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Au Mexique, « l’Église est en première ligne contre la drogue » et en paye le prix

Mgr Castro Castro.
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Invité par l'Aide à l'Église en Détresse (AED) pour la dixième Nuit des témoins qui se déroule cette semaine, Mgr Ramon Castro Castro, évêque de Cuarnavaca (Mexique) dénonce un gouvernement mexicain complice des narcotrafiquants.

Mgr Ramon Castro Castro est l’évêque de Cuarnavaca au sud de Mexico. Dans son pays, pourtant largement catholique, 23 prêtres ont été tués ces cinq dernières années.

Aleteia : On considère le Mexique comme le deuxième plus grand pays chrétien d’Amérique, est-ce toujours le cas ?
Mgr Ramon Castro Castro : Par le nombre, le Mexique demeure un pays chrétien. 72% des Mexicains sont catholiques. Malheureusement, seulement 20% d’entre eux pratiquent leur religion. Notre foi ne transparaît donc pas clairement dans notre société. Il y a des États où la pratique religieuse connaît une recrudescence, comme l’Aguascalientes ou le Guanajuato. Mais dans d’autres, comme le Chiapas, le Tabasco ou Quintana Roo, la pratique religieuse baisse. J’ai la chance d’avoir un diocèse de Cuernavaca qui se porte bien. Nous avons environ 90 séminaristes, et 202 prêtres pour 1,49 million de catholiques. En revanche, les religieux, et en particulier les religieuses, souffrent du manque de vocations à la vie consacrée.

Le trafic de drogue est une plaie pour le Mexique, en quoi est-ce que cela concerne particulièrement l’Église ?
Tout simplement parce que l’Église est en première ligne contre la drogue et les narcotrafiquants ! Nous avons une attitude parfaitement claire à son égard. Les évêques ont toujours dit la vérité à leur sujet, par tous les moyens possibles. Les documents de la Conférence épiscopale mexicaine, comme par exemple Cristo nuestra Paz para que Mexico tenga vida digna (La paix du Christ pour une vie décente au Mexique), analysent les raisons de la situation actuelle et les condamnent violemment.

Mais pourquoi est-ce l’Église, et non l’État, qui se retrouve en première ligne dans ce combat ?
Le gouvernement est incapable de contrôler les narcotrafiquants parce qu’une bonne part des membres du gouvernement en font partie ! L’impunité et l’absence d’État de droit sont les causes principales de la situation actuelle du Mexique.

L’Église mexicaine, depuis l’épisode des Cristeros entre 1926 et 1929, a un vieux contentieux avec le gouvernement. Est-ce toujours présent dans les mémoires ?
Malheureusement, la jeunesse mexicaine a l’air d’oublier cette épopée victorieuse, la plupart d’entre eux ne savent plus que cela signifie quoi que ce soit. Entre 1926 et 1929, nos aînés se sont pourtant battus avec un grand courage, contre un laïcisme maçonnique violent qui voulait faire disparaître la religion catholique, et ils ont obtenu que les églises soient rouvertes. Mais si l’histoire est pour bonne partie oubliée, elle continue à forger le présent. C’est elle qui explique que les relations entre gouvernement et Église soient aussi conflictuelles. La franc-maçonnerie continue à avoir une très forte influence au sein de notre gouvernement.

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