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Cinéma : « La Prière », le parcours initiatique d’un retour à la vie

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Le réalisateur Cédric Kahn s’est inspiré de la communauté du Cénacle, où d’anciens toxicomanes viennent pour décrocher de leurs addictions et découvrir la prière, le travail et la solidarité. Le film sort en salle le 21 mars, au moment où les chrétiens entreront bientôt dans la joie de Pâques. L’occasion de plonger au cœur du combat spirituel pour en sortir vainqueur.

Cédric Kahn ne le sait peut-être pas, mais il a révélé une belle facette de notre Créateur, tant on sent dans la manière de filmer que le réalisateur a aimé ses personnages, aimé son sujet, aimé se confronter à lui. Lui qui fut l’assistant monteur de Sous le soleil de satan de Maurice Pialat, palme d’or à Cannes en 1987, s’est déjà intéressé aux personnes reléguées par le système dans Une vie meilleure (2012) et aux marginaux avec Vie sauvage (2014), dans sa filmographie récente.

Les visages nous parlent, s’imposent, pour marquer l’histoire de leur empreinte humaine et nous toucher. Comme des miroirs où l’on verrait son propre reflet. Nous non plus, nous ne devons pas tricher. Ce film est en cela détonnant et non-conventionnel. Pourtant, tout y est simple. Il livre le témoignage poignant d’un parcours du combattant de jeunes qui ont décidé de laisser derrière eux une vie de destruction et d’enfermement. Ils se relèvent dans les montagnes, à l’aide d’anciens drogués qui ont tourné la page, affronté leurs démons, et de la prière.

Thomas, 22 ans, arrive dans la communauté du Cénacle. Si jeune, la drogue lui a déjà lié les mains et l’âme ; il veut changer de vie, sans savoir à quelles épreuves il va devoir faire face. Il découvre la vie de foi, la prière, l’esprit de communauté, bien différents de l’isolement auquel il est habitué. Grâce à ses compagnons, son cœur s’ouvre enfin. Il devra en apprivoiser les désirs et les signes.

Comment un homme fragile se relève-t-il et se libère ?

Si nous savions le don de Dieu, nous ne chercherions pas tant à nous cacher de Lui. Telle est l’initiation spirituelle à laquelle les membres du Cénacle sont appelés. Jamais une seconde pour se retrouver seul, au risque d’alarmer les autres compagnons, de retomber. Le temps est consacré au travail et à la prière, le reste à l’apprivoisement de soi-même et des autres.

La communauté du Cénacle n’a pas été associé à la réalisation du film. Il n’empêche, Thomas est merveilleusement incarné par Anthony Bajon, entre l’homme et l’enfant, auquel s’ajoutent les fortes présences d’Alex Brendemühl, responsable de la communauté, et d’Hanna Schygulla, sœur Myriam. Son parcours est celui de tant d’autres, pourtant il s’accommode singulièrement de la prière et de l’indépendance.

Mais au Cénacle, beaucoup finissent par craquer. Thomas doit choisir entre son devenir et la facilité du retour en arrière, ou l’errance. Le film saisit tout, des émotions fortes aux plus pudiques, des grandes faiblesses aux plus petites victoires. Surtout l’ascension vers Dieu, la Vie, nécessaire, apaisante, mystérieuse, que tous expérimentent à leur mesure, ou son éloignement. C’est difficile pour ceux qui peinent à grandir, mais la prière est un allié quand la confiance les gagne. Quel mystère Cédric Kahn a-t-il su révéler dans ces humanités fragiles ?  

« Si tu vis dans le mensonge, tu ne peux pas être heureux »

Une scène magistrale brille au milieu du film entre Thomas et sœur Myriam, où la force de la rencontre nous saisit. À elle seule, elle porte le titre du film. Le jeune s’installe dans un confort. Et la religieuse de lui asséner pleine d’autorité : « Si tu vis dans le mensonge, tu ne peux pas être heureux. » La vie spirituelle n’est pas cet à peu près où les lèvres peuvent camoufler ce qu’il se passe à l’intérieur. Chaque homme ici se confronte à aligner ses paroles et ses actes et à changer en profondeur. Le risque, sinon, est de ne jamais réussir à partir en homme debout.

D’ailleurs, les scènes oscillent ensuite entre théâtre et confidences, elles illustrent ce sentiment qu’ils tiennent parfois des rôles, bons ou mauvais, tout en luttant à l’intérieur. Comme si la vie était un jeu, où il s’agit d’éviter les pièges, pour parvenir à se trouver. C’est aussi le cas quand ils se réunissent pour demander pardon, cette humilité promise à devenir une force, si dure pour un cœur blessé. Peu à peu, Thomas devient aussi un ange gardien, comme lui-même en a un. Il participe de cette solidarité où chacun doit être sauvé mais il reste seul pour comprendre et discerner son appel. Et sa réponse sera un bel hommage à la liberté, débarrassée du mensonge.

Un très grand film sur la foi vient rejoindre les rangs, où le réalisateur parvient à s’emparer du sujet épineux de la toxicomanie pour offrir un moment lumineux d’émotion et de vérité, pendant près de deux heures.

LA PRIÈRE - THE PRAYER
Les Films du Worso | Meñakoz Films
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