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Cher pape François, est-ce de ma faute si je suis orphelin ?

POPE Audience
Antoine Mekary | ALETEIA | I.Media
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Le 4 janvier dernier le pape François a reçu en audience des orphelins de Roumanie. Le Vatican a publié leurs questions et les réponses touchantes du Saint-Père.

Leurs questions étaient poignantes. « Jusqu’à me faire pleurer » aurait confié le pape François. Le Saint-Siège a rendu public le 19 février 2018 les échanges lors d’une rencontre entre le pape François et des orphelins roumains tenue le 4 janvier au Vatican. Voici ces questions auxquelles le Saint-Père a volontiers répondu, sans cacher ses émotions :

Pourquoi la vie est si difficile et nous, entre amis, on se dispute souvent ? Vous les prêtres vous nous dites d’aller à l’église, mais à peine sortis voilà que nous commettons aussitôt des péchés. Alors pourquoi suis-je entré dans l’Église ? Pourquoi-est-il important d’aller à l’église ?

Pape François : Tes « pourquoi » ont une réponse : c’est le péché, l’égoïsme humain (…) c’est pourquoi on se dispute souvent, on se fait du mal, on s’embrouille. Toi même tu l’as reconnu, même si nous allons à l’église, on se dispute encore, on reste des pécheurs. Et alors tu te demandes justement : à quoi ça sert d’aller à l’église ? Ça sert à nous mettre devant Dieu comme nous sommes, sans fard. Pour dire « Me voici, Seigneur, je suis pécheur et te demande pardon. Ai pitié de moi ». Si je vais à l’église pour faire semblant d’être une bonne personne ça ne sert à rien. Si je vais à l’église parce que j’aime écouter de la musique ou parce que je me sens bien ça ne sert à rien. Cela sert, si au début, quand j’entre dans l’église, je peux dire : « Me voici, Seigneur, je suis pécheur et te demande pardon. Ai pitié de nous ». Jésus nous dit que si nous faisons comme ça, nous repartons à la maison pardonnés. Caressés par lui, plus aimés par Lui en sentant cette caresse, cet amour. Comme ça, Dieu transforme notre cœur avec sa miséricorde, et transforme aussi notre vie. Nous ne restons pas les mêmes, mais nous sommes « façonnés ». Dieu travaille notre cœur, c’est Lui, et nous sommes façonnés comme « l’argile » dans les mains du potier ; et l’amour prend la place de notre égoïsme. Voilà pourquoi je crois qu’il est important d’aller à l’église : non seulement pour regarder Dieu, mais pour se laisser regarder par Lui. C’est ce que je pense ».

POPE Audience
Antoine Mekary | ALETEIA | I.Media

Pourquoi il y a des parents qui aiment les enfants quand ils sont sains et pas quand ils sont malades ou ont des problèmes ?

Pape François : « Ta question est sur les parents, sur leur attitude devant des enfants sains et des enfants malades. Je te dirais ceci : devant la fragilité des autres, comme les maladies, il y a des adultes qui sont plus faibles, ils n’ont pas suffisamment de force pour supporter la fragilité. Mais parce qu’ils sont eux-mêmes des personnes fragiles. Si j’ai une grosse pierre, je ne peux pas la poser sur une boite en carton, parce que la pierre écrase le carton. Il y a des parents qui sont fragiles. N’ayez pas peur de le dire et de le penser. Il y a des parents qui sont fragiles. Ce sont des hommes et des femmes qui ont leurs limites, leurs péchés et des fragilités qu’ils portent en eux. Ils n’ont peut-être pas eu non plus la chance d’être aidés quand ils étaient petits. Et ils avancent dans la vie avec ces fragilités, parce qu’ils n’ont pas été aidés, n’ont pas eu l’occasion que nous avons eue nous de trouver une personne amie qui nous prenne par la main et nous apprenne à grandir et à devenir forts pour vaincre cette fragilité. Il est difficile de recevoir de l’aide de parents fragiles et parfois c’est nous qui devons les aider. Au lieu de reprocher à la vie de m’avoir donné des parents fragiles alors que moi je ne le suis pas, pourquoi ne pas changer les choses et dire merci à Dieu, merci à la vie parce que je peux aider mon parent dans sa fragilité et faire en sorte que la pierre n’écrase pas la boîte en carton. Tu es d’accord ? ».

