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Le premier sacre d’un roi de France n’a pas eu lieu à Reims

© Domain public
François Dubois, Le couronnement de Pépin Le Bref par le pape Etienne II, François Dubois, 1837, château de Versailles.
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Fils de Charles Martel et père de Charlemagne, Pépin le Bref sera le premier maire du palais à être proclamé roi, créant ainsi la dynastie des Carolingiens. Désirant assurer sa légitimité, il s'associe avec l'Église catholique et organise le premier sacre officiel de France. La tradition du sacre perdurera au cours des règnes suivants et sera célébré traditionnellement dans la cathédrale de Reims. Et pourtant, celui de Pépin le Bref s'est déroulé dans une autre ville, ancienne capitale des Mérovingiens.

Roi des Francs de 751 à 768, Pépin le Bref, issu d’une famille noble appelée les « Pippinides », n’était pas de sang royal. Et pourtant, il va réussir à monter sur le trône. À cette période, la dynastie mérovingienne est en pleine décadence et les rois légitimes n’ont plus aucune autorité. Les maires du palais — hauts dignitaires du royaume auxquels appartenaient les Pippinides — profitent de cette situation et deviennent très rapidement les vrais dirigeants de l’État. Une fois le pouvoir en poche, Pépin le Bref a l’intelligence de faire appel à l’Église catholique pour asseoir sa légitimité. Pour remplacer la succession naturelle père et fils et assurer quand même une continuité, il met en place le sacre royal, sorte de geste symbolique qui s’inscrit dans la continuité de l’onction rappelant le baptême de Clovis Ier, premier roi mérovingien.

Quelle ville choisie pour le sacre ?

À l’évocation du sacre, on pense généralement à la cathédrale de Reims, lieu qui a accueilli pendant des siècles les cérémonies officielles. Si Pépin Le Bref a été le premier roi sacré, ce n’est pourtant que son petit-fils, Louis Le Pieux, qui sera le premier roi sacré dans cette fameuse cathédrale champenoise.

Le couronnement de Pépin Le Bref par Etienne II tandis que Childéric III est déposé, Enluminure des Chroniques de Saint-Denis, Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 782, fo 107 ro, XIIIe siècle.

La cérémonie officielle de Pépin le Bref a eu lieu dans la petite ville de Soissons, capitale du royaume mérovingien choisie par Clovis après sa bataille victorieuse en 486. C’est la grande abbaye royale dédiée à Saint-Médard qui accueillit, avec faste, ce sacre fondateur.

Une abbaye royale

Fondée au VIe siècle sous le règne de Clotaire pour y accueillir les reliques de saint Médard, évêque de Noyon, l’abbaye connut son apogée sous le règne Carolingien et joua un rôle déterminant dans les affaires du royaume. Véritable cité monacale accueillant plus de 400 religieux, elle était considérée comme la mère des abbayes du royaume et jouissait de privilèges exceptionnelles. Sa puissance était telle qu’elle surpassait les résidences seigneuriales du royaume. Elle comprenait une basilique, un palais royal, un palais abbatial, plusieurs églises, chapelles, cloîtres, écoles, préaux, jardins et vignes… Par sa puissance et son rang, c’est tout naturellement que Pépin Le Bref décida d’organiser son sacre dans cette grande abbaye.

© Wikipedia commons
Les vestiges de l'abbaye aujourd'hui.

Il renouvellera son sacre quelques temps après, par les mains même du pape Étienne II, dans la basilique Saint-Denis, au nord de Paris. Lors de cette cérémonie solennelle, ses fils Carloman et Charles, le futur Charlemagne, reçoivent également l’onction sacrée. 

Une nécropole royale

Si l’abbaye peut s’enorgueillir d’avoir accueilli le premier sacre, elle peut également se prévaloir d’avoir abrité dans sa crypte les tombeaux de deux rois de France. Celui de Clotaire, fils de Clovis, (511-561), qui souhaitait ardemment être enterré dans l’abbaye qu’il avait édifiée, et celui de son fils, Sigebert (561-575).

Après le règne de Charlemagne et la dislocation de l’empire carolingien par ses fils, le pouvoir royal est transféré à Paris et l’abbaye perd de son lustre royal. Les vicissitudes de l’Histoire endommagent grandement le domaine jusqu’à la Révolution française qui donne le coup de grâce. Vendue comme bien national, l’abbaye est démantelée laissant à la postérité quelques ruines. Le poète Gérard de Nerval dira en visitant les lieux en 1854 que ce site, qu’il considérait comme exceptionnel, était un « Pompéi carolingien ».

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