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L’ambitieux « plan pauvreté » d’Emmanuel Macron

emmanuel macron
Michel Euler I POOL I AFP
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C’est au Musée de l’Homme que le président de la République, Emmanuel Macron, a choisi de présenter ce 13 septembre son « plan pauvreté ». D’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans, il se décline en trois axes principaux : la prévention de la précarité dès la petite enfance, l’aide à la réinsertion vers l’emploi et la simplification du système social.

« Être pauvre, c’est d’abord se battre sur tous les fronts. Avec la pauvreté vient le problème d’accès au logement, à l’alimentation de qualité, à un travail, et donc à un revenu décent », a affirmé Emmanuel Macron ce 13 septembre au Musée de l’Homme, place du Trocadéro, lors de la présentation tant attendue de son plan pauvreté. « Être pauvre n’est pas une situation mais un combat de chaque instant » a-t-il souligné. Annoncé le 17 octobre 2017 à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, ce plan était attendu pour avril 2018. Puis juillet. Il aura donc fallu attendre septembre 2018 pour en connaitre les contours. Détaillant la stratégie « nationale de prévention et de lutte », ce plan cible la pauvreté dès l’enfance et l’accompagnement vers l’emploi. Des places de crèches à l’allongement de l’obligation de formation en passant par la création d’un « revenu universel d’activité » d’ici 2020, le plan couvre de nombreux domaines.

« Empêcher qu’un enfant pauvre aujourd’hui devienne un adulte pauvre demain »

Dans le détail, le premier volet de ce plan s’attaque à la prévention de la précarité dès l’enfance. « Tout enfant qui ne devient pas ce qu’il peut être, c’est Mozart qu’on assassine », a déclaré Emmanuel Macron, reprenant à son compte les mots de Saint-Exupéry dans Terre des hommes. Pour « empêcher qu’un enfant pauvre aujourd’hui devienne un adulte pauvre demain », le gouvernement va consacrer 1,24 milliard d’euros à des mesures visant notamment à augmenter le nombre d’enfants pauvres accueillis en crèche ou chez une assistante maternelle. Grâce à un bonus « mixité sociale », les collectivités pourront créer 90.000 places en crèches. En parallèle, un système de tiers payant permettra aux familles de ne plus avancer la part du coût de la « nounou », qui leur est aujourd’hui remboursée par la Caisse d’allocations familiales. L’État entend également former dès 2019 les professionnels de la petite enfance, soit près de 600.000 personnes, à l’apprentissage de la parole, au développement de l’enfant. Un fonds va également être créé pour financer des tarifs sociaux dans les cantines.

Concernant l’aide à la réinsertion à l’emploi, l’obligation de formation sera portée de 16 à 18 ans et des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu’elles repèrent les décrocheurs du système scolaire et leur proposent des formations. Pour mémoire, la France en compte environ 20.000 par an. Le dispositif « garantie jeune », pour les 16-25 ans les plus éloignés de l’emploi, sera étendu à « 500.000 jeunes avant la fin du quinquennat », contre 100.000 actuellement. Une « garantie d’activité » combinant accompagnement social renforcé et insertion dans l’emploi sera aussi créée pour 300.000 allocataires par an.

Un « revenu universel d’activité » d’ici 2020

Enfin, ce plan pauvreté prévoit une simplification et une personnalisation du système social. Emmanuel Macron a annoncé que le gouvernement allait légiférer d’ici 2020 afin de créer un « revenu universel d’activité » qui fusionnera « le plus grand nombre possible de prestations », du RSA aux aides au logement, et dont « l’État sera entièrement responsable ». Ce revenu sera soumis à « des droits et des devoirs supplémentaires ». Emmanuel Macron a par ailleurs réaffirmé que la prime d’activité serait revalorisée jusqu’en 2022.

Concernant l’accès aux soins des plus vulnérables, l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) sera intégrée à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) avec une participation financière inférieure à 1 euro par jour. Cette fusion doit permettre de réduire « drastiquement » le taux de non recours à l’ACS, supérieur à 50%, tout en diminuant les dépenses de santé des personnes âgées ou handicapées.

Lutter contre la pauvreté, une responsabilité collective

« On ne peut que se réjouir des annonces faites dans le cadre de ce plan qui vise à cibler les nouveaux visages de la pauvreté », confie à Aleteia Anne Parisse, responsable des actions de proximité dans la lutte contre l’exclusion au sein de l’Ordre de Malte. « Le profil des personnes en situation de grande précarité a grandement évolué ces vingt dernières années : il y a beaucoup plus de familles monoparentales, de jeunes, de jeunes majeurs et tous ceux qu’on appelle ‘les travailleurs pauvres’ qui ne gagnent pas suffisamment pour vivre décemment. Ce sont eux, les nouveaux visages de la pauvreté et c’est à eux que s’adresse ce plan ».

Directeur action et plaidoyer du Secours catholique, Daniel Verger reconnait volontiers qu’il s’agit là d’une « vision globale vraiment ambitieuse ». « Avec cette intervention on a senti la volonté d’Emmanuel Macron de changer d’échelle et de travailler en profondeur sur l’émancipation des personnes », explique-t-il à Aleteia. Mais attention nuance-t-il, « s’il y a une vraie ambition dans les paroles et l’état d’esprit, le financement – 8 milliards d’euros sur quatre ans, ndlr – est loin d’être suffisant. Le montant doit être analysé au regard de l’ambition, à savoir les presque 9 millions de personnes qui vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté…» D’autant plus que la moitié de ce montant sera consacrée à la hausse de la prime d’activité, qu’il n’y a pas de revalorisation du RSA et que les mesures de ce plan pourront être handicapées par d’autres réalités comme celle de la baisse de la construction de logements sociaux, rappelle-t-il.

« Il faut dire aux premiers de cordée de ne pas oublier les derniers de cordée », a également martelé le président de la République. « Il y a toujours des gens pour ouvrir la voie, plus véloces, avec plus de chances, mais qu’ils aillent plus vite n’aidera pas celui qui reste en bas. Il faut que celui qui monte le plus vite se souvienne qu’il a une corde qui l’assure. Cette corde, c’est la cohésion d’un pays, c’est nous. » Des paroles qui font bien évidemment écho chez le directeur action et plaidoyer du Secours catholique. « Ce qu’a dit Emmanuel Macron aujourd’hui, il ne l’aurait pas dit il y a un an. Mais sa stratégie ne réussira qu’avec la mobilisation de tous. Il s’agit d’une responsabilité collective. »

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