cinq obstacles éthiques majeurs, détaille les évêques : l’intérêt supérieur de l’enfant qui exige une référence paternelle, le risque de marchandisation, l’impact de la transformation de la mission de la médecine, les conséquences prévisibles de la prépondérance du « projet parental » et l’impossible justification par le seul argument de l’égalité. « Le plus grave est ce que nous avons appelé la marchandisation du corps humain. En élargissant l’assistance médicale à la procréation à toutes les femmes, il y a un risque réel de pression sur la gratuité du don de gamète masculine. C’est un cheval de Troie de la marchandisation du corps humain et, à travers ça, de la personne humaine », alerte le père Brice de Malherbe. « Si on commence à inclure la personne dans un marché de la procréation par le biais d’éléments de son corps, c’est la dignité de la personne humaine qui est en jeu…et en danger ».

Des enjeux de dignité et de fraternité

« Nous avons choisi d’articuler les enjeux de dignité et de fraternité pour traiter de ce sujet », précise avec justesse le père Brice de Malherbe. « Quand le concept de dignité est brandi dans une conception individualiste, on peut très rapidement tomber dans une instrumentalisation de l’autre. Au nom de la dignité de l’homme, de la femme, il faudrait pouvoir ouvrir la procréation médicalement assistée à toutes les femmes, quitte à instrumentaliser l’enfant à venir. Mais en l’articulant à la fraternité, ce concept de dignité devient relationnel et s’insère dans une conception plus large qu’est la sollicitude. C’est l’exemple évangélique du Bon Samaritain », explique encore le prêtre. « Cette déclaration et les questions qu’elle pose doivent être replacées dans un contexte plus globale que certains appellent l’écologie humaine. Il faut faire attention à résister à la fascination des techniques et du marché qui s’en empare en cultivant l’attention au mystère de l’autre et à sa transcendance ».

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