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Le Vatican tance le système financier mondial de façon inédite

DEFENSE PARIS
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Dans un document d’une rare précision publié ce 17 mai, le Vatican détaille et analyse le système financier mondial. Ce texte propose également des pistes éthiques concrètes pour renouer avec « ce qui est authentiquement humain ».

C’était un document attendu par de nombreux catholiques. Dans un texte intitulé Œconomicae et pecunariae questiones (Questions économiques et financières, en latin), le Saint-Siège, par le biais de la Congrégation pour la doctrine de la foi et du Dicastère pour le service du développement humain intégral, s’est exprimé de manière inédite sur le système économique et financier actuel.

De « nouvelles formes » basées sur la charité sont nécessaires face à un système économique et financier « parfois égoïste », est-il ainsi écrit. Malgré la crise de 2008, déplore le document, « aucune réaction […] n’a permis de repenser les critères obsolètes qui continuent de gouverner le monde ». « Un égoïsme aveugle semble parfois prévaloir » dans le système financier mondial souligne le texte qui rappelle que le marché « n’est pas en mesure de se réguler par lui-même » car il ne peut ni créer les conditions de son développement comme la confiance et le cadre réglementaire, ni corriger ses « expressions nuisibles ». 

Face à ce constat, le Saint-Siège a voulu proposer des pistes éthiques : le but est de « favoriser la reprise de ce qui est authentiquement humain » face à « l’essoufflement » de la conception « individualiste » de l’homme-consommateur. Concrètement, il suggère par exemple aux autorités publiques de mettre en place une « coordination supranationale » entre les systèmes financiers locaux. Et ce, afin de prévenir d’éventuels « effets négatifs ». Une attention particulière doit aussi être portée aux produits bancaires dérivés (tels que les credit default swap) favorisant des bulles spéculatives comme celle à l’origine de la dernière crise économique. Dans la même veine, les manipulations de taux d’intérêt constituent « une grave violation éthique ».

Autre exemple, le document fait état du système de finance offshore favorisant le contournement fiscal et le « blanchiment d’argent sale » et donc l’aggravation de la dette publique. Il recommande ainsi de réguler ces transactions offshore en créant « un impôt minimum ». Celui-ci « suffirait pour résoudre une grande partie du problème de la faim dans le monde » souligne le document.

Pour l’économiste Leonard Becchetti, contributeur de ce document, l’objectif n’est donc pas de « déconstruire » le système financier mais d’en libérer tout le potentiel au bénéfice de tous les individus. Ce texte ambitionne en particulier de lutter contre « un monde de profit sans prospérité ». Pour l’économiste, la mauvaise distribution des richesses s’avère être l’un des principaux obstacles. C’est pourquoi, a-t-il estimé, la réponse adéquate consisterait à intensifier la régulation, en particulier des transactions financières parallèles.

Pour mémoire, ce document n’a pas été voulu par le pape François lui-même, mais il l’a soutenu, a précisé Mgr Ladaria, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, lors de la conférence de presse.

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