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« Tout le monde debout » : quand le viveur rencontre la vivante

TOUT LE MONDE DEBOUT
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"Tout le monde debout", le premier film réalisé par l'humoriste Franck Dubosc a franchi cette semaine le million d’entrées. Cette comédie romantique, bien huilée et bien française oscille entre le rire du politiquement incorrect et l'émotion d'une quête d'infini. La croix du Christ ouvre et clôt discrètement le film.

Les ressorts comiques de « Tout le monde debout » sont un peu pachidermiques, mais ils fonctionnent. Ils reposent sur un surprenant quiproquo. Jocelyn, Dom Juan plein aux as, hédoniste mythomane et vieux beau, perd sa mère, italienne. « Aujourd’hui maman est morte. Ou c’était peut-être hier, je ne sais pas ». Apparemment indifférent, insupportablement impavide, il assiste à l’enterrement. Puis, entre les couches et les vieilles photos, assis dans le fauteuil roulant de sa mère, il saisit délicatement dans le creux de sa main une croix en or suspendue à une chaîne. C’est le premier moment où on le sent ému, le premier moment où l’on sent que le personnage a plus de profondeur que le Patrick Chirac de Camping. 

La légèreté du quiproquo épouse la pesanteur d’une rencontre

Une jeune femme entre, elle s’appelle Julie. Son sourire est aussi grand que ses vêtements sont étroits. Jocelyn veut séduire et survient alors le quiproquo : à cause du fauteuil roulant sur lequel il s’était négligemment assis, Julie le prend pour un paraplégique. Jocelyn joue le jeu de ce quiproquo qu’il voit comme un nouveau défi. Sauf que sa volonté de séduire Julie s’arrête le jour où elle lui présente Florence, sa sœur (Alexandra Lamy), paraplégique.

C’est ici que la comédie prend de l’épaisseur. La légèreté du quiproquo épouse la pesanteur d’une véritable rencontre. Alexandra Lamy est lumineuse, rayonnante. Son regard a quelques longueurs d’avance : elle fait du tennis avec habileté, du violon avec passion. Au diable la tiédeur. Mais elle souffre, elle sait que cela n’a pas de sens d’affirmer qu’elle est comme tout le monde, elle sait que pour elle, la vie amoureuse est une hypothèse proche de l’impossible. Ce qui fait sa force c’est sa maîtrise d’elle-même, son humour et son sourire.

Un regard de moraliste

Le viveur rencontre la vivante et ouvre les yeux, un peu, sur ce qui différencie le courage de la lâcheté, la force de la tiédeur, la vie de l’illusion sèche. Entre la légèreté et la pesanteur, la séduction et la quête de l’infini, il y a un jeu de répliques proche du marivaudage : la mise à l’épreuve de l’amour véritable dans le dialogue et les regards. La musique emporte, le jeu des regards est puissant, c’est une véritable histoire d’amour qui est mise en scène.

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Dans ce film dédié à sa femme, Franck Dubosc adopte un regard de moraliste. Un moraliste, contrairement au moralisateur donneur de leçon, est un fin observateur de la société et du cœur humain avec ce que cela suppose de politiquement incorrect : une tendresse infinie mais exigeante. La mort de la mère, le crucifix, le handicap, il semble que ce film soit trop bien écrit pour que ces éléments se rapportent au hasard. 

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