L’année dernière un de nos amis, restés à l’orphelinat, est mort. C’était pendant la Semaine sainte, le Jeudi saint. Un prêtre orthodoxe nous a dit qu’il est mort pécheur et qu’il n’ira donc pas au paradis. Moi je n’y crois pas.

Pape François : « Ce prêtre ne savait peut-être pas ce qu’il disait. Peut-être que ce jour-là il n’allait pas très bien, qu’il avait quelque chose dans le cœur qui l’a fait répondre de cette façon. Personne ne peut dire parmi nous qu’une personne n’est pas allée au ciel. Je te dis une chose qui va peut-être t’étonner : on ne peut même pas dire ça de Judas. Tu as parlé de votre ami qui est mort. Et tu t’es souvenu qu’il est mort le Jeudi saint. Je trouve très étrange ce que tu as entendu dire par ce prêtre, il faudrait mieux comprendre, peut-être n’a-t-il pas été bien compris… Quoi qu’il en soit, moi je te dis que Dieu veut nous amener tous au Paradis, tous sans exclusion et que, pendant la semaine sainte c’est justement ce que nous célébrons : la Passion de Jésus qui, en Bon pasteur, a donné sa vie pour nous, qui sommes ses brebis. Et si une petite brebis s’est égarée, Lui va la chercher jusqu’à ce qu’Il la retrouve. C’est comme ça. Dieu ne reste pas assis, Il va, comme nous le montre l’Évangile : Il est toujours en marche pour trouver cette petite brebis, et ne s’affole pas quand Il nous trouve, même si nous sommes en état de grande fragilité, si nous sommes souillés de péchés, si nous sommes seuls abandonné de tous et par la vie, Il nous prend dans ses bras et nous embrasse. Il pouvait ne pas venir mais il est venu pour nous le Bon pasteur. Et si une petite brebis s’est égarée, quand Il la trouve il la met sur ses épaules et plein de joie la ramène à la maison. Je peux te dire une chose : je suis sûr, connaissant Jésus, que c’est ce qu’a fait le Seigneur au cours de cette semaine sainte avec votre ami ».

Pourquoi sommes-nous orphelins ? Pourquoi ? Quel sens cela a-t-il ?

Pape François : « Tu sais, il y a des « pourquoi ? »  qui n’ont pas de réponse. Par exemple : pourquoi les enfants souffrent-ils ? Qui peut répondre à cela ? Personne. Ton « pourquoi » est un de ceux qui n’ont pas de réponse humaine, mais seulement divine. Je ne sais pas pourquoi tu as eu « ce sort ». Nous savons le « pourquoi » dans le sens de motif. Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour avoir ce sort ? Nous ne le savons pas. Mais nous savons le « pourquoi » dans le sens du « but » que Dieu veut donner à ton sort, et ce but c’est la guérison – le Seigneur guérit toujours – la guérison et la vie. Jésus le dit dans l’Évangile quand il rencontre un homme aveugle depuis sa naissance. Et celui-ci se demandait sûrement : « Mais pourquoi suis-je né aveugle ? ». Les disciples demandent à Jésus : « Pourquoi c’est comme ça ?  Par sa faute ou celle de ses parents ? ». Et Jésus répond: « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui » (Jn 9,1-3). Cela veut dire que Dieu, face à tant de situations négatives dans lesquelles nous pouvons nous trouver dès tout petits, veut les guérir, veut apporter la vie là où il y a la mort. C’est ce que fait Jésus et ce que font les chrétiens qui lui sont vraiment attachés. Vous l‘avez expérimentez. Le « pourquoi » est une rencontre qui guérit de la douleur, de la maladie, de la souffrance, et donne l’étreinte de la guérison. Mais c’est un « pourquoi » pour après, au début on ne peut pas savoir. J’ignore le « pourquoi », je ne peux même pas l’imaginer ; je sais que ces « pourquoi » n’ont pas de réponse. Mais si vous avez vraiment vécu la rencontre avec le Seigneur, avec Jésus qui guérit, qui guérit avec une étreinte, avec les caresses, avec l’amour, alors, après tout le mal que vous pouvez avoir vécu, vous finirez par trouver cela. Voilà « pourquoi » ».

POPE FRANCIS AUDIENCE HAPPY
Antoine Mekary | ALETEIA

Il m’arrive de me sentir seule et je ne sais pas quel sens donner à ma vie. Ma petite fille est en famille d’accueil et certaines personnes me jugent, disent que je ne suis pas une bonne mère. Alors que je crois que ma fille va bien et que j’ai pris la bonne décision, aussi parce qu’on se voit souvent.

Pape François : Je suis d’accord avec toi que la famille d’accueil peut-être un secours dans certaines situations difficiles. L’important c’est que tout soit fait avec amour, avec soin par les personnes, avec grand respect. Je comprends que souvent tu te sentes seule. Je te conseille de ne pas te fermer, de rechercher la compagnie de la communauté chrétienne : Jésus est venu former une nouvelle famille, sa famille, là où personne n’est seul et où sommes tous frères et soeurs, enfants de notre Père du ciel et de la Mère que Jésus nous a donnée, la Vierge Marie. Et dans la famille de l’Eglise nous pouvons nous retrouver tous, guérir nos blessures et surmonter les vides d’amour présents dans nos familles humaines. Toi même tu l’as dit, tu penses que ta fille se sent bien en famille d’accueil, aussi parce que tu sais qu’ils tiennent à ta fille et à toi aussi. Et puis tu as dit « on se voit souvent ». Parfois la communauté des frères et des sœurs chrétiens nous aime comme ça. Compter les uns sur les autres. Pas seulement les enfants. Quand on a quelque chose dans le cœur on se confie à une amie, à un ami, et la douleur sort. Compter fraternellement les uns sur les autres, c’est très beau et c’est ce qu’a enseigné Jésus ».

À deux mois, ma mère m’a abandonnée dans un orphelinat. À 21 ans je suis partie à sa recherche et je suis restée deux semaines avec elle, mais elle ne se comportait pas bien et je suis repartie. Mon père est mort. Est-ce ma faute si elle ne me veut pas ? Pourquoi elle ne m’accepte pas ?

Pape François : « … Je veux être sincère avec toi. Quand j’ai lu ta question, avant de donner les instructions pour faire le discours, j’ai pleuré. Avec mes deux larmes j’étais proche de toi. Pourquoi ? je l’ignore, tu m’as beaucoup donné ; les autres aussi, mais tu m’as peut-être pris à un moment de faiblesse. Quand on parle d’une maman il y a toujours quelque chose… et à ce moment-là tu m’as fait pleurer. Ton « pourquoi » ressemble à la deuxième question, sur les parents. Il n’est pas question de faute, il est question de grande fragilité des adultes, due dans votre cas à tant de misère, tant d’injustices sociales qui écrasent les petits et les pauvres, mais aussi à tant de pauvreté spirituelle. Oui, la pauvreté spirituelle endurcit les cœurs et provoque ce qui semble impossible, qu’une mère abandonne son propre enfant : Ceci est le fruit de la misère matérielle et spirituelle, fruit d’un système social erroné, inhumain, qui endurcit les cœurs, qui fait commettre des erreurs, fait que nous ne trouvons pas le bon chemin. Mais tu sais, cela demandera du temps : tu as cherché une chose plus profonde de son coeur. Ta maman t’aime mais ne sais pas comment on fait, ne sait pas comment l’exprimer. Elle ne peut pas parce que la vie est dure, est injuste. Et cet amour fermé en elle, elle ne sait comment le dire et comment te caresser. Je te promets de prier pour qu’un jour elle puisse te faire voir cet amour. Ne sois pas sceptique, garde espoir. »

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